Découverte: Jibcae au Cully Jazz Festival

150411_053Mains jointes ou offertes, poing tendu, le corps ondulant ou sautillant, la chanteuse Claire Huguenin impose d’emblée son style très particulier. La vocaliste de Bulle dont tout le monde parle a choisi de dévoiler en formule acoustique son premier projet solo, Jibcae, au Temple de Cully. Jibcae est un OVNI musical qui tente des ponts audacieux entre des penchants musicaux et sentimentaux extrêmements variés. Claire Huguenin est du genre à frapper vite et fort. Pour donner le ton, elle enchaîne trois morceaux d’une intensité folle, dont un a cappella poignant. Elle happe ainsi l’auditoire dans son monde d’introspection, un monde le plus souvent obscur qu’elle illumine de son sourire, de sa voix et de sa gestuelle.

 Les limites du 100% acoustique

150411_056A ses côtés, le grand manitou du piano, Malcolm Braff, s’essaie à la retenue, la harpiste Julie Campiche développe les myriades de notes de son instrument avec parcimonie pendant que le bassiste Jeremias Keller (le seul instrument électrique) s’occupe de la ponctuation. Le concept des concerts du temple est de ne jamais sonoriser les ensembles. Difficile dès lors de brider les instruments par nature plus forts, dont l’imposant piano à queue de Malcolm Braff.

 

Little big woman

150411_087Ce qui n’empêche pas Claire Huguenin de continuer sans faillir son évocation de l’intime, des sentiments à fleur de peaux, des sensations pas forcément agréables, comme ce « Weary Dany » en duo voix-contrebasse qui évoque l’ennui. Le monde de Claire Huguenin est peuplé d’esprits, de gens qui ne communiquent plus, de ruptures, de fracas. Et sa voix fonctionne comme un écho à ses ruptures, ses cabosses, ses éclats de rire. Evidemment, l’équilibre est périlleux, difficile à tenir de bout en bout. Variant les modes, déstabilisant l’auditeur en jouant sur le tragi-comique, Claire Huguenin et ses musiciens taillent néanmoins leur route. Il faudra encore certainement quelques prestations live pour que ce projet atteigne sa pleine puissance. Mais le potentiel, la grâce et la trempe de cette « little big woman » (pour reprendre l’expression d’un Internaute subjugué) sont de ceux qui marquent durablement. Merci !

Le disque Jibcae de Claire Huguenin paraîtra en mai sur le label berlinois Contemplate
Prochain concert de Jibcae au Moods le 2 juin 2015

Swiss Jazzed Out: Malcolm Braff dans ses montagnes

Swiss_Jazzed_Out__Malcolm_Braff_-_YouTubeMathieu Mastin, concepteur et réalisateur de la série de mini-documentaires Jazzed Out a posé ses valises en Suisse. Il y a rencontré Suzanne Abbuelh & Matthieu Michel, Plaistow, Rusconi, Grand Pianoramax, Malcolm Braff, Erik Truffaz, Werner Hasler & Jan Galega Brönnimann, Lucien Dubuis, Pierre Favre, Nik Bärtsch et Stade.

Swiss Vibes vous propose de (re)découvrir ces quelques minutes de musique hors norme tout au long de l’été. Après le duo lausannois de Stade, la balade continue et retrouve le piano de Malcolm Braff suspendu à la Dent de Jaman.

Malcom Braff und Andreas Schaerer: Jazz made in Switzerland

Malcom Braff (à gauche), Reggie Washington et Lukas Koenig

∞Malcom Braff (à gauche), Reggie Washington et Lukas Koenig ©Suisa

Das Malcolm Braff Trio und Andreas Schaerer’s Hildegard lernt fliegen begeisterten an der jazzahead!-Messe in Bremen das internationale Publikum und zeigten einmal mehr, dass sich Schweizer Jazz im internationalen Vergleich nicht zu verstecken braucht.

Die Fachmesse fand dieses Jahr bereits zum siebten Mal statt und hat sich mittlerweile zu DEM Treffpunkt der europäischen Jazzszene entwickelt. Erfreulich aus Schweizer Sicht war deshalb, dass die Jury gleich zwei Schweizer Bands für eines der begehrten Showcases ausgewählt hatte.

Hildegard lernt fliegen ergatterte sogar einen besonders begehrten Platz am Samstagabend im Kulturzentrum Schlachthof, das zur Prime Time aus allen Nähten platzte. Die Zuschauer waren von der musikalisch eindrucksvollen und ideenreichen Performance begeistert und applaudierten der Band frenetisch.

Das Trio um Malcolm Braff (piano) mit Reggie Washington (bass) und Lukas Koenig (drums) überzeugte am Nachmittag ebenso mit erstaulicher Spielkraft. Ungeheure Energien und phantastische Klangbilder entfalteten sich hier aus kleinsten musikalischen Zellen, die drei Musiker loteten die Grenzen ihrer Instrumente vielfältig aus und kosteten sowohl die Transparenz als auch die Kraft ihrer Musik genüsslich aus. Das routinierte Trio eroberte die Gunst des internationalen Fachpublikums schon vom ersten Stück an – auch ihnen stand nur eine kurze halbe Stunde zur Verfügung. Schliesslich musste Malcolm Braff am selben Abend (wie am Abend zuvor!) auch wieder das heimische Publikum beim Cully Jazz Festival unterhalten… Beide Bands sind auch auf der brandneuen CD-Compilation “jazz made in switzerland, selection 2012/13” vertreten. 

Malcolm Braff Trio, Inside, Enja Records 2011
Hildegard lernt fliegen, Cinéma Hildegard, Unit record 2012

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