Swiss Vibes live à Paris, chapitre 1: Evelinn Trouble

Evelinn_Trouble_Trio15_klEvelinn Trouble est un cas. Un pied dans le rock, l’autre dans le jazz. Un jour rousse le lendemain blonde, maquillée à outrance ou sans fard, elle ne cesse de surprendre. A peine vingt-cinq ans, et déjà un cinquième album, « Arrowhead ». Fille d’une chanteuse de jazz et d’un architecte, Evellinn Trouble vit à Londres depuis une année. Entourée de son studio mobile, elle aime composer et s’immerger dans les villes connues pour leur haute teneur musicale.

Après s’être illustrée comme choriste de Sophie Hunger et un premier album folk-pop-soul “Arbitrary Act” (2007), qu’elle a concocté toute seule ou presque, cette fille d’une chanteuse de jazz et d’un architecte continue de n’en faire qu’à sa tête. A chaque enregistrement, elle se réinvente. Sur son précédent opus, « The Great Big Heavy », elle rendait hommage au rock des années 60. Aujourd’hui Evelinn Trouble prépare la sortie de « Arrowhead », le journal d’un « traveller » urbain qui reçoit une flèche dans la tête et ne peut pas l’enlever.

Enregistré dans les studios Invadia de Geoff Barrows, là où quelques opus mythiques de Portishead et Massive Attack on été réalisés, « Arrowhead » est emballé dans un son trip hop qui lui sied. Il amplifie la puissance et la hargne de Evelinn Trouble ainsi que sa voix, entre séduction à la rébellion. Connue pour ses prestations sauvages, Evelinn Trouble sera accompagnée par l’un des batteurs les plus en vue de la scène alémanique, Domi Chansorn et par Flo Götte à la basse et à la guitare.

En concert au Centre culturel suisse de Paris mardi 2 juin (le même soir Puts Marie)

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Sophie Hunger “SUPERMOON”

Cover_SophieHungerMuch has been written about Sophie Hunger‘s stellar credentials: polyglot singer-songwriter, multi-instrumentalist, bandleader, film-maker, the only Swiss artist ever to play Glastonbury, etc… Yet, visually speaking, there’s little hint that she’s one of Switzerland’s most incisive, defiant and successful artists. Watching some of her live footage on YouTube, I was struck by how demure her physical appearance is; she could easily be mistaken for a young graduate turning up for an administrative internship at the local bank. I mention this simply because after listening to her fifth studio album, SUPERMOON just released on Two Gentlemen, I realise that she is indeed establishing herself as a heavyweight on the Swiss alternative pop scene and personally find her lack of super-sized-me visual representation very refreshing. A woman of substance. Like a tough hand in a velvet glove, Hunger’s musical approach often seems understated but is as tough as a big slap when you decide to pay attention.

Uncompromising, intimate, bewitching

The LP was recorded, mixed and mastered in a variety of international locations, hinting at a healthy investment of the part of her record company and a musical confidence of knowing who was going to bring out the best in her sound. SUPERMOON bears many her usual trade marks: uncompromising, intimate, bewitching. Inspired by a trip to the Golden Gate Park museum in San Francisco, the moon takes centre stage as muse in this work and sets the haunting, floaty, echoey tone throughout most of the 12 tracks.

It’s a generally sparse, languid, introspective work that to its credit doesn’t feel over-produced. Space is indeed the place. The title track is all gentle folk guitar and echo-chamber vocals, languid and contemplative with beautiful harmonies that soon seep in and have you looking at the earth from her dark, lunar perspective.

A perfectly lilting, sombre pace

Melodically beautiful and emotionally rich ballads are plentiful. ‘Die Ganze Welt’ being a prime example of a perfectly lilting, sombre pace that is cut through by her sensitive vocal limpidity. ‘Fathr’ is also a stand-out slowie, wonderfully uplifted by divine string arrangements and again a peg on which to hang a silvery vocal delivery full of depth and feeling. Footballer/actor, Eric Cantona makes an unusual appearance as her erstwhile lover in the duet ‘La chanson d’Hélène’ and together they make a decent enough job of this cover version originally done by Romy Schnieder and Michel Piccoli – possibly a strategic move to please Sophie’s large French following.

The potential to be a screaming smash hit single

Thankfully, it’s not all liquid, languid grey tones, there are bursts of great up-tempo rhythms that retain Hunger’s defiant dark edge, adding some fire energy to the moon dance. ‘Mad Miles’, again inspired by her recent trip to California, has the potential to be a screaming smash hit single with its sinister start, big pop chorus, distorted guitar solo middle and tidy end. Similarly ‘Love is not the Answer’, ‘Superman Woman’ and ‘We are the living’ – all examples of perfectly formed, socially-conscious, urgent 3 minute indie wonders.

The question is does Sophie Hunter really want to get into the smash and grab international pop arena that she sometimes hints at? Or is it preferable for her to stay slightly aloof in the shadowy world of underground cult status? A kind of Swiss PJ Harvey full smoldering talent and recalcitrant attitude? SUPERMOON suggests that both options are possible.

Forthcoming live gigs:
17.05 – Zürich, X-Tra
10.07 – Montreux (Montreux Jazz Festival)
25.07 – Lucerne, Blue Balls 

Sophie Hunger, toujours plus haut

©Augustin Rebetez

« The Danger of Light » est sorti le 28 septembre en Helvétie. Un événement attendu puisque les deux derniers CD de Sophie Hunger,  “Mondays Ghost” et “1983”,  sont tous deux disques platines. La Radio Suisse Romande a d’ailleurs décrété le 25 septembre “Journée Sophie Hunger”. La belle débarquant sur tous les chaînes, de Couleur 3 à la Première, pour culminer par un concert live dans l’émission Paradiso. « The Danger of Light » sera disponible à l’international à la fin de la semaine et on peut d’ores et déjà l’écouter ici. Il y montre la chanteuse préférée des Suisses dans un univers musical enrichi, la voix tour à tour acidulée, proche d’une folk woman des années 70 ou d’une chanteuse de cabaret. Du côté de ses musiciens, tous multi-instrumentistes, même énergie, même stimulation. On flirte avec une approche  jazz et avec différents rythmes. Il faut dire que pour réaliser ce disque Miss Hunger et son producteur américain  –  Adam Samuels – n’a pas hésité à orchestrer trois sessions d’enregistrement dans les conditions du live. En France (avec son groupe), aux USA avec quelques grands noms comme Josh Klinghoffer (Red Hot Chili Peppers, PJ Harvey), Nathaniel Walcott et une dernière, à la dernière minute, à Montreal. On aurait pu craindre la surenchère, mais Sophie Hunger y a au contraire trouvé une spontanéité et une fraîcheur qu’on ne lui connaissait jusqu’ici pas sur disque.  Avec une mention spéciale pour « Das Neue » au trombone langoureux et aux paroles coups de poing. Sans concession, comme son auteur qui fait le point sur sa situation et sur celle de la scène suisse.

Est-ce que le fait d’avoir tourné dans le monde entier a changé votre vision du monde ?

Sophie Hunger Chaque tournée me confirme que je viens d’un très petit pays aux conditions de vie ultra-privilégiées. On a tendance à oublier que les règles ailleurs ne sont pas comme ici. Notre réalité du monde 2012 n’est pas la réalité d’un Indien, d’un Chinois ou d’un Américain ou même d’un Allemand de l’Est ou de quelqu’un qui vient du Sud de la France.

Cela vous arrive de chanter en français et vous avez votre public en France. Qu’est-ce qui vous attire dans la culture et dans la langue française ?

Sophie Hunger Comme je connais mal cette culture, j’y évolue facilement. Je ne vois pas les pièges dans lesquels je pourrais tomber. Dans le domaine de la musique, c’est toujours très bien de ne pas trop savoir de choses. La France est aussi le premier pays qui m’a ouvert ses portes. Pour une petite Alémanique qui vient de Zurich, c’est assez spécial. Pour toutes ces raisons, je suis émotionnellement très proche de la France.

Et l’Allemagne ?

Sophie Hunger L’Allemagne est venue après. Le morceau « Walzer Für Niemand » a été pris pour une pub pour ONG qui récolait des fonds pour les SDF. La campagne a été diffusée à la période de Noël. Et c’est ça qui a ouvert des portes. Puis tout est allé très vite. Les Allemands sont plus cérébraux, intériorisés. Ils sont très respectueux et humbles. Les Français sont plus latins, plus expressifs, plus sensuels. Un Français va m’envoyer des roses après un concert et un Allemand va m’envoyer un poème. L’autre pays qui m’a pris dans ses bras, c’est le Canada, plus particulièrement Montréal. Ces trois dernières années, j’ai joué au Montréal Jazz Festival. Normalement quand on joue dans un festival de ce genre, on n’y retourne pas avant plusieurs années. Mais le Montreal Jazz Festival me demande chaque année un nouveau projet. J’y ai d’abord joué en quintet, puis trio. Cette année j’y ai présenté mon spectacle en hommage à Bob Dylan.

Vous avez rendu un hommage à Bob Dylan à Paris et au Canada, que représente-t-il pour vous ?

Sophie Hunger Dylan est un professeur pour moi. Il m’apprend des trucs très très basiques sur la façon de chanter, sur comment écrire des morceaux. On dirait qu’il a tout ça en lui, naturellement. J’ai commencé à l’écouter quand j’avais vingt ans et je n’ai pas encore fini de découvrir tous ces astuces et ses façons de jouer.

Aujourd’hui, en quoi vous sentez-vous encore suisse ?

Sophie Hunger Je suis très attachée à la Suisse émotionnellement. Je ne dois pas y passer pas plus d’un quart de mon temps maintenant. Mais, quand je dois m’absenter pendant une longue période, la Suisse me manque. Même si j’habite à Zurich,  je me rends compte que ce à quoi je suis le plus attachée est la nature, la terre. Je ne peux pas vivre sans les Alpes, sans les montagnes, sans les fleuves, sans l’eau.

Avez-vous des contacts avec les musiciens de la scène suisse ?

Sophie Hunger Je connais beaucoup de musiciens. Chacun de ceux  avec qui j’ai joué est resté dans mon cœur. C’est un lien qui est plus fort que celui qu’on peut avoir avec des amis. C’est bizarre, mais c’est comme ça. Même si je ne les vois pas beaucoup, je pense beaucoup à eux. J’ai vu des trucs d’eux que leurs amis ne voient pas. J’essaie aussi de suivre cette scène. C’est important de respecter la scène dont on est issu.

D’autant que cette scène est très active depuis une dizaine d’années

Sophie Hunger La scène est en ébullition. Anna Aaron, Heidi Happy ou des jeunes comme Dominik Chansorn qui va bientôt sortir son premier disque.

Comment expliquez-vous cette ébullition ?

Sophie Hunger  Il y a une émulation. S’il y en a un qui fait quelque chose de nouveau ou qui sort un disque, cela stimule les autres. Cette énergie est très importante. Qualitativement, cette scène ne cesse de progresser. Regardez les chanteuses : ce ne sont pas seulement des interprètes, mais aussi des musiciennes et des auteurs-compositeurs. Ça, dans les années 90, c’était impensable. Il y a toujours eu jusqu’ici des bons artistes en Suisse. Mais jusqu’ici c’étaient des cas isolés, des individualistes. Ce qui est nouveau, c’est d’assister à l’émergence d’une scène. Il y a tellement de liens entre nous. Par exemple Heidi Happy et moi avons joué dans le même groupe il y a sept-huit ans. J’ai vu Evelinn Trouble chanter pour la première fois à l’âge de seize ans. Idem pou Anna Aaron. Les Dead Brothers était le groupe préféré de mon meilleur ami. Du coup, je les connais aussi.

Sophie Hunger, “The Danger of Light” 2Gentlemen(disponible en CD, 2 LP, download & Deluxe Edition)

Sophie Hunger commence la tournée consécutive à la sortie de “The Danger of Light” le 25 octobre au Canada avant de poursuivre en Europe. Le concert du 10 novembre au Café de la Danse à Paris est déjà complet! Les billets des quatre concerts au Kaufleuten de Zurich partent très vite.

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