Camilla Sparksss administre une claque sexy punk aux Parisiens

tumblr_mn5n8u4ZdG1s8nlfwo1_500Pour réussir une première partie, il vaut mieux ne pas y aller à reculons. Barbara Lehnoff, alias Camilla Sparksss, a fait tout le contraire : elle est carrément descendue dans l’arène. Par deux fois, elle a quitté la scène pour se frotter (littéralement) aux trentenaires bedonnants, trépignants à l’idée de revoir l’idole du garage blues folâtre, Jon Spencer. Elle les a fixés dans les yeux, leur a murmuré à l’oreille, s’est roulé par terre en scandant les répliques définitives de son morceau « Europe », « This is shit ! ».

Thérapie par le cri primal

Elle a même tendu le micro aux heureux du premier rang, pour une séance de thérapie par le cri primal. Barbara Lehnoff a véritablement pris son public à bras le corps et cela tombait bien, puisque c’est justement l’objet de Camilla Sparksss. Le side project électro punk DIY de la guitariste stridente du duo Peter Kernel consiste à « donner une dimension charnelle à la musique électronique, à dépasser les machines » comme elle nous le confiait après son passage remarqué. Pas question donc de rester plantée derrière un laptop pendant que s’égrènent les rythmes tribaux, les déchaînements techno ou les apartés presque hip hop. Sur scène, la Canadienne installée en Suisse a multiplié les invectives et les torsions, tout juste aidée par son acolyte Myriam Vile, créatrice de bijoux reconvertie dans la performance très DIY elle aussi.

De l’écoute polie à la semi-hystérie

En courant sur place ou en boxant en rythme avec la beatbox avec son gilet bien trop court, elle n’a pas peu contribué à échauffer les virilités parisiennes : un spectateur inspiré lui lança même l’élégant « Est ce que tu baises ? » sans provoquer de réprobation générale. Justement, quelques temps avant la débauche de transpiration sexuelle de Jon Spencer, le duo féminin a initié avec peu de moyens la délivrance physique du public, passé de l’écoute polie à un état de semi-hystérie.

 Le 26 mai à la Machine du Moulin Rouge à Paris , en première partie de The Jon Spencer Blues Explosion
Nouvel EP de Camilla Sparksss “For you the Wild” sur bandcamp.
Les disques de Camilla Sparksss sortent sur le label On the Camper Records

 

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From Louisiana to New York via …..Geneva.

Mama Rosin New York 10These three are decidedly untenable. No sooner had Mama Rosin got back from New York where they’d recorded their new studio album under the aegis of Jon Spencer, that they announced the release of three screen-printed limited editon singles. The first recording by the Souchet brothers (same line-up but without drummer Xavier Bray) is also awaited before Christmas. Guitarist and banjo player, Robin Girod, is very chatty on skype – it’s kind of normal since his head is still a bit in the USA.
How did you meet Jon Spencer?
Robin Girod : Jon Spencer plays with Matt Verta-Ray in an incredible rockabilly band called Heavey Trash. It’s real rockabilly, fine and subtle, never vulgar. His Swiss tour manager, David Schindler, gave him a bunch of Swiss CDs to listen to including ours. Once back home, Jon Spencer called him to say that he’d really liked our stuff. He suggested that we do the start of a small German tour with him as part of Blues Explosion. We had a great time together. On the last day, Jon asked us to do some recording with him at his studio in New York. We weren’t expecting any of this since up until then our relationship had been very professional.
Mama Rosin New York_3Are you scared about working with someone of this stature?
Robin Girod : We were scared beforehand, but we were also very excited about recording and playing together. Once we saw the place we were even more excited. Jon Spencer has a studio from back in the day, everything is analogue just like we like it and he shares it with Matt Vera-Ray and Iggy Pop’s drummer. We were stunned to be hanging out with people of this calibre. They were very modest, much more so than the Europeans. Jon behaved like a surgeon or possibly more like an old savant. He let us climb on board a truly fantastic ship. There was a piano and a vibraphone. He told us to try out whatever we liked. We worked nine hours non-stop everyday with a short pause and then it was over. Even if we felt like staying longer in order to work on a difficult part, he’d force us to sleep on it and come back the next day with a rested head.
The result?
Robin Girod: We’d gone with the idea of making a really different album. Whereas in fact, we made something which is an extension of our “Voodoo Rhythm” LP, but with two years of experience added on, a few rock tracks and also some rather sad ballads.
Why do you keep on bringing out limited edition vinyl tracks at the same time?
Mama Rosin New York 8Robin Girod: It’s a bit of a joke we’ve got going on with MP3 and downloading. Of course we download stuff too, but we like to put out these little hidden gems that would otherwise get lost. They bear witness to a tour or to a specific moment in our group’s existence.

(Translation Beatrice Venturini)

The new Mama Rosin, “Bye Bye Bayou” is out since november and will be released in France early 2013. You can listen and buy their music on bandcamp.

Mama Rosin will tour France and Europe at the same period.

Le disque du mois d’octobre de Swissvibes: Mama Rosin “Bye Bye Bayou”

 Ça y est: le nouveau disque de Mama Rosin sort aujourd’hui. Pour fêter la chose, les deux Genevois – Cyril Yeterian et Robin Girod – et leur batteur grenoblois Xavier Bray ont eu les honneurs d’une session live sur radio Paradiso jeudi dernier. Evidemment, il s’y sont mis en danger. Peu de répétitions, et une attitude bien rock’n’roll pour saluer la sortie de ce « Bye Bye Bayou ». « Pourquoi des adieux au bayou? » les questionne le journaliste Yann Zitouni. « Un clin d’œil à Alan Vega dont nous sommes fan et qui a fait un morceau du même nom»  répond Robin. Et aussi une volonté de sortir d’une niche dans laquelle ces trois-là auraient eu tôt fait de sentir à l’étroit. A l’écoute de ce nouvel opus enregistré à New York et produit par un autre punk, Jon Spencer, on mesure l’évolution du groupe. Qu’on se rassure, la démarche s’ancre toujours dans le Sud des Etats-Unis, entre Louisiane et cajun. Armés de leurs guitares électriques, banjo et mélodéon amplifiés et d’une batterie bien méchante, les Mama Rosin s’amusent pourtant à désosser le genre. Ils aiment la distorsion et un son « sale » et c’est plutôt excitant. Mais ils n’en perdent pas la tête pour autant et n’oublient pas les mélodies entêtantes. « Paraît qu’y pas la Temps » est déjà bien présent sur les ondes radio. Ils prennent d’ailleurs parfois leur temps, comme sur ce « Mama Don’t », aussi lent qu’inquiétant, où l’on croirait presque entendre les loups hurler. Sans cesser de s’ancrer dans différentes courants, de se référer à telle ou telle personnalité culte, les Mama Rosin s’émancipent et développent leur propre univers.

Au Studio 15, le trio attaque avec « Marilou », une chanson dédiée à la fille de Cyril et donc…. à la nièce de Robin. Car les Mama Rosin c’est aussi ça, une histoire de famille et de potes. Une sorte de communauté où, avec les moyens du bord, chacun met la main à la pâte, de la pochette de disques à leur label (Moi J’Connais Records) en passant par la réalisation de clips vidéos. Et puis il y a cette énergie si particulière qui fait que même quand ça ne tombe pas juste, tout le monde s’en fout car le moment est savoureux et qu’on n’est pas là pour se la jouer. Les Mamas, comme beaucoup les surnomment en Suisse romande, sont sur le point de s’envoler pour une tournée anglaise d’une trentaine de dates. Un tour de force quand l’on sait à quel point ce marché est peu perméable. Ils s’attaqueront ensuite à la France en 2013. En attendant, vous pouvez toujours savourer sur le net les nombreuses vidéos dont ils vont vous abreuver ces prochains jours. Et écouter leur interview sur Couleur 3.

 Mama Rosin, « Bye Bye Bayou » Moi J’connais Records.

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