A la découverte des voyages de Verveine

Après avoir été l’une des révélations des Transmusicales en 2014, Verveine s’est imposée au Printemps de Bourges cette année et vient d’annoncer sa participation à la Mecque du rock européen,  Eurosonic au mois de janvier prochain. En attendant Verveine donne encore quelques concerts en France et en Suisse d’ici à la fin de l’année. Ne la manquez pas!

Un objet qui en tape un autre. Une cadence qui s’établit. Vingt secondes où ce rythme se répète et attire subtilement l’auditeur dans l’atmosphère si particulière de cet album sobrement nommé « Antony ». Petit à petit, d’autres éléments rejoignent la bulle. On se retrouve projeté dans un univers aux contours électro, au tempo envoûtant. Le verbe s’envole dans un nuage lyrique, porté par une vague organique et cosmique.

Derrière cette création aussi étonnante que savoureuse se cache Verveine, un talent nourrit au bouillonnement artistique de la petite ville de Vevey, au bord du lac Léman. Après une formation au chant et au piano, Joëlle Nicolas, de son vrai nom, se tourne vers l’électro. Réelle autodidacte, elle se familiarise avec les boîtes à rythmes pour en faire ses instruments de prédilection et développe sa patte musicale sur scène. « La musique me suit depuis que je suis gamine. C’est quelque chose de très intuitif et ça a été très naturel pour moi d’aller explorer des choses musicales et sonores. Je n’ai pas cherché à créer dans un style musical précis. Je fais ce qui me plaît et le résultat est ce qu’il est ».

Un effet domino

verveine_2_verticalEn septembre 2013, la sortie de son premier album, « Peaks », marque l’aboutissement de cette évolution et une étape importante dans la carrière de Verveine, en Suisse, mais aussi en France. « Il y a eu un effet domino positif : la sortie de « Peaks », ma participation à l’Opération Iceberg et mon concert au Paléo Festival qui m’a permis de rencontrer ma bookeuse française ». Album de qualité et bon timing lui ont ainsi permis d’attirer l’ouïe des programmateurs des Transmusicales de Rennes qui l’invitent pour leur édition de 2014. Ce concert lui ouvre d’autres portes.

«Les Transmusicales ont été un événement majeur. Libération a ensuite publié un très bel article. J’en ai été la première surprise. A partir de là, les autres médias se sont intéressés au projet. Je suis très heureuse de ces retombées médiatiques mais je me protège également. L’essentiel n’est pas d’apparaître dans la presse mais de faire un bon son ». Libération et Les Inrocks offrent une pléiade de critiques les plus flatteuses les unes que les autres. Loin d’un effet de mode éphémère, Verveine parcours les planches suisses et françaises à la rencontre de son public. En 2015, un mois à peine après la sortie de son deuxième album,« Anthony », son passage au Printemps de Bourges confirme son succès grandissant et attire la plume du journal Le Monde.

“Je sors mon projet et le laisse vivre là où il peut évoluer”

Verveine se réjouit de ce succès naissant tout en avançant au rythme de ses harmonies : « Ce projet est potentiellement extensible à n’importe quel territoire. Cela peut être la Suisse romande, l’Europe ou le monde…Voir qu’en une année et demi il y a eu la France et la Suisse, c’est génial. Mais ce n’est pas un but, mais cela ne peut que me donner confiance. Je sors mon projet et le laisse vivre là où il peut évoluer ».

Fin 2015, c’est au coeur du MaMA à Paris – haut lieu de rencontre des professionnels de l’industrie musicale – que la Veveysanne a posé ses machines. Signe de reconnaissance de la profession, cette participation à ce festival visant, entre autres, à faire connaître les talents en phase ascendante, lui a permis d’asseoir un peu plus sa place de « révélation à surveiller » dans le paysage musical suisse et  français. Sa sélection à Eurosonic au Danemark le 14 janvier prochain la positionne désormais sur l’échiquier européen. Une évolution plaisante mais qui devra patienter; Verveine met la scène de côté en 2016 pour se consacrer à la création de son prochain album.

Avec un univers musical qui se détache des codes actuels et qui chatouille le subconscient d’une caresse d’écume cosmique, la patte Verveine s’inscrit dans cette nouvelle génération de musiciens qui n’ont pas peur de repousser les limites harmoniques toujours plus loin, le tout avec une attitude emprunte d’humilité.

Disque

Verveine, Antony (Creaked Records) est disponible sur bandcamp

Concerts

Nantes (F), Stéréolux, le 20 novembre 2015

Brest (F), Kergariou Farm, le 22 novembre 2015

Laval (F), 6par4, le 27 novembre 2015

Neuchâtel (CH), Superette, le 28 novembre 2015

Auxerre (F), Le Silex, le 4 décembre 2015

Lausanne (CH), Les Docks, le 11 décembre 2015

Noorderslag, Festival Eurosonic (Dan), le 14 janvier 2016

 

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Velvet Two Stripes, l’insouciance de la jeunesse

En provenance de Saint-Gall, ces trois jeunes filles seront l’une des découvertes des Transmusicales de Rennes samedi 7 décembre. Ne les ratez pas!

1_11-003C’est le jour de la Saint-Valentin 2011, disent-elles, que les sœurs Sophie et Sara Diggelmann décident avec leur amie Franca Mock de se lancer dans l’aventure d’un trio. Elles optent alors pour un nom qui sent la sueur et le rock’n’roll : Velvet Two Stripes. Sans remarquer que ce patronyme évoque autant la légende Velvet Underground que la furie White Stripes. Mais malgré ces lourdes références, elles le portent à merveille, ce nom. Leurs influences ? Janis Joplin, BB King et The Ramones. On serait tenté de rajouter The Doors, tant leur rock est sous influence seventies. Avec néanmoins parfois des incursions dans l’electroclash, cette sauvage fusion de punk et de rythmiques synthétiques. Sorti sur le label berlinois Snowhite, le premier E.P. des Saint-Galloises leur a déjà ouvert les portes des marchés étrangers. À suivre de près. – Stéphane Gobbo

Disque Velvet Two Stripes, 1st EP (Snowhite : snowhite.de)
Concert : Rennes (F), Les Transmusicales, Parc Expo – Halle 3, sa 7 décembre, 03:30 > 04:15 
Site Internet : velvettwostripes.com

Comment la musique suisse s’exporte-t-elle?

Pas forcément facile quand on est Suisse de percer sur le marché francophone (pour les romands) ou germanophone (pour les suisse allemands). Swiss Music Export, organisme créé en 2003, a pour mission d’aider à la diffusion des groupes les plus prometteurs sur ces deux importants marchés européens. De retour du Printemps de Bourges, Marc Ridet, responsable de l’antenne francophone, nous explique les grandes lignes de son action:

Marc Ridet, responsable du bureau francophone SME

Chaque année, un groupe suisse est présent aux Découvertes du Printemps de Bourges. Comment arrive-t-il sur ce tremplin?
Marc Ridet: Nous faisons office de sélectionneur pour le Printemps de Bourges en leur proposant trois ou quatre artistes suisses. Nos critères de sélection sont essentiellement:
– que le groupe ait une structure autour de lui: management ou éventuellement label. Cela ne sert à rien d’amener un artiste vers un tremplin s’il n’a pas les moyens de suivre après.

Jean Zuber, responsable du bureau germanophone SME

– que le groupe fasse partie du programme de Swiss Music Export.
Une fois l’artiste choisi, on va communiquer à tous les professionnels

accrédités. Au printemps de Bourges, il y a environ 700 maisons de disques, tourneurs etc. Puis on va essayer de cibler la stratégie avec l’artiste. De voir de quoi il a besoin. Par exemple un agent ou un distributeur français.

Cette année c’est My Heart Belongs to Cecilia Winter qui a été présent au Printemps de Bourges. Concrètement comment s’est-il passé?
Marc Ridet: Dans le cas de My Heart Belongs to Cecilia Winter, cela a commencé à Paléo en 2010. Un journaliste de Longueur d’Ondes qui programme également des concerts à la salle de spectacles des Trois Baudets à Paris a aimé leur concert. Il les a invités au Trois Baudets où nous avons convié un des programmateurs du Printemps de Bourges. Le groupe va également jouer au MaMA qui est un salon de professionnels qui se tient dans le XVIIIè arrondissement de Paris au mois d’octobre.

Quelles sont vos autres actions en France?
Marc Ridet: Nous accompagnons les artistes tout au long de l’année et nous sommes présents dans pluieurs des grands festivals français de rock ou de chansons française: Les Transmusicales, Les Eurockéennes, Les Francofolies et le Festival Alors Chante. Parfois ce sont les programmateurs qui font directement leur choix comme c’est le cas aux Transmusicales de Rennes où se sont produits l’an dernier Filewile, Mama Rosin et Oy. Parfois il y a une sélection en amont. C’est le cas pour les Eurockéennes où plusieurs clubs suisses (dont la Rote Fabrik, le Fri-Son, les Docks…) participent au processus de sélection. Cette année c’est Honey For Petzi qui a été choisi. Nous avons aussi un partenariat avec les Trois Baudets qui propose huit à dix concerts de groupes suisses par année.

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