Manuel Troller @ bee-flat, Bern, 18/03/2015

troller

Wenn das Jahr so weitergeht, dann wird 2015 das Jahr von Manuel Troller. Denn der Luzerner Gitarrist hat eben mit seinem Powertrio Schnellertollermeier das monströse Album «X» veröffentlicht, das toll die Barrikaden zwischen Rock und Jazz niederreisst (und zurecht mit Superlativen bedacht wird).

Seit kurzem spielt Troller auch Solokonzerte. So teilte er Anfangs März in Luzern die Bühne mit dem ehemaligen Sonic-Youth-Gitarristen Lee Ranaldo, und nun, in der Berner Turnhalle, eröffnete er den Abend der bee-flat-Konzertreihe «Stage For Two», an dem nach Troller mit Marc Ribot ein anderer grenzüberschreitender Gitarrist zu erleben war.

Zu Beginn seines gut vierzigminütigen Soloauftritts strich Manuel Troller mit einem Geigenbogen über die Saiten seiner elektrischen Gitarre, der in einem rasenden Arpeggio-Teil mündete, ehe Troller entschleunigte und leisere Töne in den Raum schickte. Das Leise, es führte über in eine Noise-Passage, in der er mit seinen Pedalen und Loop-Geräten einen zerhackten Störfunk-Beat arrangierte – einer, der an Werke von Laptop-Manipulationskünstler erinnerte. Trollers Neugier nach neuen Klängen, in der die Gitarre das «gitarristische» verliert, war in allen diesen verschiedenen Aggregatszuständen seines Spiels zu spüren und hören. Sein Set beschloss Troller mit einem akustischen Stück, das die Americana von Saitenkünstlern wie John Fahey zitierte.

Der Abend blieb in der Folge akustisch, denn Marc Ribot entschied sich für sein Set für die unverstärkte Gitarre. Ganz zum Schluss des Abends holte Ribot seinen 28-jährigen Kollegen für ein spontanes Duo auf die Bühne – ein würdiger Abschluss eines überaus tollen Abends.

Solokonzert: 11.6., B-Sides Festival, Kriens

Konzerte mit Schnellertollermeier: Zürich, Walcheturm, 10.4. Schaffhausen, Jazzfestival, 9.5. Luzern, Südpol, 13.5. St. Imier, Toxoplasmose Festival, 6.6. Kriens, B-Sides Festival, 13.6. Danach Tournee in England.

Schnellertollermeier: «X» (Cuniform Records)

 

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Moins de miel, plus de rage…

Honey For Petzi est l’un des secrets les mieux gardés de la musique suisse. La formule est galvaudée, mais s’applique particulièrement bien à ce groupe romand qui a fêté il y a peu la sortie de son sixième album. Un succès d’estime unanime, mais un développement de carrière international encore confidentiel.Leur passage aux Eurockéennes de Belfort le 3 juillet pourrait changer la donne. Pour les lecteurs non suisses de ce blog, précisons que Petzi est un petit ours, héros d’une bande dessinée danoise que tous les enfants suisses ont eu au moins une fois entre leurs mains.

Christian Pahud (batterie), Philippe Oberson (basse) et Sami Benhadj (guitare) se connaissent depuis le secondaire. Tous trois ont passé par les bancs de l’ECAL, l’école d’art de Lausanne. Pendant des années, ils se sont amusés à façonner un rock expérimental, essentiellement instrumental, inspiré de la scène « math-rock » américaine. Après une absence de plusieurs années, ils reviennent aujourd’hui avec «General Thoughts and Tastes», un disque de chansons pop qui malaxe rythmiques décalées, grésillements, sonorités étranges et chœurs hauts perchés.
Quant à l’énergie de ce combo sur scène, il reste 100% rock. Jugez plutôt sur ces 40 secondes de concert volées à l’Amalgame en mai dernier!

 

Explications du phénomène avec Philippe Oberson.

Comment avez-vous conçu «General Thoughts and Tastes»?
Philippe Oberson Ce disque est la synthèse de tout ce que nous avons fait. Jusque-là, nous nous avions surtout travaillé de façon instrumentale ou avec des images lors d’installations vidéo. En décidant d’introduire la voix comme un élément à part entière, nous avons dû apprendre à manipuler les morceaux dans tous les sens. Pour chaque morceau, nous avons fait beaucoup de versions intermédiaires. L’idée était que la voix soit complètement intégrée à la musique et non pas juste «posée» dessus.

Comment faites-vous sur scène?
Philippe Oberson Nous avons désormais intégré au groupe Michel Blanc qui chante et joue de plusieurs instruments. Sur scène, on passe d’un instrument à l’autre. Les gens qui nous connaissent bien ne sont pas encore habitués aux nouveaux morceaux. Mais un nouveau public se profile.

Comment avez-vous conçu vos textes?
Philippe Oberson Nous ne voulions pas faire du songwriting ou quelque chose de trop narratif. Parfois ce sont des films d’anticipation ou de science-fiction qui m’ont inspiré. Parfois j’évoque juste des suites d’images qui défilent. J’ai choisi de ne pas faire de textes en français pour éviter que le projet ne parte dans une autre direction.

CD: Honey For Petzi, «General Thoughts and Tastes» (Two Gentlemen/Dist européenne Differ-Ant)
En concert aux Eurockéennes de Belfort le 3 juillet à 19 h.

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