Dog Almond “Drifting Animals” LP

a2445370845_10Christophe Calpini and Franco Casagrande are two busy, genre-defying, musical pedigrees who play around with styles as they play around with projects. With CVs as long as their arms, their musical journeys are both peppered with collaborations that read like the Swiss Who’s Who of the electro-jazz, indie-folk, reggae and hip hop scenes. Calpini – a veteran drummer, knob twiddler, arranger and producer, who made his mark back in the 90s with Silent Majority, then continued via Eric Truffaz, Alain Bashung, and set up cult underground projects in the shape of Mobile in Motion and Stade. Casagrande – best known as the guitarist in the Swiss reggae band The Moonraisers, errant collaborator with outfits as varied from Chapter to Awadi, and master of a very capable vocal talent.

Ready to bite

‘Drifting Animals’ is the third Dog Almond LP recently issued on their own label, altogether a different affair from their quirky, groovy-edged “In Dog We Trust” of 2010 where the pooches were cute, cuddly and playful. Here the dogs are in a more sombre mood and are ready to bite. As the album cover suggests, intricate beauty sits aside danger, decay and darkness. The sound is fuller, larger, played live and loud. Distorted guitars, reverberating drums, vocoder voices add a depth and perspective which is at times melancholy, other times angry, always emotionally and musically audacious.

Epic, moody, multi-textured, swirling pop songs

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Setting the tone perfectly is the opening track, “Dull Knife”, a richly menacing and dubby instrumental soundtrack, (imagine a would-be Tarantino reggae Western), greatly coloured by the baritone sax of Ganesh Geymeier. There’s an ambiant, trip-hoppy vibe that then takes over, big beats played sparse and wide giving room to highlight Casagrande’s vocal abilty that sits well in both a soft pop frame as that of fierce rocker. For some reason comparisons with Depeche Mode are springing to mind – epic, moody, multi-textured, swirling pop songs that could seduce a daytime radio listener as much as the stadium rock fan. “If it’s easy” is a typical example of a darkly captivating, tortured love song that sucks you in and spews you out thanks to less-is-more pacing, crafty sinister reverbs and an emotionally-sensitive vocal. My money sits with the closing track, “Inventing a moment”: deceptive languid melancholia set on fire by wonderful string arrangements and the guest-featured sax that swirls us into a heady jazz-tinged finale.

Dog Almond forthcoming gigs:

7/03/14: Chat Noir-Carouge (Ge)

28/03/14: Le Bout Du Monde – Vevey (Vd)

3/05/14: Hacienda-Sierre (Vs)

Bänz Oester et les faiseurs de pluie

Rain, O Rainmaker.
Because when you rain, the soul of mankind will rejoice
Leaving the spirit of the ancestors to sleep in peace
Again, rain!

(Extrait d’un poème de Darko Antwi, Ghana)

Rainmakers_2Le disque de Bänz Oester & The Rainmakers s’ouvre sur ces mots. Une belle introduction à ces quelque six morceaux enregistrés en quatre jours à Bâle, au Bird’s Eye. Ils préfigurent d’une musique fulgurante où l’ont reconnaît des bribes de folklores, un piano sud-africain mais surtout un sens de l’improvisation forcené. Les Rainmakers sont la rencontre  de deux musiciens sud-africains – Africa Mkhize, Ayanda Sikade – et de deux musiciens suisses, le contrebassiste Bänz Oester et son ami saxophoniste Ganesh Geymeier.

 J’aime ce groupe pour son esprit démocratique” (Africa Mkhize)

L’histoire a commencé en 2011 au National Arts Festival de Grahamstown. Bänz Oester y est invité avec son ami Andreas Schaerrer. Les rencontres avec les musiciens locaux sont multiples, mais le coup de foudre avec Africa Mkhize et Ayanda Sikade est immédiat. « C’est drôle, on peut ne pas se voir pendant une année. On se met à répéter et en trente minutes, nous sommes en sueur. Cela ne m’était jamais jusque-là » s’exclame le contrebassiste connu aussi pour être un membre du Who Trio.

Un an plus tard, ces quatre-là se retrouvent en Suisse, tournent et enregistrent. Pour célébrer la sortie de ce premier opus des Rainmakers, les musiciens sont repartis à la conquête des scènes de Suisse.

Ils terminaient leur tournée à Lausanne au Chorus, pour deux sets magistraux où le piano percussif de Africa Mkhize se plongeait dans les folies d’une rythmique qui semblait libre de toute contrainte et d’un sax aussi séducteur que surprenant. « J’aime ce groupe pour son esprit démocratique. Chacun contribue. Une idée peut amener dans n’importe quelle direction. Dans mon quartet sud-africain, on a plus tendance à maîtriser les idées. » explique le sourire aux lèvre Africa Mkhize à la sortie du dernier concert de la tournée, au Chorus de Lausanne.

« Nous ne cherchons pas à faire un morceau de yodel avec un rythme africain » (Bänz Oester)

Rainmakers_photo 1Des compositions originales (signées de lui ou de Bänz Oester), des standards de jazz, des morceaux issus du folklore bulgare ou suisse, toutes les musiques sont à portées d’instrument. «Ce n’est pas un concept de producteur, précise Bänz Oester. « Nous ne cherchons pas à faire un morceau de yodel avec un rythme africain. Tout part d’abord du cœur. On ne peut jouer le morceau à notre manière que si on aime le morceau. »

 « C’est ma voix qui me permet d’entrer en contact avec le piano» (Africa Mkhize)

La musique de ces quatre-là est porteuse, porteuse d’émotions, porteuse d’univers musicaux en constante mutation, du free à la ballade. A Chorus, penché sur son piano, Africa Mkhize semble absorbé par son instrument, sa voix laissant échapper parfois cris, murmures, scat. «Je joue tous les soirs sur des pianos différents, sur lesquels tant de mains sont passées. Ma voix est la seule façon d’entrer en contact avec eux» explique celui qui joua pendant près de dix ans avec Miriam Makeba. » Ses doigts effleurent, voltigent, frappent les touches blanches et noires, ouvrent la porte de la spiritualité, une porte par laquelle, ses trois comparses s’empressent de s’engouffrer.

Bänz Oester & The Rainmakers, « Playing at The Bird’s Eye » (Unit Records)

 

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