Bonne nouvelle : les bons pianistes romands se mutiplient!

Malcolm Braff et ses microrythmes, Michel Wintsch et son piano global, habité de sons annexes, Colin Vallon en trio ou en collaboration avec Nicolas Masson (Parallels) et Elina Duni, Marc Perrenoud et son power trio en perpétuelle ébullition, Leo Tardin maître des cérémonies de son grand Pianoramax, Johann Bourquenez, tête pensante de Plaistow (sans oublier le Fribourgeois Florian Favre et d’autres plus jeunes) : le pianistes romands sont légion. D’eux d’entre eux se disputaient les faveurs du public samedi soir au Festival Jazz Onze +.

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Gauthier Toux n’est pas Suisse, mais presque! Français, il a fait ses classes à la HEMU de Lausanne. En combo avec le batteur un brin énervé, Maxence Sibille (un autre Français de Lausanne) et le contrebassiste danois Kenneth Dahl Knudsen, Gauthier Toux jongle entre Fender Rhodes et piano. Il faut dire que le pianiste a beaucoup de choses à dire, beaucoup de territoires musicaux à défricher. Gautier Toux a ici le doigté classique, là un penchant pour l’improvisation jazz, Son trio est traversé par le feu du funk, par l’énergie du hip hop. Il surprend aussi en flirtant avec des rythmiques empruntées aux musiques de danse ou au rock. Avouant avoir été être influencé par Jason Moran ou Eric Legnini, le Gautier Toux trio séduit par son énergie jubilatoire et communicative et sa palette de sons variées. Il faut pourtant s’échapper après 40 minutes de concert : direction la salle Paderewski où Gabriel Zufferey s’illustre lui en solo. Et un concert solo ça se déguste de bout en bout!

“La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée

Gabriel Zufferey n’hésite pas à citer Platon sur son site Internet pour proclamer haut et fort son credo: une vision transcendante de la musique et un esprit vif toujours sur le qui-vive.  Samedi soir, le pianiste romand a choisi de placer sa performance sous le haut patronage de Bill Evans auquel il consacre son morceau d’ouverture et de clôture. Depuis qu’il a quinze ans, Gabriel Zufferey est considéré comme le petit génie du piano de ce côté-ci du la Léman. Désormais trentenaire, Zufferey n’est plus seulement un phénomène: il allie aujourd’hui à son intuition, une maturité et une dextérité toujours aiguisée. Couché sur son piano, on ne sait pas vraiment qui de ses doigts, de sa tête ou de son cœur contrôle la performance. Gabriel Zufferey peut caler sa main droite sur boucle rythmique de trois notes jusqu’à friser la saturation pendant que sa main gauche tourne autour de ce trinôme, semble parfois vouloir s’échapper pour de bon, mais n’y parvient jamais. Avec un petit air de professeur Tournesol, Gabriel Zufferey est un personnage et un artiste à la fois. Parfois drôle, parfois lunaire, il est capable d’évoquer  Satie, l’anniversaire de son amie et de jouer avec l’alphabet pour dire que le plus important est que sa musique vient du cœur. Gabriel Zufferey officie aussi dans un trio, Paralog, non moins libertaire, dont le nom  vient du grec paralogos qui signifie absurde…

 

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Paralog @ Live in Vevey

Comment dire.
Il s’agit du plus beau trio de jazz suisse du moment. C’est à en perdre ses superlatifs.

photo paralogGabriel Zufferey (p), Christoph Hutzinger (b), Domi Chansorn (dm)

A la composition et au piano, l’extraordinaire genevois Gabriel Zufferey, petit prodige qui a commencé tout gamin aux côtés de Daniel Humair, et dont la fougue et le cœur laissent toujours pantois; à la batterie, Domi Chansorn, batteur multi-instrumentiste touche-à-tout, toujours avec ce beau feeling souple qu’on retrouve d’ordinaire plutôt chez les félins que chez les humains; et enfin Christophe Utzinger à la contrebasse, clef de voûte sobre et solide du puissant groove général.

Paralog allie virtuosité et inventivité, en partant à la recherche d’un langage propre, parallèle, paralogue. Des improvisations élaborées comme une toile sur laquelle s’organiseraient repères et émancipations. Une musique toujours au maximum de sa force, même dans les instants de retenue, et toujours dans un feu d’harmonies.

Un album est en préparation, et le groupe est en résidence à “Live in Vevey” au Théâtre de l’Oriental à Vevey tout prochainement. C’est évidemment à ne pas manquer.
Le site de Paralog

Live in Vevey – Théâtre de l’Oriental (rue d’Italie 22, 1800 Vevey)
du 25 mars au 4 Avril 2015
mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 20h
Entrée au chapeau
le site de Live in Vevey

A écouter également le 31 mars dans l’émission Jazzz sur Espace 2

The Schaffhausen Jazz Festival 2014

As I walked into the ex-yarn factory, Kulturzentrum Kammgarn, it was clear the organisers put passion and care into their festival. The place was warm and intimate with candlelit tables and there was a relaxed, convivial vibe. Over four evenings the audience was treated to a variety of Swiss improvised music and there was a day of professional talks.

Without doubt, this is an ambitious festival

I missed the compelling Elina Duni Quartet who opened the event, but was there to experience BASH. I’m getting to know Lukas Roos through his outfit, pommelHORSE, but here the clarinetist/saxophonist played with guitarist, Florian Möbes, Domi Chansorn on drums and Samuel Gfeller on graphic novel, literally. A massive screen behind the band showed the story of a prisoner drawn into increasingly twisted events that lead to his end. The style of Gfeller’s drawings, Robert Crumb in feeling, are so powerful that at times, I tuned out their sensitive and minimal music. On speaking to Roos he explained that cutting the set to 40 minutes affected the balance – a point echoed by Andreas Schaerer and Rusconi on appearing at this festival.
Arte Quartett

Schaerer’s vocal noises ran amok

Andreas Schaerer was performing Perpetual Delirium, his composition for the saxophonists, the Arte Quartett with Wolfgang Zwiauer on electric bass. It had the quartet interlacing with a naturalness that was almost child-like in it’s fun and freedom. There were fascinating textures as soprano sax took over from alto, or tenor had a furious and thrilling exchange with the baritone, whilst Schaerer’s vocal noises ran amok adding sparkle, or hiding within their vibrant sound.

For pianist Gabriel Zufferey the time limit was perfect. His music was fluid with notes as sweet as fluttering butterflies yet underpinned by such knowledge and skill that he came across as an eccentric wizard. I liked the echoes of classical music and he incorporated an Eric Satie piece – it might sound tacky, but in his hands it lifted the hearts of the audience who then demanded two encores.

Is Rusconi’s music, jazz, or not?!

I was recently critical of Rusconi‘s gig at the Cully Jazz festival, but at Schaffhausen they were more confident in their ideas and I totally got into the groove of Hits of Sunshine and am warming to the strangeness of Change Part 1. However, on talking to some of the European promotors invited to the festival, questions emerged – is Rusconi’s music, jazz, or not? Is it gimmicky or authentic? I felt some answers were suggested by Gerry Godley of 12 Points who tackled the issue of the future(s) of jazz in his presentation with cartoons from Patrick Sanders, at the festival. But I’ll go into that more in my next Swiss Vibes’ blog, ‘How is Jazz?’

In the meantime I’ll leave you with the Bill Evans‘ quote that Godley used, “Jazz is not a what, it is a how. If it were a what, it would be static, never growing. The how is that the music comes from the moment, it is spontaneous, it exists at the time it is created.” If the Schaffhausen Jazz Festival has its sights set on being a relevant platform for jazz then it needs to continue putting on bands that question our perception of this rich and challenging music, as well as, those that celebrate it.

Cartoon by Patrick Sanders

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