Départ en foudre pour Label Suisse

Velvet-Two-StripesHier soir, Label Suisse a investi le studio 15 de la Radio Suisse romande. De quoi nous rappeler qu’en 2004, lors de la première édition du festival, c’était toute la maison de la radio de La Sallaz qui avait ouvert ses portes aux artistes suisses. Depuis, le festival lausannois a grandi de façon exponentielle chaque deux ans, jusqu’à atteindre son apogée en 2010 lorsqu’il investissait l’ensemble de la place de l’Europe et du Flon, tel un open air urbain.

En 2012, Label Suisse a fait du régime. Ce qui n’est pas pour nous déplaire. Il investit désormais les principaux clubs de la ville  (Le Bourg, le Romandie, le D ! Club, les Docks). « L’avantage de cette nouvelle formule est que cela nous permet d’être plus pointu explique Laurent Pavia, rédacteur en chef adjoint de la rédaction musique à la RTS, on n’a plus besoin de chercher une tête d’affiche qui attire 6000 spectateurs ».

Au Studio 15, ce sont donc les Saint-Galloises de Velvet Two Stripes qui donnent le coup d’envoi. Une vraie découverte. Trois très jeunes filles – une blonde, une rousse et une noiraude – côte à côte au centre de la scène. Une caisse claire, un clavier, un synthé, une basse et un ordinateur portable constituent l’essentiel de leur instrumentation. Sara Diggelmann à la chevelure rousse tient la guitare. Sa sœur, la blonde platine Sophie, le micro et Franca Mock les claviers. Mais chez les Velvet Two Stripes rien n’est vraiment fixe. La chanteuse peut devenir batteuse et le clavier se mettre à chanter. Autour de leur instrumentation minimale, les trois jeunes filles tournent et se relayent, traversées par la même énergie viscérale. Leur premier single « Supernatural » semble défier les lois du son alors que leur dernière composition « Fire » est un blues psychédélique de la meilleure facture. A la fin de leur concert, le public est chaud bouillant. Et la carrière de ces trois-là, entamée il y a une année, semble vouée à un avenir fulgurant.

A voir la vidéo ci-dessous et à télécharger gratuitement ici le morceau Hellbound.

Des extraits du concert d’hier soir sont également visibles sur le site de la RTS.

Hell’s Kitchen, au four et au moulin…

Comme à son accoutumée, Hell’s Kitchen a concocté son nouvel album dans les cuisines du diable. Du Mississipi à Genève, ces trois-là déclinent leur recette bien particulière, loin des clichés du genre. Un nouvel opus sur le label Dixiefrog, la référence français en matière de blues et quelques dates cette semaine dans l’Hexagone. Après deux shows radio dont un à France Inter écoutable ici , ils partent à l’assaut de la France avec des «vrais» concerts aux Trois Baudets à Paris, le 25 mai et à la Péniche à Lille, le 26 mai. Avant ça, ils se sont pliés au jeu de l’interview.

Comment avez-vous conçu ce quatrième album ?
Bernard Monney Nous adorons le blues, mais on en a marre de cette façon de le jouer avec des solos de guitare insupportables. Ce qui nous plaît dans le blues, c’est le côté, minimaliste, touchant, espacé. On a l’impression que le rythme part des battements du cœur. Dans les campagnes du Mississipi, les musiciens jouaient avec trois bouts de ficelle et ils arrivaient à reproduire les sons du sifflement d’un train !

Le blues vient du Sud des Etats-Unis. Vous êtes suisses. Comment vous positionnez-vous par rapport à ça ?
Bernard Monney Il n’est pas nécessaire d’être originaire d’une région pour jouer le style de musique que l’on aime. C’est comme les groupes d’afrobeat ou de reggae. Cela dit, quand on joue à l’étranger, le public est surpris. Il trouve ça exotique. Je pense que le fait d’être Suisse, d’être au milieu de l’Europe nous permet de ressentir toutes les influences qui nous entourent. C’est en tout cas un de nos objectifs.

Cedric Taillefert, batteur et percussionniste, joue avec tout ce qui lui tombe sous la main ?
Bernard Monney Il s’est constitué sa propre batterie avec certains des éléments usuels, mais aussi un tambour de machine à laver, un poubelle… A intervalles réguliers, il amène un nouvel élément pour perfectionner son instrument. En studio, il travaille également avec un énorme conduit de ventilation. Malheureusement, cette partie-là est intransportable. Sur scène, il joue donc avec les sons échantillonnés de ce conduit.

Vous venez tous les trois d’univers musicaux très différents ?
Bernard Monney Le contrebassiste Christophe Ryser est un punk déguisé en jazzeux. Cédric Taillefert a appris à jouer dans les fanfares. Puis il a découvert le jazz. Ce n’est qu’adulte qu’il a commencé à s’intéresser à des trucs plus minimalistes, extrêmes. Il a fait le chemin inverse de celui que l’on emprunte habituellement. Moi je viens du hard rock et du punk. Le dénominateur commun entre nous trois, c’est le blues.

Sur ce disque, il y a pour la première fois une chanson en français. Pourquoi ?
Bernard Monney L’anglais est une langue belle et ronde. Elle se prête évidemment très bien pour chanter le blues. Mais j’ai un problème avec l’anglais, tout simplement parce que ce n’est pas ma langue. En même temps si on cherche à faire des paroles similaires à celles du blues rural, c’est affreux. J’ai donc choisi de parler un français approximatif, celui d’un paysan du début du siècle qui descend à la ville et qui se fait complètement arnaquer. Je voulais surprendre.

Hell’s Kitchen de plus en plus méchant…

Le nouvel album de Hell’s Kitchen «Dress To Dig» est dans les bacs. La vidéo ci-dessous vous en donne un aperçu. Quant à l’interview de son chanteur et guitariste, Bernard Monney, il sera en ligne la semaine prochaine ici même.

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