Louis Schild, « Qu’il Vive »

Portrait de Louis Schild revisité par le photographe Michel Bonvin!

Portrait de Louis Schild revisité par le photographe Michel Bonvin

Sur la scène du Théâtre 2.21 à Lausanne, samedi 17 janvier, un grand barbu armé d’une basse et d’une trompette qui ressemble à un jouet dirige un drôle d’orchestre. Pierre Audétat (Stade, Piano Seven) s’agite entre un piano à queue et des samplers, Flo Stoffner, assis se balance hypnotiquement sur sa guitare. Quant à Lionel Friedli, il frotte, frappe et fait voltiger les baguettes de sa batterie comme si sa mission était de déclencher un feu d’artifices de rythmes.

Qu’il Vive

 « Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de ne pas avoir de fruits. » écrivait René Char dans le poème “Qu’il Vive“ en 1968. C’est à ce court texte que Louis Schild rend hommage pendant un peu plus d’une heure. « “Qu’il Vive“ parle d’un pays. C’est un vœu de l’esprit, une utopie, un pays qu’on a en nous. Cette idée m’a accompagné tout au long du processus de création. » Qui s’achève en décembre 2014, le jour où Louis Schild remet à ses comparses les copies de son travail de composition.

En ce samedi soir de janvier, je ne cherche d’ailleurs pas vraiment à comprendre où se situe le blues, le rock ou le jazz dans ces long morceaux, dans ce processus d’improvisation collective. Je préfère apprécier l’incroyable énergie qui se dégage l’ensemble et se transmet au public encore plus jeune que le leader de la formation.

Quelques jours plus tard, dans un café du centre ville, les questions affluent. « Je n’ai pas seulement emprunté au jazz, mais aussi aux musiques folkloriques d’Afrique de l’Est, aux musiques populaires italiennes des années 60 et à celles du Proche-Orient » explique le jeune autodidacte de 23 ans, éperdument curieux. « Je me suis beaucoup intéressé aux musiques de l’Empire Ottoman, aux rhapsodies. On dit d’ailleurs que dans les rhapsodies, les thèmes sont cousus ensemble. Cette idée m’a beaucoup parlé».

LEON

LEON Louis Schild (à gauche) et Raphaël Ortis (à droite)

LEON
Louis Schild (à gauche) et Raphaël Ortis (à droite)

Quand il n’est pas en train de donner son interprétation musicale de poésie résistante, Louis Schild est la moitié du binôme LEON. Né en 2011 d’une rencontre avec Raphaël Ortis (bassiste et explorateur de sons ) à la Reithalle de Berne, LEON a choisi comme mode opérationnel l’improvisation pure. Le travail du groupe repose sur quelques idées discutées en amont et une complicité à toute épreuve. Aujourd’hui. Parce qu’il se sent irrésistiblement attiré par le rock, LEON aime inviter d’autres musiciens et tend à se fixer en quartet avec encore Antoine Läng (voix et électronique) et David Meier (batterie).

Parfois encore LEON collabore avec Kasper T. Toeplitz, le compositeur franco-polonais, également un homme de basse, mais aussi d’ordinateurs, bien connu dans les milieux de la noise music. Un enregistrement de leurs recherches sonores va d’ailleurs bientôt paraître sur le label et distributeur de disques fous Metamkine.

Travailleur du son et de l’espace, Louis Schild est aussi l’ardent défenseur d’une autre façon de vivre. Une forme de résistance ou plutôt d’« insurrection de consciences » pour reprendre les termes de de l’intellectuel Jean Ziegler. Louis Schild a choisi la vie en communauté, à la maison comme dans ses nombreuses activités. Avec Alain Wolff, il s’occupe de l’Espace Echallens13 à Lausanne.

Il se prépare à lancer Les éditions collectives La Maraude dont l’une des premières parutions devrait être un livre de dessins de Julian Sartorius. La carte blanche que lui a donné pendant 4 soirs le théâtre 2 :21 à Lausanne a été l’occasion de faire le point sur son travail. Enrichissant et stimulant.

 

 

 

Le Pot «She»

LePot_She_CoverThe system has crashed and we nervously float through a spiral galaxy

Le Pot’s album is the first of a planned trilogy, SheHeraZade. After crossing paths in outfits such as Manuel Mengis‘ Gruppe 6, they committed to this project with Mengis on trumpet and electronics, Hans-Peter Pfammatter playing Moog and synthesisers, drummer Lionel Friedli and Manuel Troller on electric guitar. This instalment, She, has thrown off the shackles of melody and musical convention and is driven by atmosphere, environment, feeling. The electronics provide a subtle, post-Apocalyptic white noise; the system has crashed and we nervously float through a spiral galaxy.

This interplay creates expansive landscapes

Ariel Alert sets up the ride with its cacophony of smashing cymbals and firing drum rolls, psyched-out guitar and trumpet, part-quivering, part-soaring. It leads into the track I keep re-playing, Part 1 Desert Whale Song. A sublime sound-piece where the ever-present electronics are so subtle you can’t tell where the instruments stop and they begin. This interplay creates expansive landscapes and mysterious visions: here the band appears as a disorientated submarine in the deepest of pitch-black oceans. The denouement escalates to an animalistic attack of Mengis’ braying brass, distorted guitar and drum blows, that had me on the edge of my seat.

Electronics are the threads invisibly sewing it all together

Throughout the album, the trumpet chatters, squeals, cries in pain but rarely sings – there is a sense of skilful playing and a wilful rejection of tradition, although I could sense echoes of ‘electric Miles’ (Davis). It is perfectly matched by the guitar’s imaginings: from fuzzy strums to almost inaudible bending notes and tripped-out chords. The drumming is a-rhythmical, barging into the argument with its own opinions; sparse and jagged, whilst the synths and electronics are the threads invisibly sewing it all together into a dark collage.

LePot_Dec2014

An echoing guitar drives the track off the cliff into freefall

It’s as if their idea is to drag music back in time to primal grunts or break it even further down into fizzing atoms. They are not always successful in this, but what I am taken by is the quartet’s commitment to space in their music; they allow each sound to breathe and exist even when they build to discordant climaxes such as in Part II Phili’s Boat Bursting or Gezinkt Sind Wir Alle. In this piece the instruments intensify their squabbling chatter; bass notes underpinning frantic trumpet squeals and insistent electric loops, before an echoing guitar drives the track off the cliff into freefall. There is almost a sense of post-punk electronica here with keyboards, guitar and drums uniting in a vague melody.

This is what I think should have been developed – a more tangible shape, even if for one track in order to pull the album back from drifting into clever noodling. Having said that, I enjoyed the trip very much and am looking forward to Hera – which the band say will be an acoustic reflection on the motives of the British composer Benjamin Britten. Le Pot are a band we should all be keeping our ears open for.

Le Pot             Everest Records

 

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