The Bianca Story met le feu au Romandie

Jeudi 22 mars, pour ouvrir les feux du M4music à Lausanne et pour lutter contre les clivages régionaux et linguistiques de notre chère suisse, ce sont les Bâlois de The Bianca Story qui sont venus secouer le public rock lausannois dans leur temple du Romandie. Après avoir écouté leur album “Coming Home”, je m’attendais à un groupe un peu arty, un peu deuxième degré. Pas du tout. La faute à la forte présence du chanteur Elia Rediger. En costume trois pièces, barbu, il n’a pas vraiment la tête de l’emploi et sa voix aime jouer de la mélancolie, du lyrisme, et se placer en complet contraste avec les rythmes et les riffs de la formation. Il est clair que the Bianca Story brasse les références musicales, des Triffids à B52’s avec un brin de techno-disco-pop.

Mais, hier soir, il a affirmé son raz-le-bol d’être catalogué de représentant de “la génération easyjet” et a montré de quoi il était capable. Face à un public constitué pour beaucoup de gens du music business (par conséquent un peu blasés), il a choisi la carte de la provocation, du rentre-dedans. Elia Rediger a conclut par une longue diatribe que l’on pourrait résumer par “commençons par faire la révolution devant notre porte” avant de s’offrir un bain de foule (voir photo).  The Bianca Story rentrait d’une tournée allemande qu’il a commenté (auf deutsch) et illustré de photos sur son blog.

Le festival M4 music se poursuit aujourd’hui et demain à Zurich. Nous y reviendrons.

Moins de miel, plus de rage…

Honey For Petzi est l’un des secrets les mieux gardés de la musique suisse. La formule est galvaudée, mais s’applique particulièrement bien à ce groupe romand qui a fêté il y a peu la sortie de son sixième album. Un succès d’estime unanime, mais un développement de carrière international encore confidentiel.Leur passage aux Eurockéennes de Belfort le 3 juillet pourrait changer la donne. Pour les lecteurs non suisses de ce blog, précisons que Petzi est un petit ours, héros d’une bande dessinée danoise que tous les enfants suisses ont eu au moins une fois entre leurs mains.

Christian Pahud (batterie), Philippe Oberson (basse) et Sami Benhadj (guitare) se connaissent depuis le secondaire. Tous trois ont passé par les bancs de l’ECAL, l’école d’art de Lausanne. Pendant des années, ils se sont amusés à façonner un rock expérimental, essentiellement instrumental, inspiré de la scène « math-rock » américaine. Après une absence de plusieurs années, ils reviennent aujourd’hui avec «General Thoughts and Tastes», un disque de chansons pop qui malaxe rythmiques décalées, grésillements, sonorités étranges et chœurs hauts perchés.
Quant à l’énergie de ce combo sur scène, il reste 100% rock. Jugez plutôt sur ces 40 secondes de concert volées à l’Amalgame en mai dernier!

 

Explications du phénomène avec Philippe Oberson.

Comment avez-vous conçu «General Thoughts and Tastes»?
Philippe Oberson Ce disque est la synthèse de tout ce que nous avons fait. Jusque-là, nous nous avions surtout travaillé de façon instrumentale ou avec des images lors d’installations vidéo. En décidant d’introduire la voix comme un élément à part entière, nous avons dû apprendre à manipuler les morceaux dans tous les sens. Pour chaque morceau, nous avons fait beaucoup de versions intermédiaires. L’idée était que la voix soit complètement intégrée à la musique et non pas juste «posée» dessus.

Comment faites-vous sur scène?
Philippe Oberson Nous avons désormais intégré au groupe Michel Blanc qui chante et joue de plusieurs instruments. Sur scène, on passe d’un instrument à l’autre. Les gens qui nous connaissent bien ne sont pas encore habitués aux nouveaux morceaux. Mais un nouveau public se profile.

Comment avez-vous conçu vos textes?
Philippe Oberson Nous ne voulions pas faire du songwriting ou quelque chose de trop narratif. Parfois ce sont des films d’anticipation ou de science-fiction qui m’ont inspiré. Parfois j’évoque juste des suites d’images qui défilent. J’ai choisi de ne pas faire de textes en français pour éviter que le projet ne parte dans une autre direction.

CD: Honey For Petzi, «General Thoughts and Tastes» (Two Gentlemen/Dist européenne Differ-Ant)
En concert aux Eurockéennes de Belfort le 3 juillet à 19 h.

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