La révolution selon Rusconi

Rusconi: un nom italien pour un pianiste suisse-allemand. Rusconi le nom d’un musicien, mais aussi celui d’un trio constitué de Fabian Gisler (contrebasse) et Claudio Strüby (batterie). Parti comme ça, ce groupe ne pouvait que se moquer des frontières, territoriales ou stylistiques. Sur son dernier album, «It’s a Sonic Life», Rusconi rendait hommage à Sonic Youth en trio. L’album était commercialisé par Sony Music. Sur son nouvel opus, Rusconi fait la «Revolution». Dès mars 2012, le disque sera disponible en téléchargement gratuit sur le site du groupe. Publié sur son tout nouveau label Qilin Records, sa version physique sera achetable en  CD et en vinyle (édition limitée) lors des concerts du groupe uniquement. En avant goût, une vidéo du making of de l’album.

Grand Pianoramax : retour au bercail

Qui dit Leo Tardin pense immédiatement piano et slam. Au sein de son laboratoire Grand Pianoramax, le piano est décliné sous de multiples formes: Fendher Rhodes, Moog ou tout autre clavier aux sons intéressants. En quelques années, Leo Tardin a ainsi su intéresser autant les amateurs de jazz que d’electro. Signé sur le prestigieux label américain ObliqSound, il fit des débuts remarqués. Sur le premier volume de Swiss Vibes figurait un morceau extrait de son deuxième album,  «Blue Gold»: des rythmes quasi tribaux sur lesquels se calait la voix féminine de Celena Glenn.
Un morceau à découvrir ci-dessous tel que joué au Festival Jazz à la Villette avec Black Cracker dans le rôle du slammer et son compatriote Domink Burkhalter à la batterie.

Dans la même formation, Leo Tardin a poussé ses expérimentations sonores au maximum au Cully Jazz festival. Rencontré au Buffet de la Gare de Lausanne quelques jours avant que ne démarre sa tournée suisse. Léo Tardin fait le point.

Votre dernier album, «Smooth Danger», semble encore plus expérimental que les deux premiers?
Leo Tardin. J’ai déménagé à Berlin pour créer ce nouvel album. J’avais besoin d’une nouvelle source d’inspiration. J’ai passé plusieurs années à New York. J’ai évolué au sein de la scène jazz. Là j’ai effectué un changement de décor et d’ambiance radical ! J’ai enregistré à la Funkhaus de Berlin. Cette grande bâtisse-bunker abritait les studios de la radio allemande. Il s’en dégage une ambiance très industrielle. Les couloirs étaient tellement grands qu’on a songeait à utiliser une trottinette pour aller aux toilettes! L’album est plus produit, il est empreint d’un humour noir un peu grinçant. Mais maintenant, j’ai déjà évolué vers une autre direction : revenir à une forme de piano plus universel, revenir à quelque chose de plus essentiel, sans travail de sound design.

Vous collaborez avec Black Cracker et Mike Ladd. Pourquoi ces deux slammers-là en particulier ?
Leo Tardin Je voulais amener une dimension de plus à cet album. Il y a une énorme scène de slam et de poésie à New York. Je m’y rendais régulièrement. J’appréciais beaucoup ce qui se faisait sur scène, mais je ne trouvais pas mon compte au niveau des textes. Tout le monde me parlait de Black Cracker, mais il était très difficile à joindre. Le genre de personne qui n’a pas de téléphone et pas d’adresse fixe. Finalement nous nous sommes rencontrés. C’était vraiment le choc des cultures : moi le petit blanc qui vient du jazz et lui le Noir d’Alabama issu du milieu des arts visuels et du slam. J’ai tout de suite adoré ce qu’il faisait. Ça allait plus loin. Son univers est plus abstrait. Il est incroyablement fort au niveau de la forme et il a un charisme dingue. C’est lui qui m’a ensuite présenté Mike Ladd et Karsh Kale.

Dès la sortie de votre premier disque, certains de vos morceaux ont été téléchargés à plus de 40’000 exemplaires sur ITunes. Comment expliquez-vous ce succès numérique ?
Leo Tardin Je n’ai eu qu’un morceau «Starlite» qui a été un succès en termes de téléchargement. Je ne sais pas pourquoi. Le fait que je sois sur le label ObliqSound, qui était alors très présent aux Etats-Unis a très certainement aidé. Cela dit la vie de la musique sur Internet est parfois drôle. J’ai un autre morceau, «The Race», un morceau instrumental batterie-piano, pas forcément super facile d’accès qu’on retrouve sur pas mal de vidéos de vacances de particuliers. Je ne sais pas comment il a atterri là, probablement à cause d’un «free download». C’est drôle de voir un morceau créé dans sa chambre à coucher à New York se met soudain à vivre sa vie. Sur mon dernier album, il y aussi ce morceau «Infidel». Il a inspiré à une artiste berlinoise une vidéo entière de dessins. J’ai trouvé ça génial.

Grand Pianoramax on Tour
(Leo Tardin : keyboards, Black Cracker (vocals, Dom Burkhalter (drums)

Vevey, Espace Guinguette, 15 novembre
Zurich, Exil (avec en invité spécial Mike Ladd), le 17 novembre
Bâle, Erster Stock, le 18 novembre
Nyon, Usine à Gaz, le 19 novembre
Milan, Cox 18, le 25 novembre
Sierre, Hacienda, le 26 novembre
Berlin, Kantine am Berghain, le 3 décembre

Olivia Pedroli s’en va au pays d’Angela Merkel

Bonne nouvelle: la chanteuse romande – que son dernier album a dévoilé sous un jour plus intime – s’infiltre sur le marché germanophone! The Den se trouve désormais chez tous les bons disquaires d’Autriche et d’Allemagne et la belle s’en va bientôt donner trois concerts, dans des clubs et petites salles “arty” de Berlin, Francfort et Hambourg. Karsten Jahnke, l’agence qui s’occupe, entre autres,  de Marianne Faithfull, Bob Dylan, Sigur Ros, Joshua Redman ou MeShell Ndegeocello vient de l’accueillir en son sein.
Regardez les deux extraits de son concert au Montreux Jazz Festival et vous comprendrez pourquoi cette agence de stars a voulu travailler avec elle.

En attendant de s’envoler pour l’Allemagne, Olivia Pedroli jouera également en Suisse et en France dans le cadre du bien nommé Festival Transvoisines. Allez la voir avant qu’elle ne remplisse de plus grandes salles!

Concerts en Suisse
Festival Transvoisines
Yverdon, Théâtre de l’Echandole, vendredi 4 novembre.
Grenoble, La Source, samedi 5 novembre. 

Concerts en Allemagne:
Berlin, Qasimodo, le 20 novembre
Francfort, Mounsoturm Studio, le 21 novembre
Hambourg, Stage Club (Neue Flora), le 22 novembre

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