Record of the month: Tobias Preisig, ‘Drifting’

Tobias Preisig's 'Drifting'

I’ve got Drifting on constant rewind. It’s a spacious album, pulling back to allow an experience of resonance and a sort of quiet mayhem. The musicians don’t hate us: they want to captivate, however, we’re not their only object of desire. There’s a care and deep listening in their interplay that is almost audible. It’s as if they are feeling their way into a new form of being, as a quartet.

Abstract, even animalistic

Tobias Preisig spoke to me of his band working as an ‘integrated instrument’ with ‘spots’ replacing full-blown solos, such as when André Pousaz’s double bass breaks out into a sombre spotlight in Floating Causes amongst low violin stabs and hi-hat shimmers. It’s true that tracks like Out of Reach weave a subtle tapestry of instruments, intensifying in colour as it progresses. But there is no ignoring the quality of Tobias’ violin: rich, assured, respectful of its emotional power yet avoiding sentimentality. It can be abstract, even animalistic, revelling in a purity of sound.

Miniature for Gold is a painfully-gentle vignette painted by Stefan Aeby‘s piano. Preisig’s violin balances the sweetness, plucking as if a tight bass line. The track is like an exquisite kiss. But Searching for Soil is my highlight, a spellbinding piece.

Michi Stulz’s drum rolls… an unrelenting mantra

The opening Rhodes’ chord conjures a translucent pathway out to the Milky Way, there’s the metallic jingle of a cold star, before Michi Stulz’s drum rolls march us on; an unrelenting mantra. It’s the woozy high violin plucks and quivering strokes of the strings that send my goosebumps bumping. It’s a trip, to somewhere magical or possibly, macabre. Piercing violin runs twist the screws tighter whilst a stormy piano bashes at its low notes. A scrap of melody breaks through as if to keep us entwined in the music, before it shudders to a close.

This music has character: it can be moody, sensitive, frustrated yet is often playful – it’s got soul. What I hope to hear from the band in the future is a wider range of textures and themes; an evolution of their emerging and ear-catching language. Look out for this quartet playing live and let me know what you think.

 

05.04.2014 CH-Zurich, Moods
12.04.2014 DE-Erfurt, Jazzclub
13.04.2014 DE-Dresden, Tonne
15.04.2014 DE-Jena, Cafe Wagner
16.04.2014 DE-Berlin, A-Trane
25.04.2014 CH-Basel, Jazzfestival Offbeat
16.05.2014 CH-Arbon, Kultur Cinema
02.06.2014 CH-Orsière, Fête de la musique
20.07.2014 CH-Gstaad, Menuhin Festival
14.08.2014 CH-Winterthur, Musikfestwochen

 

 

Serge Wintsch à propos de la scène jazz suisse

Francine et Serge Wintsch

Francine et Serge Wintsch

Directeur du JazzOnze+ Festival avec son épouse Francine depuis plus de vingt ans, Serge Wintsch est aussi un musicien à ses heures perdues. Il connaît la scène suisse sur le bout des doigts. D’autant qu’Onze+ était à l’origine une association de musiciens lausannois, rassemblés pour donner plus de visibilité « aux musiques d’improvisation, à la musique contemporaine ». Du haut de ses 25 éditions, Onze+ s’impose aujourd’hui comme un rendez-vous incontournable du jazz suisse  comme international ainsi que des musiques actuelles. Les concerts de jazz ont lieu dans la salle Paderewski alors que depuis 2001, la salle des Fêtes du Casino de Montbenon se transforme en EspaceJazz et propose des concerts gratuits destinés à un public plus jeune, amateur de musiques africaines, de soul-funk ou d’electro.

Le festival a toujours accueilli des musiciens suisses. Parlez-nous de ceux que vous avez invités en 2013 ?
Serge Wintsch Le Who Trio est une valeur sûre. Michel Wintsch (mon homonyme sans être un parent) joue depuis de nombreuses années avec Gerry Hemingway et Bänz Oester. Ce trio s’est rarement produit à Lausanne. Idem pour le guitariste genevois Christian Graf dont le côté rock me plaît beaucoup. Et comme cette année, nous voulions mettre l’accent sur les guitaristes, l’occasion était toute trouvée.

Qu’en est-il de Samuel Blaser et Jean-Lou Treboux ?
Serge Wintsch Samuel Blaser est un extraordinaire inventeur de musiques. Il trace sa propre voie dans la musique improvisée sans s’inscrire dans un genre particulier. Sa formation autant classique que jazz lui a permis d’acquérir des bases techniques solides pour créer avec la plus grande liberté formelle. Jean-Lou Treboux est un jeune vibraphoniste que nous suivons de près. Il a décroché une aide financière institutionnelle pour résider à New York pendant six mois. Cette invitation à Onze+ constitue son premier concert en Suisse avec cette nouvelle formation. Nous ne savons pas du tout ce que cela va donner, mais nous lui faisons entièrement confiance.

Que pensez-vous du jazz en Suisse en 2013 ?
Serge Wintsch Cette scène est extrêmement intéressante et riche. Rappelons qu’en Suisse il y a une longue tradition du jazz. Avant elle existait sans doute plus à l’intérieur des frontières qu’à l’extérieur. Je pense en particulier au Zürcher Jazz Festival qui de 1951 à 1973 fut un lieu de rendez-vous incontournable des musiciens alémaniques comme romands. Mais peu de musiciens s’exportèrent. On peut citer, parmi ceux-ci, Pierre Favre, Daniel Humair, George Gruntz, Irène Schweizer, Matthieu Michel ou Mathias Rüegg (Vienna Art Orchestra). Dans la nouvelle génération, il suffit d’écouter les pianistes, Colin Vallon, Stefan Aeby, Gabriel Zufferey, Léo Tardin ou Marc Perrenoud pour être convaincu que la relève est là et qu’elle possède un haut niveau créatif.

Les musiciens que vous mentionnez se sont souvent intégrés à d’autres scènes, comme Daniel Humair en France ou Pierre Favre en Allemagne. On oublie presque que ce sont des Suisses.
Serge Wintsch Oui, les Suisses sont discrets ! Peu nombreux sont ceux qui se sont exportés et ceux-là se sont fondus dans l’internationalisme du jazz. Ce qui manque, c’est un mouvement spécifiquement helvétique. Il me semble toutefois que les musiciens circulent plus qu’avant, qu’ils collaborent plus entre eux, peut-être aussi grâce à l’apparition d’écoles comme l’HEMU (Haute Ecole de Musique) de Lausanne).

Les conditions seraient donc réunies pour un mouvement spécifiquement helvétique ?
Serge Wintsch Ce serait drôle d’imaginer des tournées internationales avec des ensembles suisses en alternance. Un peu comme le Chicago Blues en son temps. Cela permettrait de montrer le foisonnement de cette scène suisse au reste du monde.

Festival JazzOnze +, Lausanne, du 30 octobre au 3 novembre. www.jazzonzeplus.ch

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