Orioxy @Sunset (septembre 2013)

Orioxy 3_300dpiA leur sortie, les mélancolies orientalistes de « The Other Strangers », avaient suscité quelques incompréhensions délicieuses dans la presse jazz, charmée autant que bousculée dans ses certitudes par ce drôle d’objet sonore. Certains usèrent même sans trop y croire, le terme de « pop folk », plutôt incongru pour un exercice de style aux confins des traditions hébreuses et indiennes, avec une approche résolument contemporaine. Des questions vite levées lors du passage d’Orioxy au Sunset, pour la première présentation française de ce second album.

La mythologie du halètement

Et tout de suite, que ce soit en hébreu ou en anglais, la chanteuse du quartet genevois Yaël Miller fait oublier rapidement les exégèses confuses : chez elle, peu importe de savoir si son chant est « jazz ou pas jazz ». Ce qui compte, dans ses morceaux sur le bonheur (« World Database of Universe ») ou sur un misanthrope (« Bachour Meshouamam »), c’est la mythologie du halètement. Dans l’onomatopée, dans les saccades, rire sardonique, en hébreu ou en anglais. C’est ce qui donne le souffle à cet univers toujours mystérieux, d’une angoisse cinématographique – notamment quand le contrebassiste Manu Hangmann fait vibrer son engin dans une distorsion de fin du monde.

Impossible également de définir sans le trahir le travail subtil de la harpiste Julie Campiche, passée par de nombreuses formations classiques et « proprement » jazz : cambrée avec sensualité, elle torture gaiement sa harpe arrangée à coups de maillet, la caresse d’une bande de papier et improvise comme jamais en Thurston Moore de la « 47 cordes », tout en gardant un pied (voire même sa main droite) sur ses machines d’effets. Il n’y a guère que vers la fin, après une reprise des Beatles (« Blackbird », comme pour encore mieux brouiller les pistes), que cette tension sous-jacente finit par se relâcher. Pour le rappel, Yaël Miller et Julie Campiche reviennent sans leurs deux garde-chiourme, et concluent tout en douceur leur danse du ventre avec les amateurs de jazz contemporains, forcément conquis.

Dernier album paru : « the Other Strangers » (Unit Records / Abeille Musique).

Le morceau “Im Tamouti” est écoutable et téléchargeable sur le bandcamp de Swissvibes.

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Swiss Vibes 2013: La chanson de la rentrée: Orioxy

Orioxy_coverIm Tamouti  signifie ” Si tu meurs ” en hébreu. J’essaie de m’imaginer ce que je ressentirais à l’annonce de la mort de l’un des membres de ma famille. J’ai l’impression qu’il me manque tellement de liens familiaux. La convention veut que l’on soit triste si quelqu’un de sa famille proche meurt. Mais perdre un parent n’est pas forcément la pire chose qui puisse arriver. L’attachement ne vient pas systématiquement des liens du sang. Dans nos chansons on cherche aussi à exprimer les non-dits, le politiquement incorrect. ” Yael Miller, chanteuse du groupe Orioxy de  Genève, à propos de la chanson “Im Tamoutli” qui figure sur la compilation Swissvibes 2013.  Cette chanson est écoutable ici:

La chanson Im Tamouti est également téléchargeable sur le bandcamp de Swiss Vibes.

Orioxy sera en concert à Paris, au Sunset le 19 septembre prochain à l’occasion de la sortie française de leur album “The Other Strangers” (Abeille Musique).

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