Montreux Jazz goes Switzerland

« Claude Nobs aimait comparer le jazz à un bouquet de fleurs. Plus les fleurs rassemblées étaient d’origines et de couleurs différentes, plus il appréciait le bouquet. Le jazz suisse est lui aussi particulièrement intéressant parce qu’il s’abreuve à de multiples sources culturelles». Stéphanie-Aloysa Moretti (directrice artistique de l’Artists Fondation du Montreux Jazz Festival)

 

L’édition 2014 du Montreux Jazz Festival fait la part belle aux Helvètes. Ouverture des festivités avec Leonzo Cherubini  et sa composition « Flora » pour trois batteries et trois percussions  (dimanche 6 juillet à 17 :00) et clôture avec « Ivresse » de Jérôme Berney, une création mêlant classique et jazz (vendredi 18 juillet à 17 :00). Le pianiste François Lindemann, qui avait joué en son temps à Montreux, est également de retour en quartet (mardi 8 juillet en première partie de Tigran Hamasyan). Quant à Julian Sartorius, il improvisera en duo avec le pianiste Parisien Benoît Delbecq (mardi 8 juillet, 21 :00).

Un week-end de folie dans les différents espaces du Festival
Leo Tardin

Leo Tardin

Marc Perrenoud

Marc Perrenoud

Du 11 au 13 juillet, les artistes suisses investissent la plupart des salles du Montreux Jazz Festival. Jugez plutôt: Le 11 juillet, Julian Sartorius – encore lui, mais en solo cette fois – tapera sur tout ce qui bouge dans le somptueux décor du Château de Chillon, victime du succès de son « beat diary » (un coffret de 12 vinyles qui compte 365 beats, soit 1 beat composé chaque jour pendant une année).

 

Le même soir, Marc Perrenoud fera aussi voler en solo les touches de son piano. Un coucher de soleil musical inédit et intriguant en perspective au Château de Chillon.

Et pour ceux qui sont doués du don d’ubiquité, signalons qu’au même moment, les inclassables Plaistow se produiront au Club juste avant la pianiste japonaise Hiromi.

Quant au maestro Stephan Eicher, il se voit offrir les honneurs de l’Auditorium Stravinski le 12 juillet. Enfin last but not least, Leo Tardin rencontre le percussionniste turco-suisse Burhan Oçal le 13 juillet au Château de Chillon. Nous y reviendrons.

Ne manquez surtout pas de découvrir ou de re-découvrir cette scène suisse en pleine expansion !

Concours

logo_Swiss Vibes-compilInscrivez-vous ici, à la newsletter de Swiss Vibes (ça prend une minute) et  gagnez une des dix invitations pour la soirée du 11 juillet (Sartorius et Marc Perrenoud) ou pour la soirée du 13 juillet (Leo Tardin et Burhan Oçal).

 

 

 

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Colin Vallon speaks about “Le Vent”

Colin Vallon © Petra Cvelbar“Le Vent” is Colin Vallon‘s second album for the prestigious label ECM. Listening to it, or to him speak, you might think he’s a bit soft – a gentle soul. There’s a distinct aesthetic to his playing, it’s mindful and sombre as if remembering a lost love. Interviewing him, I found an assured and fiery spirit; a pianist with a clear intelligence, driven to carving out his own, individual path.

“From the moment I could stand I tried to press down the keys”

Music was always around Vallon – when most families were arguing at Christmas, his was gathering at the ever-present piano, singing hymns and Gospel. “I loved the sound of the instrument, from the moment I could stand I tried to press down the keys”. Despite this, he quit piano at the age of 12 because he could no longer play by ear and reading music frustrated him. Then two things happened: his uncle taught him some blues chords that he could play, “Without paper in front of me” and he saw a solo concert of Keith Jarrett, “It was really amazing to hear that.”

He returned to music lessons at 14 and began composing. By 19 he was at the University of Arts in Bern and had his own trio. Here he found the American theory of copying the standards until you could imitate them too restrictive. “But this was also very good for me,” he says, “because it meant that if I wanted to do something of my own then I had to do it really on my own and to be more didactic in terms of composing. I was really independent.”

“It’s a music that has something very raw about it”

However the composition tutor, Frank Sikora, inspired Colin and for his class he recorded, “A huge fence or gate that was screeching, making harmonics and noises.” By 2002 he developed this interest in strange sounds with prepared piano techniques and had begun an enduring curiosity for Eastern European music. “It has something very raw about it and, like this fence maybe [that he’d recorded], it’s a very different sound and it’s something that caught me immediately.” He joined a band with the saxophonist Sascha Schönhaus playing Balkan music and discovered one of his “desert island records”, Le Mystère des Voix Bulgares.

A journey in Albania

Meeting Elina Duni provided fertile creative soil as Albanian music opened up to him and the Trio’s third album, (their first for ECM) was entitled Rruga, the word for “path” or “journey” in Albanian. It was critically acclaimed, so did this make it hard to follow? “There was a bit of pressure,” admits Colin, “not from the label, but from myself..it’s hard to come with a second album…and changing the drummer [from Rohrer to Sartorius], but in the end I’m really happy with the results.”

“There are a few goodbyes, a tribute to Asita Hamidi”

Colin found his material came naturally as he dealt with several deaths and saw a suicide jump from a bridge. “Le Vent was an elegiac album, a lot to do with death…and the passing of time and life. It sounds really dark but it’s not just about that…There are a few goodbyes, a tribute to Asita Hamidi [the harp player] who died…things that are a part of life but I needed to express somehow.” It’s Vallon’s careful listening for, then stating his own truth, that makes him a compelling artist.

Colin Vallon “Le Vent” (ECM)

On tour:

26/04/14 Jazzahead, Bremen DE
27/04/14 A-Trane, Berlin DE
29/04/14 Mokka, Thun CH
30/04/14 Bee-Flat, Bern CH
03/05/14 L’Azimut, Estavayer-Le-Lac, CH
13/05/14 Mokka, Thun CH
17/05/14 AMR Genève, CH
27/05/14 Mokka, Thun CH
01/06/14 Green Hours Festival, Bucarest RO
07/06/14 Paris Jazz Festival, Paris FR

Julian Sartorius en mode random

On l‘a vu un peu partout ces derniers mois, en solo ou auprès de Merz ou Colin Vallon, dans les club de jazz, les galeries d’art contemporain ou à l’affiche de festivals indie, le jeune batteur bernois Julian Sartorius ouvre ce soir le 32ème CullyJazz Festival avant Avishai Cohen et Rusconi sous un chapiteau sold out.

ImageFriand d’atmosphères intimistes, la batterie à même le sol pour être au plus proche du public, on l’a vu plusieurs fois émouvoir et faire se lever les foules. A Cully, le dispositif sera tout différent : 900 personnes en rang d’oignon, lui bien loin, sur un large piédestal et sous un gros logo jaune. Il est curieux de voir ce que cela va donner. Le jazz ? Une formation aux conservatoires de Berne puis Lucerne. « J’aime Coltrane, Monk, ce qui a du spirit. » Avant de rajouter gaiement dans l’immense sourire qui le caractérise « Mais j’aime autant Schubert que Madlib ! », et citer encore Awesome tapes from Africa ou le label Sublime Frequencies.

Beat diary

Julian Sartorius est un chercheur, et c’est grâce à un travail titanesque, son « Beat Diary », qu’il a véritablement développé son jeu : pendant une année, il s’est donné pour contrainte de produire et prendre en photo un beat par jour afin de le publier sur un blog, devenu un livre album. « La contrainte est toujours un procédé créatif intéressant, où tu peux aller au fond des choses. Regarde par exemple la gravité, et comme les gens ont été inventifs pour tenter d’y échapper, de l’escalade au base-jump… J’aime les règles, comme dans un jeu. Si elles sont bonnes, il y a beaucoup de fun. Attention, je ne dis pas que la musique juste est un jeu, mais qu’il faut jouer avec les limites. »

“Les nuances sont infinies…”

Ce qui étonne et éblouit dans son solo, c’est la gamme d’harmonies qu’il parvient à faire sortir de son instrument, l’inventivité de sa proposition, et un groove toujours en mouvement. « J’essaie de garder les jambes dans la pulsation et de faire aller mes mains ailleurs. Quand tu arrives à faire bouger les choses tout en restant dans le tempo, cela donne quelque chose de très fort. Et puis les nuances que tu peux apporter selon comment tu touches les choses sont infinies. »

“J’adore quand je ne sais pas ce qui va arriver”

S’il écrit la musique, des plans plutôt que des partitions, il aime se laisser surprendre et s’inspirer de tout ce qui l’entoure : nature, animaux, machine à laver, frottement des vêtements, tout ce qui peut produire un rythme, qu’il soit régulier ou non. « J’ai toujours des images dans la tête, c’est très narratif, et souvent j’entends des synthétiseurs ». Il a lu John Cage qui lui a « ouvert l’esprit », et a peu à peu développé un élan vers le random, l’imprévisible : « J’adore quand je ne sais pas ce qui va arriver, quand il se passe des choses qu’on ne peut pas penser. Cela me rend vraiment heureux ! »

A l’automne, il sort un album du solo, parce qu’on lui l’a souvent demandé, et un autre album fait de duo entre lui et un train, un frigo, ou une caisse à la Migros. Et puis encore un single 7’’ avec des beats dessus. Dans l’intervalle, il réfléchit à comment optimiser les sous qu’il vient de recevoir pour sa nomination au premier Prix de Musique Suisse. Les idées ne manquent pas.

Le site de Julian Sartorius

Dernier disque en date: Merz, “No Compass Will Find Home” (Julian Sartorius drum and vocal renditions), Everest records

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