Trois clips vidéos pour faire passer l’hiver

En ce début du mois de février, les températures me donnent surtout envie de rester sur la couette. Ça tombe bien, les Suisses sont plutôt doués pour les clips. Voici mes 3 vidéos préférées du moment à visionner et revisionner sans modération.

Larytta_OsamaLarytta “Osama Obama” (Label Creaked)

Déjà encensé sur Youtube (avec près de 60 000 vues), le single “Osama Obama” est l’un des 5 clips suisses nominés au Best Swiss Vidéo Clip au M4Music Festival. Ce film d’animation signé Julien Mercier  a pris pour prétexte la soit disant ressemblance entre Obama et Osama (Ben Laden) et confronte la journée de deux personnages que tout sépare (sauf la drogue…). Drôle, bien fichu et avec une mélodie electro-pop plus qu’entêtante. N’hésitez plus, et allez voter ici avantle 25 mars 2015!

Bauchamp feat Tsunami “Afroskank” (Label Argent Sale)

Bauchamp est un DJ et producteur du bout du lac qui s’est amouraché d’un morceau de rocksteady de Paul Francis. Il l’a réécrit en compagnie du Jamaïcain Tsunami. La mise en image de Gertrude Tuning fonctionne sur le principe du découpage et du décalage chronologique. Aux dires mêmes de Bauchamp: ” Le morceau a été testé et fonctionne autant dans le contexte d’un mariage entre Beyoncé et Michael Jackson que dans les clubs les plus undergrounds”. Alors, n’hésitez plus et suivez les instructions: “Shake it, shake it…”

Pour ceux qui comme moi en redemandent, on peut toujours aller jeter un coup d’œil à l’original réédité en 2005 par l’excellent label londonien Soul Jazz.

Verveine, Antony (Creaked Records)

Enfin petit clin d’œil 100 % helvétique de Verveine pour annoncer la sortie d’un nouveau EP de son projet solo électronique en mars 2015 . Après son passage remarqué aux Transmusicales de Rennes en décembre et quelques critiques dithyrambiques dans la presse française, l’austère Verveine s’amuse et nous aussi!

Sex & Videos & Rock’n’roll

La pop suisse s’est trouvée un nouvel étendard visuel: tous à poil!

Une obsession de la jambe à l’air qui transcende les “genres” de la folk au slam. Oubliée la grande déclaration de Clémenceau, “le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier“. Ce qui compte maintenant, c’est de faire tomber la feuille de vigne.

Anna Aaron “Linda”
On aurait pu croire la Bâloise aussi sage que ses chansons

Dans son précédent clip “Stellarling”, Anna Aaron se montrait en Piéta dans les bois, tenant délicatement son hipster christique sur ses genoux, avec la douceur d’un cours de catéchisme. Mais sur “Linda”, elle oppose sa beauté froide et ses rondeurs serrées dans un pull moulant, au corps nu, terriblement sec, de la danseuse et performer Oriana Cereghetti.

Introduction plastique, anti-érotique, à la morphologie humaine qui s’offre aux regards devant un mur noir et quelques néons. L’esprit torturé par Godwin pourrait y trouver des réminiscences contemporaines des “Dieux du stade” (ceux du documentaire allemand avec Leni Riefensthal, pas le calendrier des rugbymen français), pourtant si éloignées des jolies élégies de son dernier album “Neuro”, à paraître en Suisse le 28 février (et en France le 11 mars).

Kadebostany “Jolan”
Erotisme crypto-fasciste et vaguement sado-maso…

C’est  le parti-pris visuel des derniers clips de Kadebostany. Alors même que la fanfare électro semblait plutôt lorgner du côté des anciennes démocraties populaires de l’Est, le grand leader Kadebostan, en costume d’apparat, s’y montre toujours entouré de deux amazones aux jambes gracieuses et aux poses ouvertement lascives sous l’uniforme. Sans hésiter à enlever le haut parfois, mais toujours de manière fugace.

Comme chez Anna Aaron, ces visions subliminales s’appliquent sur fond noir et néons clinquants, pour mieux mettre en valeur cette esthétique d’une froideur infinie. Un choix d’autant plus étonnant que les paroles de “Jolan” semblent dire le contraire de ce qui est montré ” Ho, je me sens si haut quand tu es prêt de moi […] et je suis sûr que nous pourrons traverser l’univers” chante Kadebostan avec un romantisme insoupçonnable derrière se poses martiales.

Puts Marie “Pornstar”
Chez les Puts Marie, on se fait plus explicite…

Les rockers de Bienne, parmi lesquels Nick Porsche, réanimés après une longue période de sommeil, ont frappé un grand coup avec “Pornstar”, tiré de leur EP, au titre tout aussi transparent, “Masoch”. Emmenés par leur chanteur-acteur de théâtre, Max Usata, ils ont recréé en studio une sorte de boîte échangiste délirante, presque sortie d’un film de Fellini, où les corps plus ou moins gracieux se mêlent sans complexe dans un même élan hétéro et gay-friendly. Un choix qui a le mérite de faire sens: leur nouvel album, mi-rappé, mi-chanté, les voit explorer l’auto-destruction et la provoc authentique.

 

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