Cérémonie du Prix Suisse de Musique

6157994.image“”Enfin!” diront certains, “voilà”, diront d’autres…” C’est en ces termes que le Conseiller Fédéral Alain Berset a commencé son discours d’ouverture de la cérémonie officielle du Premier Prix Suisse de Musique à l’Opéra de Lausanne ce vendredi 19 septembre 2014.

Une soirée pas comme les autres. Un public bigarré, entre mises sur son 31, uniformes politiques, et débraillage artistique. A première vue, peu de journalistes, beaucoup d’Alémaniques.

Super cérémonie, dynamique, longue juste ce qu’il faut, faite d’humour avec deux sketches bien envoyés de Vincent Kucholl et Vincent Veillon (des 120 secondes sur Couleur3) ainsi que la très jolie virtuosité de l’Ensemble Krysalid, pupilles de la HEMU de Lausanne, pour ce qui est des intermèdes.

Avant la remise des prix, un beaux film d’une quinzaine de minutes présentait les 14 nominés dans un medley inspiré dont voici un extrait.

Plaisir de constater l’élégance du tout, de la sélection des artistes, plurielle et pertinente, à leur collaboration et connivence ou à l’organisation et la communication (très belle) de l’événement, qui signifie beaucoup pour beaucoup de monde. Exit les Awards un peu cheap, Le Prix de Musique Suisse, Mesdames et Messieurs, c’est la classe, et il y a de quoi être fier.

14 artistes qui amènent de l’eau au moulin, pétrissent une matière musicale originale, avec persévérance et mérite. Il était bien difficile de faire des paris sur le gagnant: Saluerait-on la virtuosité et la carrière d’Irene Schweitzer, la fougue et l’élan de Julian Sartorius, la rock’n’roll attitude infatigable de Beat Man ou le parcours iconique subjuguant d’Erika Stucky? Après une salutation en rang d’oignon, toute simple, et quelques enveloppes distribuées (chaque artiste sélectionné recevait d’office 25’000 CHF), le décachetage principal, honorifique et d’une valeur de 100’000 CHF annonce “Franz Treichler”, leader du groupe The Young Gods, suivi d’un torrent d’applaudissements et de somme toute beaucoup d’émotion.

Visiblement secoué, Franz Treichler monte sur scène remercier ses parents qui l’ont laissé partir de la maison tout jeune, sa femme qui le soutien depuis perpette, et tous les membres et collaborateurs des Young Gods, au plus ou moins long cours. Un prix mérité, pour un artiste ayant participé à faire rayonner la Suisse dans le monde entier. Un beau symbole qui installe les musiques actuelles, underground et expérimentales au budget de la confédération. En effet, “enfin”! Et merci, bien joué.

Le site de la confédération

Le site de Young Gods

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Label Suisse : its a global thing…

affiches_basse_def_avec_logos” Ce qui ne tue pas rend plus fort.” Fin 2011, lorsque la Radio Télévision Suisse annonçait son désengagement financier de Label Suisse, le festival bisannuel était donné pour mort. Mais les acteurs musicaux de la scène romande se sont mobilisés : une association est née et l’édition 2012 a pu être assurée.

Grand Prix suisse de musique

En 2014, Label Suisse s’impose désormais comme un vrai rendez-vous multigenres, interrégional et multimédia puisque la plupart des concerts sont rediffusés en direct ou en différé sur les ondes de la RTS. C’est en son sein qu’aura d’ailleurs lieu la première cérémonie de remise du Grand Prix suisse de musique le 19 septembre (100’000 francs au vainqueur, 25’000 francs à chacun des quatorze nominés).

Un nom à réinventer

Julien Gross, président de l’association, explique : « En 2012, nous avons hérité d’un nom, mais tout était à réinventer au niveau de la structure et de l’organisation. Nous avons choisi une approche globale en renforçant l’ouverture vers les musiques jazz et classique. Nous avons également voulu nous affirmer comme un festival national, avec des concerts rediffusés sur les trois chaînes radio romande, suisse-allemande et tessinoise ».

2014

De fait la programmation de l’édition 2014 brille de tous ses feux avec des concerts de jazz à l’Auditorium et l’Atrium de l’EJMA, des concerts classiques à l’Eglise Saint-François ainsi que de la pop, du rock, des musiques électroniques et du hip hop dans les principaux clubs de la ville. Avec une belle brochette de groupes suisses-allemands et tessinois, Label Suisse porte un coup de plus dans une barrière de roesti qui ressemble de plus en plus à un Emmental*…

On ne peut donc que chaudement recommander aux spectateurs lausannois de réserver leur week-end des 19-20 et 21 septembre et aux autres Helvètes de brancher leur poste radio.

Impossible de citer tout le monde, mais voici quelques propositions – totalement subjectives -pour chacune des soirées du festival :

Les extrémistes de Puts Marie et Camilla Sparksss au Bourg le vendredi 19 septembre dès 20 :00

Du très bon hip hop avec Murmures Barbares, Tweek, Rootwords aux Docks le samedi 20 septembre

Du prestige avec la création “Avant l’Aube” Erik Truffaz, Franz Treichler et l’OCL dimanche 21 septembre, en fin de matinée, sur la Place Centrale.

Pour avoir le détail de tous les groupes, rendez-vous sur le site Internet du festival

A vos marques, prêts…

*Je précise aux lecteurs français de ce blog que c’est bien notre Emmental national qui est un fromage à trous et non le Gruyère comme vous continuez de le prétendre…

Bojan Z et Tobias Preisig s’envolent!

Bojan Z band feat Tobias Preisig @Festival de la Cité

Bojan Z band feat Tobias Preisig @Festival de la Cité

Hier, au Festival de la Cité, la tension était grande. Le pianiste serbe Bojan Z qui devait ouvrir la soirée n’a pas pu prendre l’avion prévu et a fini par atterrir à l’aéroport de Cointrin à 18 h. Une heure plus tard, il était propulsé sur la scène du Château pour un mini concert d’une trentaine de minutes où il posait les bases de son univers foisonnant construit à partir des musiques ethniques, du jazz, du rock.… Après cette mise en bouche, Bojan Z devait remonter sur scène à 22 h avec son trio et un invité spécial en la personne du violoniste suisse Tobias Preisig. Les deux ne s’étaient jamais rencontrés, avaient échangé par mail et devaient répéter dans l’après-midi… Gloups.

Lorsque Tobias Preisig entre en scène, la nuit est tombée et le vent s’est levé. La tension monte d’un cran. Bojan Z annonce « Greedy (In Goods, We Trust) » dédié aux banquiers et à la cupidité. Un morceau visionnaire qu’il a fait paraître en 2009. Les musiciens s’observent, prennent leur marque. Bojan a une main sur le piano à queue, l’autre sur son Fender Rhodes. Tout d’un coup ça démarre, le violon de Tobias Preisig s’embrase, les claviers de Bojan lui répondent. Les deux semblent s’être trouvés : ils attaquent leurs instruments avec une hargne jouissive. Une forme d’agressivité magique qui transforme le négatif en positif. La rencontre est puissante et leur permet ensuite de poursuivre le dialogue dans des modes plus doux.

Backstage: Bojan Z, Thomas Bramerie, Fabrice Moreau et Tobias Preisig

Backstage: Bojan Z, Thomas Bramerie, Fabrice Moreau et Tobias Preisig

« Finalement, c’est bien que cette rencontre se soit faite directement en public. On a été obligé de converser tout de suite. J’ai déjà joué avec d’autres violonistes à Paris, mais là c’était plus fort » explique, le sourire aux lèvres Bojan Z un peu plus tard dans les backstage.

« Je n’avais jamais fait ça de ma vie. Mais comme ils sont très forts, je n’ai pas eu de peine à entrer dans leur musique, reprend Tobias Preisig, Leur travail au niveau des rythmes est vraiment incroyable. Bojan Z a un côté franchement rock que j’adore ». Il en sait quelque chose lui qui va se produire le 18 juillet au Montreux Jazz Festival dans le cadre du nouveau projet du king de la pop helvétique, Dieter Meier.

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