Le journal de Johann Bourquenez (Plaistow) en Inde, chapitre 1

Johann Bourrquenez ©Alex Naselenko

Johann Bourrquenez ©Alex Naselenko

Du 23 au 30 novembre, Johann Bourquenez, Cyril Bondi et Vincent Ruiz sont en Inde pour y donner six concerts avec leur trio préféré, Plaistow. Le pianiste Johann Bourquenez se prête au jeu du journal de bord. A lire en écoutant ou en réécoutant (puisqu’on ne peut pas se téléporter en Inde) l’excellent dernier opus du groupe, “Citadelle” (lien soundcloud au bas de l’article). Première halte à:

Samedi 23 nov – 11h10 – Hyderabad

Nous sommes arrivés hier a Mumbai, vers 1h du matin. un taxi de l’hôtel nous attend comme prévu. Concert de klaxons dès le parking. Circulation assez intense même à cette heure de la nuit. Il fait 15 degrés et l’air est plutôt épais et chargé d’odeurs chaudes.

On dort vite fait 3 petites heures, tous dans la même chambre qui sent la naphtaline. A 5h30, Shrinivas (Shrini) arrive a l’hôtel et nous repartons à l’aéroport pour Hyderabad, première ville ou nous jouons. Shrini sera notre tour manager pendant toute la tournée, c’est la première fois que nous sommes accompagnés tout le temps. Quelques security check, on me dévalise mes deux briquets. Arrivée a Hyderabad, trajet de 30 minutes pour l’hôtel, cette fois un hôtel plutôt business class.

Pendant le trajet, des squelettes d’immeubles pas finis avec leurs échafaudages de bambou, au milieu d’autres immeubles habités, parfois un peu des deux, l’autoroute suspendue qui traverse tout à 10 mètres du sol, des collines en pierres rouge empilées comme par un géant, une circulation dense où tout le monde klaxonne tout le temps. Il pleut un peu. Il fait 20 degrés. Je tue un tout petit moustique dans la voiture. Des motos qui doublent n’importe ou avec trois personnes sans casque, des gens qui traversent la route au milieu de nulle part. Un quartier pauvre juste avant d’arriver. Il y en a un juste à côté de l’aéroport de Mumbai, on voit les baraques par le hublot de l’avion qui décolle.

On mange un peu, je n’ai pas faim alors que tout a l’air très bon, j’ai l’impression d’entendre un choeur d’Européens en train de dire: “Ah, j’adore l’Inde, c’est incroyable, et puis la bouffe c’est incomparable, etc…” puis on a une sieste jusqu’à 15 heures, puis repas, puis soundcheck à 16, puis repas, puis concert à 19h30. Ce soir on est le seul groupe. Je fume une cigarette devant l’hôtel en regardant et en écoutant la rue, puis les peintures sur les murs. Tout est dense, pourtant c’est une “petite” ville ici, l’air, les sons. Je manque un peu de sommeil et me sens flottant.
J’écris ça. Je n’ai pas encore pris de photo. C’est pas pareil d’écrire. expérience…
Il est 15h30 je vais dormir un peu.

From Louisiana to New York via …..Geneva.

Mama Rosin New York 10These three are decidedly untenable. No sooner had Mama Rosin got back from New York where they’d recorded their new studio album under the aegis of Jon Spencer, that they announced the release of three screen-printed limited editon singles. The first recording by the Souchet brothers (same line-up but without drummer Xavier Bray) is also awaited before Christmas. Guitarist and banjo player, Robin Girod, is very chatty on skype – it’s kind of normal since his head is still a bit in the USA.
How did you meet Jon Spencer?
Robin Girod : Jon Spencer plays with Matt Verta-Ray in an incredible rockabilly band called Heavey Trash. It’s real rockabilly, fine and subtle, never vulgar. His Swiss tour manager, David Schindler, gave him a bunch of Swiss CDs to listen to including ours. Once back home, Jon Spencer called him to say that he’d really liked our stuff. He suggested that we do the start of a small German tour with him as part of Blues Explosion. We had a great time together. On the last day, Jon asked us to do some recording with him at his studio in New York. We weren’t expecting any of this since up until then our relationship had been very professional.
Mama Rosin New York_3Are you scared about working with someone of this stature?
Robin Girod : We were scared beforehand, but we were also very excited about recording and playing together. Once we saw the place we were even more excited. Jon Spencer has a studio from back in the day, everything is analogue just like we like it and he shares it with Matt Vera-Ray and Iggy Pop’s drummer. We were stunned to be hanging out with people of this calibre. They were very modest, much more so than the Europeans. Jon behaved like a surgeon or possibly more like an old savant. He let us climb on board a truly fantastic ship. There was a piano and a vibraphone. He told us to try out whatever we liked. We worked nine hours non-stop everyday with a short pause and then it was over. Even if we felt like staying longer in order to work on a difficult part, he’d force us to sleep on it and come back the next day with a rested head.
The result?
Robin Girod: We’d gone with the idea of making a really different album. Whereas in fact, we made something which is an extension of our “Voodoo Rhythm” LP, but with two years of experience added on, a few rock tracks and also some rather sad ballads.
Why do you keep on bringing out limited edition vinyl tracks at the same time?
Mama Rosin New York 8Robin Girod: It’s a bit of a joke we’ve got going on with MP3 and downloading. Of course we download stuff too, but we like to put out these little hidden gems that would otherwise get lost. They bear witness to a tour or to a specific moment in our group’s existence.

(Translation Beatrice Venturini)

The new Mama Rosin, “Bye Bye Bayou” is out since november and will be released in France early 2013. You can listen and buy their music on bandcamp.

Mama Rosin will tour France and Europe at the same period.

Les judicieux mélanges de Label Suisse

RoninDu 13 au 15 décembre,  Label Suisse a frappé un grand coup en investissant les clubs Lausannois. Plus que jamais le festival gratuit bisannuel a mélangé les genres. A signaler en particulier une soirée jazz qui a démarré au D’Club avec l’incroyable Nik Bärtsch et son groupe Ronin. Jouant sur les répétitions, les modulations, les combinaisons infinies de phrases musicales, ce groupe tient sur l’incroyable précision de ses musiciens. Mention spéciale au leader de l’ensemble ainsi qu’au batteur Kaspar Rast et à la personne aux lumières, dont les changements d’éclairage semblaient être calculés au centième de seconde.

Guillaume PerretA peine le temps de souffler et de s’extraire du temple de la dance music qu’il faut se précipiter de l’autre côté de la rue, à la Mecque du rock (Le Romandie) pour voir Guillaume Perret se déchaîner sur son sax et ses pédales d’effets. Que dire ? Par moment on a l’impression que son souffle part de ses tripes, le transperce et se transmet comme une onde à l’entier du public, sous le choc. La classe. « En plus du mélange des styles, cette édition a mélangé les publics, souligne Marc Ridet coordinateur et âme pensante de ce Festival dans lequel on croise aussi des programmateurs de haut vol (Jazz à Montréal, les Eurockéennes, les Nuits du Botanique). A l’église Saint-François le samedi la prestation de Francesco Salis et de la chanteuse de gospel La Velle Duggan puis celle d’Olivia Pedroli furent remarquées. « Le festival a prouvé que la musique suisse fédérait le public suisse. Avant les Romands avaient tendance à se tourner culturellement vers la France. Maintenant, ils sont plus sensibles à ce qui se fait en Suisse allemande. Paradoxalement, les Suisses allemands chantent d’ailleurs désormais pour la plupart en anglais ! »

Pas étonnant dès lors, que deux des groupes les plus remarqués furent deux groupes hybrides, tous deux originaires de Genève. The National Fanfare Kadebostany et son mélange de cuivres, de techno et les Mama Rosin qui conjuguent bayou et énergie punk !

>Ecoute et extraits des concerts sur le site de la RTS.
>Ecoute de la compilation numérique Label Suisse ici!
>Et encore le festival vu par les Français avec le reportage audio de Solnix écoutable sur le site Internet de Télérama.

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