Yellow Teeth: “Night Birds”

yellow_teeth_night_birds_cover_jpegVon Ridgecrest nach Sion

Ridgecrest hiess das Städtchen – eine Kleinstadt in der kalifornischen Wüste. Meine Weggefährten und ich erholten uns dort von einer langen Autofahrt, kochten Supermarkt-Käse-Macaroni auf dem Parkplatz vor unserem Motelzimmer und blickten die lange Strasse hinunter, im Hintergrund die Gipfel der Sierra Nevada. Klingt ein wenig klischeehaft, doch so hat es sich tatsächlich abgespielt. Gefehlt hat einzig die passende Musik. Als ich vor einigen Tagen das erste Mal Yellow Teeths Debütalbum «Night Birds» durchhörte, dachte ich mir: “Ach, wie gut er in diese Szenerie reinpassen würde, wie er auf der Ladefläche eines dreckigen Pickups seine Lieder vorträgt.”

“Night Birds” erzählt Geschichten

Es sind simple Verse, sanftes Gitarren-Picking, die eindringlichen Mundharmonika-Klänge, welche uns die Geschichten lebhaft vor Augen führen. Das wohl beeindruckendste und ergreifendste Element der zehn Folksongs ist aber die Stimme. Manchmal überschlägt sie sich und manchmal werden Wörter fast verschluckt. Die Geschichten erhalten aber gerade dadurch Authentizität. Man glaubt keine Sekunde lang, dass Tiziano Zandonella, der hinter dem Künstlernamen Yellow Teeth steckt, leere Floskeln runterrasselt.

Ohne Pathos und frei von abenteuerlichen Effekten entfalten die Songs auf dem Album ihre Wirkung vollends. Der Song «Lou Jane» etwa mit dem Mundharmonika-Solo, das einen bis in die Träume verfolgt, ist schlichtweg schaurig schön. Und hätte Yellow Teeth vor sechs Jahren in Ridgecrest von der Ladefläche eines Pickups «Love comes from her heart, love comes from her heart» in die trockene Wüstenluft gerufen, er hätte uns die perfekte amerikanische Idylle beschert.

“Night Birds” wurde am 29.08.2014 veröffentlicht (Vitesse Records)

Yellow Teeth bandcamp

Die aktuellen Konzertdaten findest du hier!

La dentelle d’Olivia Pedroli

op_media32Deuxième création présentée dans le cadre du Cully Jazz, la chanteuse neuchâteloise Olivia Pedroli présente au Temple les chansons de son album A Thin Line, en avant-première.

En 2010, elle était passée de « Lole » – un projet de chanson pop, un peu folk – à « Olivia Pedroli » en sortant The Den, album intimiste aux textures classieuses ; un changement de cap aussi déroutant que réussi. « J’ai commencé jeune, puis j’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes qui m’ont permis de révéler ce monde intérieur ». En l’occurrence, le producteur complice de Björk, CocoRosie ou encore Feist, l’Islandais Valgeir Sigurðsson.

“Ces dualités qui règnent en nous… “

C’est naturellement qu’elle est retournée à Reykjavik pour ce nouvel album à paraître en septembre, avec l’envie d’approfondir les choses, de « creuser un sillon, trouver une cohérence ». « Ce sont les dualités qui règnent en nous qui m’ont intéressées, d’où le titre A Thin Line : ces moment très particuliers ou se rencontrent les doutes et les certitudes. Comment aller à la rencontre de nos propres paradoxes, lorsque tout est clair mais rien n’est sûr. Et nous vivons dans une époque où il est nécessaire de jongler en permanence. » Elle évoque un album réfléchit en plusieurs temps, conçut pour un support vinyle qui conditionne en beauté l’écoute de la musique, avec « une grande recherche sur la forme ».

Hiver nomade et printemps acoustique

Son parcours classique de violoniste lui a permis d’apprendre à composer la musique, chose qu’elle tend à faire de plus en plus. “Il y a trois univers assez distincts que j’aime faire se rejoindre: une écriture folk, les arrangements classiques avec des cordes ou des cuivres, et une architecture sonore faite de textures électroniques.” Elle a dernièrement composé pour le film “Hiver Nomade”, pour lequel elle a été nominée au Quartz du Cinéma Suisse, et travaille actuellement sur le thème du loup avec le Musée d’histoire naturelle de Neuchâtel. Des collaborations transversales qui permettent un autre regard, et de souvent découvrir “la beauté insoupçonnée des choses simples”.

L’exercice de ce soir au CullyJazz Festival – réarranger ses morceaux pour une petite église – est une belle « zone de frottement ». En tentant le tout acoustique, il lui a fallut trouver des alternatives aux textures électroniques, s’approprier les résonances, « jouer avec les contraintes, ce qui amène paradoxalement une forme de liberté, car il faut aller dans le fond plutôt que plus haut ou plus loin. » Travail harmonique, improvisation des textures, beaucoup d’écriture. Pour l’occasion, elle s’est entourée de musiciens qu’elle connaît bien aux violon, violoncelle, percussions et contrebasse. Un projet qu’elle espère ensuite faire tourner dans des lieux insolites, en marge de sa formation électrique en trio (Rhodes, électronique, piano), à l’automne. On pourra revoir cet ambitieux projet acoustique dans la sublime Abbatiale du Bellleay le 5 juillet prochain.

Le site d’Olivia Pedroli

Soraya, entre la Suisse et la Tunisie

Soraya & Maxime SteinerLe gros stress d’un artiste est souvent d’être face à une salle frappée d’inertie. Il doit alors en faire des tonnes jusqu’à ce que les gens se lèvent de leurs chaises et se mettent à bouger. Le 15 novembre 2012 au Lido Comedy Club à Lausanne, Soraya Ksontini prend les choses à l’envers. A peine le premier morceau terminé, elle s’accroupit et demande aux gens de s’asseoir par terre. Sa façon à elle de les faire entrer dans son univers intime et particulier.

Car l’univers de Soraya Ksontini est très particulier. Ce concert lausannois célébrait la parution de son premier EP de quatre titres, « Soraya & Me ». Un trio polyvalent avec Maxime Steiner à la guitare et aux claviers, Felix Bergeron à la batterie et aux percussions et Soraya Ksontini qui jongle avec deux micros pour juxtaposer ses différentes parties vocales. Des comptines apparemment simples, mais qui oscillent entre chanson française, arabe et folk et dans lesquelles sourdent anxiété, inquiétude, interrogations. Soraya Ksontini est née de parents tunisiens à Lausanne. Elle chante depuis son plus jeune âge; sans perdre la tête. Elle participe à la Star Academy Maghreb en 2004 avant de se lancer dans des études de relations internationales, puis d’anthropologie.

Depuis 2006, elle affine son projet solo. Les quatre titres de son EP ne tombent donc pas du ciel,mais ont été longuement mûris. Surtout depuis qu’elle travaille avec le réalisateur Maxime Steiner (Trip’In, Aliose). Avec lui, elle a passé des heures dans son studio de Gland, à deux pas des voies ferrées, à chercher des sons sur des instruments orthodoxes, mais aussi sur des machines à café, tuyaux, billes et clous. A chaque fois que le train passe, il faut s’arrêter. Puis recommencer. Quelques mois plus tard, elle en ressort avec ces quatre drôles de ritournelles : une berceuse pour adulte (« Ya Weldi »), un titre inspiré par Woody Allen (« Woody & Moi »), un autre par une photo angoissante (« Odorantes ») et un blues de son crû (« Red Night Blues »).

Pour le moment, Soraya Ksontini fait tout toute seule, mais elle est à la recherche d’une vraie structure de production qui pourrait la prendre sous son aile. Elle a beaucoup d’autres morceaux dans son escarcelle. Qu’on se le dise…

Les quatre morceaux de Soraya sont disponibles sur Itunes et dans les Fnac de Suisse

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