Bänz Oester et les faiseurs de pluie

Rain, O Rainmaker.
Because when you rain, the soul of mankind will rejoice
Leaving the spirit of the ancestors to sleep in peace
Again, rain!

(Extrait d’un poème de Darko Antwi, Ghana)

Rainmakers_2Le disque de Bänz Oester & The Rainmakers s’ouvre sur ces mots. Une belle introduction à ces quelque six morceaux enregistrés en quatre jours à Bâle, au Bird’s Eye. Ils préfigurent d’une musique fulgurante où l’ont reconnaît des bribes de folklores, un piano sud-africain mais surtout un sens de l’improvisation forcené. Les Rainmakers sont la rencontre  de deux musiciens sud-africains – Africa Mkhize, Ayanda Sikade – et de deux musiciens suisses, le contrebassiste Bänz Oester et son ami saxophoniste Ganesh Geymeier.

 J’aime ce groupe pour son esprit démocratique” (Africa Mkhize)

L’histoire a commencé en 2011 au National Arts Festival de Grahamstown. Bänz Oester y est invité avec son ami Andreas Schaerrer. Les rencontres avec les musiciens locaux sont multiples, mais le coup de foudre avec Africa Mkhize et Ayanda Sikade est immédiat. « C’est drôle, on peut ne pas se voir pendant une année. On se met à répéter et en trente minutes, nous sommes en sueur. Cela ne m’était jamais jusque-là » s’exclame le contrebassiste connu aussi pour être un membre du Who Trio.

Un an plus tard, ces quatre-là se retrouvent en Suisse, tournent et enregistrent. Pour célébrer la sortie de ce premier opus des Rainmakers, les musiciens sont repartis à la conquête des scènes de Suisse.

Ils terminaient leur tournée à Lausanne au Chorus, pour deux sets magistraux où le piano percussif de Africa Mkhize se plongeait dans les folies d’une rythmique qui semblait libre de toute contrainte et d’un sax aussi séducteur que surprenant. « J’aime ce groupe pour son esprit démocratique. Chacun contribue. Une idée peut amener dans n’importe quelle direction. Dans mon quartet sud-africain, on a plus tendance à maîtriser les idées. » explique le sourire aux lèvre Africa Mkhize à la sortie du dernier concert de la tournée, au Chorus de Lausanne.

« Nous ne cherchons pas à faire un morceau de yodel avec un rythme africain » (Bänz Oester)

Rainmakers_photo 1Des compositions originales (signées de lui ou de Bänz Oester), des standards de jazz, des morceaux issus du folklore bulgare ou suisse, toutes les musiques sont à portées d’instrument. «Ce n’est pas un concept de producteur, précise Bänz Oester. « Nous ne cherchons pas à faire un morceau de yodel avec un rythme africain. Tout part d’abord du cœur. On ne peut jouer le morceau à notre manière que si on aime le morceau. »

 « C’est ma voix qui me permet d’entrer en contact avec le piano» (Africa Mkhize)

La musique de ces quatre-là est porteuse, porteuse d’émotions, porteuse d’univers musicaux en constante mutation, du free à la ballade. A Chorus, penché sur son piano, Africa Mkhize semble absorbé par son instrument, sa voix laissant échapper parfois cris, murmures, scat. «Je joue tous les soirs sur des pianos différents, sur lesquels tant de mains sont passées. Ma voix est la seule façon d’entrer en contact avec eux» explique celui qui joua pendant près de dix ans avec Miriam Makeba. » Ses doigts effleurent, voltigent, frappent les touches blanches et noires, ouvrent la porte de la spiritualité, une porte par laquelle, ses trois comparses s’empressent de s’engouffrer.

Bänz Oester & The Rainmakers, « Playing at The Bird’s Eye » (Unit Records)

 

Rom Schaerer Eberle: At The Age of Six I Wanted To Be A Cook

artworks-000056794141-a88nt2-t500x500“At the Age of Six I wanted To be A Cook” by Rom Schaerer Eberle takes you gently by the hand into the landscape of childhood. There are lullabies oozing with ‘mother-love’, sounds of jumpy kids at play and simple, stare-into-space tracks. The achingly sweet vocal ‘stories’ of Royal Family are sung by Schaerer; his warm, steady tone flowing with imagined words whilst Eberle plays the horn with a simplicity that is both melancholic and uplifting. Rom caresses his guitar to sound different on every track whilst always creating spacious, considered and sensitive notes. At times you can almost see the coils of his A string as every scrape and pluck resonate.

Cooking the Books is a stand-out track with its robotic opening giving way to the most exquisite refrain of vibing guitar and melodic trumpet, echoed by Schaerer’s vocal-trumpet notes. Syncopated dabs of sparse rock-guitar and buzzing mouth harp serve to heighten the beauty of the theme; the guitar bending and entwining you with its longing. It holds you.

This is a well-blended trio, each echoing the others’ voices, never trying to dominate, but I missed the fizzing energy that comes with an extended solo. In Triple Prism, Schaerer explores higher vocal registers to ghostly effect but Eberle and Rom become a mere reflection as opposed to a solid presence.

I liked Eberle’s When I Was Seven I Wanted to be Napoleon, led with great panache by Schaerer’s Cabaret-style MC. The drunken slurs of Eberle’s trumpet and Rom’s guitar draw a George Grosz sketch of a flea-bitten bar with wrinkled, topless ‘dancers’ slouched on faded velvet, but again, I wanted it to go further. Lou is the final lullaby to tuck us up in bed, but sometimes I craved something more adult – where each musician had the freedom to delve into their wonderfully creative themes in a deeper and more explosive way.

“At the Age of Six I wanted To be A Cook” by Rom Schaerer Eberle  was released in September 2013 on JazzWerkstatt Records. Tour dates include:
Rom Schaere Eberle played Bern (CH), Beeflat, the 4th Dec, and London (UK), Vortex, 8th Dec
Next concert: Zurich (CH),  Moods, 12th Dec

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