Who Trio @Festival Jazz Onze+

Who Trio_HemingwayWhen I hear a band like Who Trio, I feel I need to get out from under my rock and listen to a lot more Swiss-based music. Playing together since 1995, they thrilled Lausanne’s Jazz Onze+ Festival last week with highlights such as drummer Gerry Hemingway losing himself in a cave of pounding beats that never hit us like falling rocks but swung with such power and groove we could hardly stay in our seats. But I’m getting ahead of myself – a key to imagining their performance is to know how they looked.

Three toddlers, who are black belts in music improvisation

Who Trio_WintschPut simply, three toddlers. Who are black belts in music improvisation. The way they played, stroked, tweaked, plucked and beat the living daylights out of their instruments, was as creatively done as it could be. Michel Wintsch was often hunched over the piano like Schroeder from Charlie Brown as if to control his delicate touch, or plucking strings under the hood of the piano like a car mechanic. Gerry also used physicality to direct energy into his drum kit, emphasizing beats be they furious or almost inaudible. He’d throw his head back and release vocally, serving us with scraps of a monologue; mutterings of the crazy guy who loiters on a street corner. Inventive sounds and ideas were continually mushrooming from this trio.

animalistic whines, walking bass, scratches…

Who Trio_Oester

Whatever Baenz Oester created with his double bass there was clarity and conviction: animalistic whines, walking bass, scratches, deep twangs and a series of Bach-like notes that I found particularly moving. It was the trio’s emotion and revealing of vulnerability that stood their performance apart and gave it resonance. Michel’s work as a film and theatre composer showed itself in glimmers of exquisite melodies and perfectly imagined chords that were authoritative yet melancholic.

It is a feat to improvise a full set without pausing but I wanted breaks in the music so we, the audience, could express and release our responses and also so the trio had a chance to start a piece, afresh. There was a tendency to build the tension, bring it down, then re-build the sound and this became a little predictable as a landscape. However, the music never was and the view was continually riveting. I can’t wait to hear more.

 

Serge Wintsch à propos de la scène jazz suisse

Francine et Serge Wintsch

Francine et Serge Wintsch

Directeur du JazzOnze+ Festival avec son épouse Francine depuis plus de vingt ans, Serge Wintsch est aussi un musicien à ses heures perdues. Il connaît la scène suisse sur le bout des doigts. D’autant qu’Onze+ était à l’origine une association de musiciens lausannois, rassemblés pour donner plus de visibilité « aux musiques d’improvisation, à la musique contemporaine ». Du haut de ses 25 éditions, Onze+ s’impose aujourd’hui comme un rendez-vous incontournable du jazz suisse  comme international ainsi que des musiques actuelles. Les concerts de jazz ont lieu dans la salle Paderewski alors que depuis 2001, la salle des Fêtes du Casino de Montbenon se transforme en EspaceJazz et propose des concerts gratuits destinés à un public plus jeune, amateur de musiques africaines, de soul-funk ou d’electro.

Le festival a toujours accueilli des musiciens suisses. Parlez-nous de ceux que vous avez invités en 2013 ?
Serge Wintsch Le Who Trio est une valeur sûre. Michel Wintsch (mon homonyme sans être un parent) joue depuis de nombreuses années avec Gerry Hemingway et Bänz Oester. Ce trio s’est rarement produit à Lausanne. Idem pour le guitariste genevois Christian Graf dont le côté rock me plaît beaucoup. Et comme cette année, nous voulions mettre l’accent sur les guitaristes, l’occasion était toute trouvée.

Qu’en est-il de Samuel Blaser et Jean-Lou Treboux ?
Serge Wintsch Samuel Blaser est un extraordinaire inventeur de musiques. Il trace sa propre voie dans la musique improvisée sans s’inscrire dans un genre particulier. Sa formation autant classique que jazz lui a permis d’acquérir des bases techniques solides pour créer avec la plus grande liberté formelle. Jean-Lou Treboux est un jeune vibraphoniste que nous suivons de près. Il a décroché une aide financière institutionnelle pour résider à New York pendant six mois. Cette invitation à Onze+ constitue son premier concert en Suisse avec cette nouvelle formation. Nous ne savons pas du tout ce que cela va donner, mais nous lui faisons entièrement confiance.

Que pensez-vous du jazz en Suisse en 2013 ?
Serge Wintsch Cette scène est extrêmement intéressante et riche. Rappelons qu’en Suisse il y a une longue tradition du jazz. Avant elle existait sans doute plus à l’intérieur des frontières qu’à l’extérieur. Je pense en particulier au Zürcher Jazz Festival qui de 1951 à 1973 fut un lieu de rendez-vous incontournable des musiciens alémaniques comme romands. Mais peu de musiciens s’exportèrent. On peut citer, parmi ceux-ci, Pierre Favre, Daniel Humair, George Gruntz, Irène Schweizer, Matthieu Michel ou Mathias Rüegg (Vienna Art Orchestra). Dans la nouvelle génération, il suffit d’écouter les pianistes, Colin Vallon, Stefan Aeby, Gabriel Zufferey, Léo Tardin ou Marc Perrenoud pour être convaincu que la relève est là et qu’elle possède un haut niveau créatif.

Les musiciens que vous mentionnez se sont souvent intégrés à d’autres scènes, comme Daniel Humair en France ou Pierre Favre en Allemagne. On oublie presque que ce sont des Suisses.
Serge Wintsch Oui, les Suisses sont discrets ! Peu nombreux sont ceux qui se sont exportés et ceux-là se sont fondus dans l’internationalisme du jazz. Ce qui manque, c’est un mouvement spécifiquement helvétique. Il me semble toutefois que les musiciens circulent plus qu’avant, qu’ils collaborent plus entre eux, peut-être aussi grâce à l’apparition d’écoles comme l’HEMU (Haute Ecole de Musique) de Lausanne).

Les conditions seraient donc réunies pour un mouvement spécifiquement helvétique ?
Serge Wintsch Ce serait drôle d’imaginer des tournées internationales avec des ensembles suisses en alternance. Un peu comme le Chicago Blues en son temps. Cela permettrait de montrer le foisonnement de cette scène suisse au reste du monde.

Festival JazzOnze +, Lausanne, du 30 octobre au 3 novembre. www.jazzonzeplus.ch

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