Erika Stucky, ein üppiger 16-Gänger

248_cover_frontWas erwarten wir von Kunst? Dass sie gefällig ist, sich und ihren Kanon ständig wiederholt und uns in unseren Haltungen bestätigt? Erika Stucky tut nichts davon. Deshalb ist «Black Widow» Kunst.

Von der Bühne…

«Hey, just because you’re paranoid it doesn’t mean nobody’s following you.» Erika Stucky sorgt für Irritation. Gemeinsam mit David Coulter, Terry Edwards und Michael Blair präsentiert uns die Musikerin 16 Stücke: Währen Stimme und Timbre der Sängerin im Rampenlicht stehen, flirten ihre Texte und ihre Musik im Zwielicht mit Film und Theater, mit Traum und Realität, mit Romantik und Vernunft.

 …in die Küche

«Black Widow» ist eine Tour de Force, ein üppiges 16-Gänge Menu, das man gerne geniesst – auch, weil Chefköche dahinterstecken. Das schwerverdauliche Cover von «Black Betty» eröffnet die Schlemmerei. Mit «Knees» setzt uns Stucky bedrohlich das Messer an die Kehle, um uns einen Track später mit «Spiderlegs» versöhnlich Süsses zu geben. Leicht bekömmlich ist das alles nicht. Mit den Worten Cake, Coffee und Sugar lässt uns Erika Stucky zwar wohlgenährt zurück: Der Appetit ist verschwunden – aber der Hunger auf solche Kunst, der ist stärker als je zuvor.

Erika Stucky, “Black Widow” (Traumton Records)

Disque du mois : Imperial Tiger Orchestra

ITO_wax_cover_HDQuand les tigres se mettent à rugir….

 « Quelqu’un nous a dit un jour que nous étions un joli jardin. Imperial Tiger Orchestra c’est vraiment ça : des plantes qui grandissent et qui ont plein de trucs à raconter» résume Raphaël Anker au bout du fil.

Après s’être  enthousiasmés pour la musique éthiopienne des années 70 (“Addis Abeba”), puis pour celles des années 80-90 (“Mercato”), les Genevois d’Imperial Tiger Orchestra se plongent dans les rythmes traditionnels d’Ethiopie et d’Afrique de l’Est sur leur nouvel opus.

Ils propulsent la tradition vers le futur

Sur cet enregistrement, ils sortent de leurs besaces des nouveaux trucs et astuces (une batterie électronique bricolée avec des klaxons et des bouts de ficelle, des flûtes faites maison, des synthétiseurs déraisonnables).

A sa manière, indéfinissable et pourtant immédiatement reconnaissable, Imperial Tiger Orchestra part de l’essence, déconstruit et reconstruit la tradition en la propulsant vers le futur.

Plus expérimental, plus psyché, mais toujours aussi irrésistiblement dansant, les tigres balancent à la face du monde leur concept-maison: le wax.

Authenticité

ITO_portrait_03Ce qui n’était qu’un terme fourre-tout que les membres du groupe utilisaient à toutes les sauces est aujourd’hui transformé en acte assumé. Le wax, c’est le groove, le rythme, mais aussi une façon de vivre, de penser, de rester en contact les uns avec les autres, d’être authentique, de prendre les choses comme elles viennent. Par exemple les participations des gens que l’on invite sur un morceau et qui arrivent avec des propositions pas forcément conformes à nos attentes.

OVNI de transe ethio-helvétique

Les étonnantes vocalises du rapper érythréen Ghost Tape, aka Gabriel Ghebrezghi, sur « Tgeregna » en sont une preuve. Les impressionnants chants de gorge de celui qu’on connaissait jusqu’ici comme un danseur, Getu Tirfe, en sont une autre. Au final, l’album est un vrai petit OVNI de transe éthio-helvétique que l’on se repasse en boucle. Il a convaincu sans problème les autres amoureux du roots genevois que sont les Mama Rosin. Wax paraîtra donc le 23 septembre sur le label, « Moi J’Connais Records ». Préparez-vous !

Imperial Tiger Orchestra, «Wax », (Moi J’Connais Records)

En concert: Creil (F), La Grange  à musique, 5 octobre. Fribourg (CH), La Spirale, le 12 octobre. Belgrade (Serbie), Dom Omladine, 19 octobre. Oslo (Nor), Café Mir, Bergen (Nor), 25 octobre, Copenhague (Danemark), Global Copenhagen, le 26 octobre. Zurich, Le Moods (CH), 2 novembre. Genève (CH), Cave 12, 9 novembre.

Disque du printemps: Plaistow “Citadelle”

 

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Depuis sa création en 2007, Plaistow ne cesse de réinventer le trio jazz. Johann Bourquenez, Cyril Bondi et Vincent Ruiz (le dernier arrivé), aiment l’exercice de l’enregistrement. C’est l’occasion comme l’affirme le leader et pinaiste Johann Bourquenez, de « redéfinir les directions, de faire le point ». Après “Lacrimosa” et ses deux longues plages de 20 minutes, voici donc “Citadelle”, qui paraît pour la première fois sur un vrai label (Two Gentlemen) : huit morceaux dont un seul ose cette fois durer 20 minutes. On connaît certains des ingrédients-clefs de Plaistow : un amour inconditionnel de la répétition et de la musique minimale allié à un goût prononcé pour certains rythmes issus du monde la techno (drum’n’bass, dubstep). On découvre ici une exploration des modes arabes, une démarche toujours plus construite et même un morceau de hip hop expérimental avec le rapper de Psykick Lyrikah. Traversée d’oscillations, travaillant sur les couleurs harmoniques, la musique de “Citadelle”est à la fois primale, sensuelle et incroyablement subtile. Evoquant la nature ou les constellations planétaires, elle vous prend pour vous redéposer quelque cinquante minutes plus tard, empli d’une nouvelle sensation d’urgence. Et comme cette musique est fondamentalement libre, elle laisse la place à chacun de s’y projeter avec ses idées et ses sensations. Ce que prouve en beauté cette vidéo de Janice Siegrist.

Plaistow, “Citadelle” (Two gentlemen/Dist Irascible)

Concerts de Plaistow:

26 april – BERN (CH) – Ono
28 april – ZURICH (CH) – Exil
2 may – GENEVE (CH) – La gravière

 

 

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