Swiss No Swiss

Jazz no jazz, Swiss no Swiss… Les genres musicaux et les frontières géographiques sont parfois élastiques. Swiss Vibes dit “tant mieux”!

Ils sont Suisses ou ils résident en Suisse; ils aiment les musiques des quatre coins de la planète et ils aiment les traiter à leur manière. Pour la plupart, ils n’aiment pas l’étiquette de world music. Ils, ce sont ces nombreux artistes-musiciens, qui s’inspirent des traditions et des courants musicaux étrangers pour mieux les reformuler à leur manière.

Cuivres à l’unisson

Dans cette playlist, découvrez donc la Fanfare Molotow Brass Orkestar, qui glisse des répertoires balkaniques à la musique suisse avec une fluidité étonnante, le big band de Professor Wouassa et des Faranas qui déclinent l’afrobeat en version helvétique et cuivrées avec des chanteurs sénégalais ou maliens de Suisse.

Hors des sentiers battus latino

Partant des musiques afro-cubaines, la chanteuse et violoniste Yilian Canizares donne à sa voix une nouvelle ampleur de diva latino. L’Argentine Maria de la Paz s’est associée au guitariste espagnol Ignacio Lamas au sein du combo Barrio Oscuro pour y développer un répertoire de chansons et de rock latino qui ne sont pas sans rappeler l’univers de la trop tôt disparue Lhasa. Sa compatriote, Malena Sardi explore quant à elle les possibilités infinies de sa guitare électrique entre autres à l’aide du live sampling et son nom de groupe s’est imposé de lui-même: One Guitar Woman Orchestra (OGWO).

Afrique improvisée

Jeroen Visser et un saxophoniste hollando-suisse qui s’est associé à deux musiciens éthiopiens (Endris Hassen au masenko et le chanteur Mesele Asmamaw) pour créer le Trio Kazanchis.  Ensemble ils pratiquent, selon leur propres dires, de “l’Ethiopian Traditional Impro Punk”.

Swiss Vaudou

Enfin T’Doz, digne rejeton de Lolo et Manze du groupe Boukman Eksperyans, martèle son vaudou-pop avec puissance.

En concert prochainement

OGWO, Lausanne, Bourg, jeudi 19 mars
Barrio Oscuro, Nyon, l’Usine à Gaz de Nyon, samedi 21 mars
Professor Wouassa, Carouge (Genève), Le Chat Noir, samedi 21 mars.
Molotow Brass Orchestar Zurich, Provitreff, samedi 27 mars.

 

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Trois clips vidéos pour faire passer l’hiver

En ce début du mois de février, les températures me donnent surtout envie de rester sur la couette. Ça tombe bien, les Suisses sont plutôt doués pour les clips. Voici mes 3 vidéos préférées du moment à visionner et revisionner sans modération.

Larytta_OsamaLarytta “Osama Obama” (Label Creaked)

Déjà encensé sur Youtube (avec près de 60 000 vues), le single “Osama Obama” est l’un des 5 clips suisses nominés au Best Swiss Vidéo Clip au M4Music Festival. Ce film d’animation signé Julien Mercier  a pris pour prétexte la soit disant ressemblance entre Obama et Osama (Ben Laden) et confronte la journée de deux personnages que tout sépare (sauf la drogue…). Drôle, bien fichu et avec une mélodie electro-pop plus qu’entêtante. N’hésitez plus, et allez voter ici avantle 25 mars 2015!

Bauchamp feat Tsunami “Afroskank” (Label Argent Sale)

Bauchamp est un DJ et producteur du bout du lac qui s’est amouraché d’un morceau de rocksteady de Paul Francis. Il l’a réécrit en compagnie du Jamaïcain Tsunami. La mise en image de Gertrude Tuning fonctionne sur le principe du découpage et du décalage chronologique. Aux dires mêmes de Bauchamp: ” Le morceau a été testé et fonctionne autant dans le contexte d’un mariage entre Beyoncé et Michael Jackson que dans les clubs les plus undergrounds”. Alors, n’hésitez plus et suivez les instructions: “Shake it, shake it…”

Pour ceux qui comme moi en redemandent, on peut toujours aller jeter un coup d’œil à l’original réédité en 2005 par l’excellent label londonien Soul Jazz.

Verveine, Antony (Creaked Records)

Enfin petit clin d’œil 100 % helvétique de Verveine pour annoncer la sortie d’un nouveau EP de son projet solo électronique en mars 2015 . Après son passage remarqué aux Transmusicales de Rennes en décembre et quelques critiques dithyrambiques dans la presse française, l’austère Verveine s’amuse et nous aussi!

Les disques de l’été de Fauve

On a demandé au chanteur et compositeur pop suisse romand, Nicolas Juillard, aka Fauve, de nous faire une sélection de 5 disques qu’il emporterait sur une île déserte. Voici sa réponse:

“Précisions d’emblée que je me méfie des îles désertes. La mélomanie, comme je la conçois, est surtout faite de diversité, d’envies changeantes et de goûts discutables. Le problème avec les choix d’île déserte, c’est qu’on se sent obligé d’envisager le long terme, et du coup, on table sur des classiques insubmersibles, alors qu’au quotidien, on sera parfois plus heureux d’écouter un Joe Henderson de série B que le toujours génial Coltrane, un Pretty Things erratique plutôt qu’un Beatles, ou un bon Nôze en lieu et place de Stevie Wonder. L’île déserte idéale, c’est évidemment celle qui contient tous les disques de la création. Ceci étant posé, voici sans ordre particulier, mon top 5 temporaire…”

Beatles, “White album”, 1969

La définition la plus large, donc la meilleure pour moi, de ce qu’est la pop. Un laboratoire fabuleux gorgé d’inventions baroques et de tubes insensés, portés par une jubilation d’exécution communicative. Modèle absolu.

Tim Buckley, “Lorca”, 1970

Pink Floyd, Miles Davis et Leadbelly se donnent rendez-vous sous les étoiles. Un ovni d’une audace farouche, d’un lyrisme et d’une hauteur de vue inégalés, enregistré dans cette année miraculeusement féconde, 1970. A 23 ans… Dans la même pochette, je glisserai bien en douce le “Laughink Stock” de Talk Talk et “Died In The Wool” de David Sylvian.

Nusrat Fateh Ali Khan, En concert à Paris (5 volumes), 1985

Pour passer le temps sur un île déserte, quoi de mieux que des pièces de 20 minutes qu’on peut écouter en libre succession, perdant toute notion de l’espace et du temps? La beauté stupéfiante des voix, la fausse simplicité de cette musique sacrée dont je ne sais presque rien m’enchante depuis que j’ai découvert ce coffret miraculeux, à Paris, justement.

Harco Pont, “Jibberish”, 2003

Un disque j’ai essayé en vais de faire adopter par tous mes amis. Des ébauches de chansons, des miniatures funk, blues, folk, electro qui partent dans tous les sens, un côté lo-fi magnifiquement maîtrisé par un Hollandais dont j’attends désespérément des nouvelles. A chaque fois que j’écoute, j’ai l’impression d’entendre une suite de démos, telle que j’en fais dans mon iTunes pour mes propres disques. Sauf qu’ici, toutes les idées sont géniales.

Richard Wagner, “Der Ring Des Nibelungen ” (Georg Solti, Wiener Philarmoniker, 1958-1965)

Une oeuvre-monde, quoi de mieux pour l’île déserte? Difficile de retenir une seule interprétation de ces quelque 15 heures dans lesquelles chaque seconde fait sens. La puissance inouïe de cette musique la richesse thématique et le goût de l’épopée font que j’y reviens régulièrement. J’ai logé une allusion discrète à l’Or du Rhin dans la première chanson de mon dernier disque “Cotton Fields”. Dans le passage de rupture, façon chant de bagnards, on peut deviner le martèlement rythmique des nains de la mine dont Wagner, en génie visionnaire, a fait les esclaves du libéralisme avant la lettre, inventant au passage l’électro industrielle.

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