Ouverture en beauté de Swiss Diagonales Jazz

Créé au début des années 2000, Swiss Diagonales Jazz est une association qui réunit 25 clubs suisses. L’idée étant de permettre, pendant 5 semaines, à 10 jeunes formations prometteuses de tourner hors de leur bastion. La plupart d’entre eux peuvent être découverts par vidéo sur la chaîne de Swiss Diagonales Jazz sur Youtube. En voici deux exemples:

 

Débats

Pour lancer le coup d’envoi de l’édition 2013, le club Südpol de Lucerne accueillait membres, invités et public samedi 12 janvier.

Après une table ronde évoquant les enjeux et les possibilités de développement du jazz suisse actuel, le long cocktail dinatoire permit aux uns et aux autres de prolonger les thèmes évoqués. A savoir : comment rendre la une scène helvétique plus unie intra-muros ? Comment s’exporter ? Comment développer de nouvelles sources de revenus pour les artistes pour remplacer celles que l’industrie du disque ne rapporte plus ? Une première dans l’histoire de Swiss Diagonales Jazz qui a permis beaucoup d’échanges entre Romands, Suisse-allemands et Tessinois. Dommage pourtant que, malgré la grande affluence, plusieurs clubs membres de l’association Swiss Diagonales Jazz n’aient pas été présents.

Concerts

colin_valon_trioLe soir, place à la musique, avec trois concerts de haut vol. Après la rencontre impressionnante entre les deux batteurs, Pierre Favre et Lukas Niggli, le premier étant le maître du second, le trio du pianiste Colin Vallon a fait sensation. Depuis longtemps, il n’est plus question ici de leader et d’accompagnateurs : Patrice Moret (contrebasse), Julian Sartorius (batterie) et Colin Vallon sont soudés, comme un hydre à trois têtes qui aurait préféré aux pouvoirs maléfiques ceux de la séduction. Structurant puis déstructurant leurs compositions aux titres explicites  «( Telepathy »), ces trois-là peuvent passer de la berceuse la  plus nostalgique à des tourbillons de rythmes et d’impressions. Julian Sartorius a fait le choix d’une batterie minimale, recouvrant parfois ses cymbales d’un torchon. Colin Vallon fait voltiger les notes de son piano, s’arrêtant soudain, comme s’il interrompait une conversation.

nik_baertschs_feat_roninAprès eux, le public est en orbite sur la planète jazz. Nik Bärtsch et RONIN s’imposent rapidement avec leur musique exigeante, précise et percutante.

Les concerts de Swiss Diagonales Jazz se poursuivent dans toute la Suisse jusqu’au 17 février 2012. Infos précises sur diagonales.ch

Les judicieux mélanges de Label Suisse

RoninDu 13 au 15 décembre,  Label Suisse a frappé un grand coup en investissant les clubs Lausannois. Plus que jamais le festival gratuit bisannuel a mélangé les genres. A signaler en particulier une soirée jazz qui a démarré au D’Club avec l’incroyable Nik Bärtsch et son groupe Ronin. Jouant sur les répétitions, les modulations, les combinaisons infinies de phrases musicales, ce groupe tient sur l’incroyable précision de ses musiciens. Mention spéciale au leader de l’ensemble ainsi qu’au batteur Kaspar Rast et à la personne aux lumières, dont les changements d’éclairage semblaient être calculés au centième de seconde.

Guillaume PerretA peine le temps de souffler et de s’extraire du temple de la dance music qu’il faut se précipiter de l’autre côté de la rue, à la Mecque du rock (Le Romandie) pour voir Guillaume Perret se déchaîner sur son sax et ses pédales d’effets. Que dire ? Par moment on a l’impression que son souffle part de ses tripes, le transperce et se transmet comme une onde à l’entier du public, sous le choc. La classe. « En plus du mélange des styles, cette édition a mélangé les publics, souligne Marc Ridet coordinateur et âme pensante de ce Festival dans lequel on croise aussi des programmateurs de haut vol (Jazz à Montréal, les Eurockéennes, les Nuits du Botanique). A l’église Saint-François le samedi la prestation de Francesco Salis et de la chanteuse de gospel La Velle Duggan puis celle d’Olivia Pedroli furent remarquées. « Le festival a prouvé que la musique suisse fédérait le public suisse. Avant les Romands avaient tendance à se tourner culturellement vers la France. Maintenant, ils sont plus sensibles à ce qui se fait en Suisse allemande. Paradoxalement, les Suisses allemands chantent d’ailleurs désormais pour la plupart en anglais ! »

Pas étonnant dès lors, que deux des groupes les plus remarqués furent deux groupes hybrides, tous deux originaires de Genève. The National Fanfare Kadebostany et son mélange de cuivres, de techno et les Mama Rosin qui conjuguent bayou et énergie punk !

>Ecoute et extraits des concerts sur le site de la RTS.
>Ecoute de la compilation numérique Label Suisse ici!
>Et encore le festival vu par les Français avec le reportage audio de Solnix écoutable sur le site Internet de Télérama.

“You need to have discipline to create freedom for your band”

Swiss composer Nik Bärtsch and his band Ronin just wrapped up a US tour to present their new two-disc set called “Live”. Everywhere they go, music critics are raving about the groove of a music that is flirting with rock and pop. Swissvibes talked to Nik Bärtsch in New York.

Nik, tell us about your recent US tour with your band Ronin.

Nik Bärtsch We played in Oakland and Portland, where we had already played in the past. We also played at Earshot Jazz Festival in Seattle. It was our first time there and it is a very good festival. Finishing the tour in New York was great. The headquarters of our label ECM are there. We played there last year and it was named by Jim Fusilli, the Wall Street Journal music critic, one of the best live shows of 2011 alongside Radiohead, Patti Smith and Björk. For us, it was amazing to be named with artists like them.

How did your new live album come about?

Nik Bärtsch We recorded about 50 shows. We made a first selection of about 30 tracks from all these shows. We reduced the number to 11 and worked with Manfred Eicher, our producer at ECM, to end up with a final selection of 9 tracks from different shows. The idea was to show the deveopment and activity of the band. It is a funny mix of small venues and bigger ones. For instance, we played in a theater in Lörrach. It was organized by a friend of mine and they had built a lounge. So we had young people lying in front of us when we played. It was kind of strange but also a really special show.

When you talk about Ronin, you often highlight the discipline of your band. Why?

Nik Bärtsch When you listen to great bands like Radiohead or musicians like Herbie Hancock, you can feel they have a lot of discipline. You need to have discipline to create freedom for your band. Our discipline come from our Swiss roots. Our sound is clean and precise. But we only do that to give ourselves freedom during our shows. You could compare us to an experimental pop and rock band. We are precise with our message. But the structure we have in our music allows us to have fun on stage. Music is the message.

Tell us about your relationship to New York.

Nik Bärtsch We played 4 times there. It is always important to play there because it is where most music is developped. We always have had inspiring audiences there. New Yorkers know a lot about bands. We were totally happy because they made us feel that they wanted to hear something special. It is a good feeling.

You are releasing a two-disc set at a time when people listen to more music online. Does this rapidly-changing environment have an impact on how you create an album?

Nik Bärtsch We always did what we thought was right. You have to work on the long run and show people you can surprize them. Ronin sold 50 000 records, which is amazing for a jazz band. The business model changes, the media change, but the message stays the same. I don’t only think myself as a musician. I am also an entrepreneur, because you need to sell records to be able to keep playing.

For more information:

Ronin’ s “Live” two-disc set is out. Label: ECM

Nik Bärtsch and Ronin play every Monday at Exil music club, Hardstrasse 245 21,  in Zurich.

Ronin will perfom at Label Suisse in Lausanne on December 14th, 2012.

For more information: http://www.nikbaertsch.com/konzerte/

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