The Chikitas – « Wrong Motel »

Le duo genevois The Chikitas sort son troisième album, « Wrong Motel », sur fond rock décomplexé.

IMG_0771À tous ceux qui cherchent un rock lisse et sans saveur, passez votre chemin. The Chikitas représente l’antonyme même de ce concept. Le duo féminin genevois s’illustre par la fureur de sa proposition. Chant et riffs de guitare électrisants délivrés par Lynn; rythmique défoulante portée par Saskia. Leur union explore et triture toutes les facettes les plus brutes et authentiques du rock, en y infusant le meilleur du punk et du grunge.

Dès la naissance de leurs deux premiers albums, « Butchery » (2011) et « Distoris Clitortion » (2014), The Chikitas ont convaincu par la qualité et le tempérament de feu de leur univers. Après avoir écumé les scènes suisses, les Romandes sont parties à l’assaut de la France, de l’Europe de l’Est et, point d’orgue à leur palmarès, du CMJ de New-York. Reconnaissance scénique, couronnée par les professionnels d’un Rock-Award à la Demotape Clinic 2015 du m4music et d’un Rock-Award au Swiss Live Talent 2015.

3000px_RGB_web_TC_CD2016_coverPour leur troisième album, The Chikitas ont posé leurs instruments à Tucson, en Arizona (USA), pendant vingt jours. Avec la complicité du producteur Jim Waters (Sonic Youth, The Jon Spencer Blues Explosion),   le duo a relevé le défi d’un enregistrement analogique pour cristalliser l’essence du son qui l’incarne. Le résultat ? « Wrong Motel » un album qui se doit d’être vécu comme un voyage d’une délicieuse brutalité. L’atmosphère est rythmée par ce crin tantôt punk, tantôt grunge, toujours rock. Un rock sans compromis hurlé, tourmenteur, déchaîné. Un rock qui, parfois, se laisse toucher par du beat-box et du rap, qui se calme pour mieux se rebeller, qui se dévoile sous un groove suggéré.

Au final, « Wrong Motel » est un concentré d’une lourdeur et d’une ferveur tumultueuse; une compilation savamment réfléchie de compositions métalliques, directes et sincères. La seule chose qui pourrait nous manquer, c’est de voir les morceaux prendre vie sous les coups, riffs et hurlements de The Chikitas. Mais ça, c’est pour très bientôt.

The Chikitas – « Wrong Motel »,
deepdive Records
Album disponible dès maintenant

Rootwords – “Inappropriate Behaviour” (EP) part. IV

Chaque mois, Swissvibes vous présente un nouveau titre extrait de « Inappropriate Behaviour », le nouvel EP de Rootwords.

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Incontournable de la scène musicale suisse, Rootwords puise la source de ses créations dans la culture hiphop. Loin de se contenter de recréer l’actuel ou le passé, le rappeur genevois d’origine américaine et zambienne allie des influences éclectiques à son style de prédilection. Le résultat ? Des univers hétéroclites, entre tendances et old school, guidés par le verbe consciencieusement aiguisé de Rootwords, qui mènent l’auditeur dans un voyage musical aux multiples facettes.

Après avoir présenté son premier album, « The Rush » (en 2014), et les EPs de ses débuts sur les scènes suisses, françaises, italiennes, allemandes ou encore chinoises de renom, Rootwords aborde 2016 avec un nouvel EP au concept peu commun. Composé de six titres qui sortiront au compte-gouttes tout les 25 du mois,« Inappropriate Behaviour » oscille entre titres solo et collaborations avec des artistes des quatre coins du monde, encrant ainsi Rootwords un peu plus dans la lignée des artistes citoyens du monde. Chaque mois, nous découvrirons un nouveau chapitre de cet EP avec l’impression de Rootwords sur ce dernier.

Rootwords a levé le voile sur « Inappropriate Behaviour » au travers de titres aux mille couleurs. De lourdes basses vibrantes (« Move (feat. Muthoni The Drummer Queen) »), une escapade au rythme africain (« Voodoo (feat. Blitz The Ambassador) ») et une mélancolie assumée (« She ») qui se relie d’un fil mélodique à l’atmosphère qui plane sur le titre dévoilé aujourd’hui. « Your Kingdom » se dessine sur un fond mélodique composé un beatmaker suisse habitué aux collaborations qualitatives : Celloprod (CasaOne Records). Après avoir façonné des harmonies pour Youssoupha ou encore Keny Arkana, le compositeur s’est laissé inspirer par un sample tiré de « Transients (feat. Szjerdene) » du producteur anglais Bonobo pour offrir le nuage envoûtant qui porte « Your Kingdom ». Sur ce titre, Rootwords reçoit l’artiste chinoise ChaCha à évoquer l’influence que peut avoir la société sur la créativité :

« La vie sur terre peut parfois être perçue comme un long et fastidieux chemin vers notre propre tombe. On se lève, mange, travaille, mange, travaille, joue, mange, dort, et on recommence. A chaque étape, on a souvent l’impression que ce n’est pas assez. On se pose des questions sur nous-même, sur le sens de la vie, on regarde le ciel et tout autour de nous, sans jamais obtenir de réponse satisfaisante. Si je ne vivais que pour moi-même, je ne pense pas que ce serait aussi difficile. Mais aucun homme n’est une île, et en tant qu’être humain, on dépend des uns des autres. Chacun contribue à la vie en société. Mais, à quel point la société me le rend à son tour ?

C’est un cycle sans fin.

En tant qu’artiste, je suis particulièrement sensible aux effets néfastes de la société sur ma créativité. J’ai décidé de collaborer avec ChaCha sur cette chanson car c’est une femme également sensible, en phase avec les ondes électromagnétiques de notre monde. Elle a voulu exprimer le même émerveillement, les mêmes douleurs et craintes que moi lorsqu’elle a entendu cette instru de Cello Prod inspirée d’un sample de Bonobo (qui au passage, a apprécié le morceau). »    

Rootwords –« Your Kingdom » (feat. ChaCha) est disponible en téléchargement gratuit sur Soundcloud.

Cully Jazz festival 2016 – Switzerland gets down to bizniz (day 1)

Kaleidoscope String Quartet – Le Temple, Cully, 8/4/16
@J-C Arav

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Two violins, one viola and a cello make up the unconventional Kaleidoscope String Quartet who kicked off the first night of Swiss musical contributions at the prestigious Cully Jazz festival. Performing material from their second LP, ‘Curiosity’, their strictly acoustic set up was a perfect fit to the meditative church setting of Le Temple.

I was lucky to bump into violinist Tobias Preisig just before the band came on, he tipped me off with a few insights into the quartet: « I used to play with them in the early days. What they do is technically very hard, you have to be really connected as musicians. Their forte is how they swerve tradition, always looking for new ways to play their instruments ».

@JC-Arav

@JC-Arav

These words proved a useful interpretation tool. A string quartet inevitably conjures up very rigid ideas of genre, hence what makes this group interesting is how a variety of styles, rhythms and tones are woven into the classical string infrastructure. There’s a feeling of the experimental and the improvised even though they’re clearly a tightly rehearsed unit. Seamlessly the ball is passed from one member to the other as the violin is bent and shaped in all directions. Closing my eyes I could have sworn someone had sneaked in some Japanese pipes during track 3. Quasi pop refrains and folkloric riffs creep up when least expected to add colour and vibrancy.

@J-C Arav

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Admittedly, there were moments when some the barren plucking overstayed its welcome, (at a critical point in the musical tension I overheard someone muttering «sounds a bit like a swarm of mosquitoes » ), the bass tones of the cello proving a welcome contrast to the higher pitches of the violins. Possibly too many sparsely clad moments where the rowdy festival crowd outside the venue added more rhythmic movement to the music than the quartet itself.

 

@J-C Arav

@J-C Arav

The higlights for me were the warm, swirling melodies that sprang suddenly out of the languid tones. Nothing gives the feeling of lift off and transportation quite like a set of strings, so to hear them setting off into fourth gear with dynamic, frenetic synchronisation was a delight – one track culminating with a joyful vocal shout! Amazing that a string didn’t break in the process.

Some questions and answers with KSQ bandleader and composer, Simon Heggendorn:
Is it important for KSQ to be seen as more than just a classical outfit?
@J-C Arav

@J-C Arav

Simon Heggendorn: In many ways, yes. From our point of view, a ‘classical’ string quartet mostly interpretes music, whereas we create the music ourselves – rather like a band – and are completely free in the style of interpretation. This gives us the possibility to have a unique ensemble sound defined by the music we write for it.

Did the fact you were playing in a church impact your choice of what material to play?

Simon Heggendorn: Not primarily, maybe the fact we played in a church had an influence on ‘how’ we played (tempi, improvisations, dynamics). We like to play completely acoustic, so Le Temple was a perfect set-up for us.

What’s your relationship to Cully Jazz?

Simon Heggendorn: We played at Cully Jazz in 2012 for the first time. Spots are limited so it’s always very special to be chosen. Since it’s a big festival, you get more press attention than with standard gigs. It’s important to get known on the scene and be exposed to a wider audience, maybe even internationally. Not to mention the unique atmosphere in the village during the festival and the effort of everybody working here – just amazing!

Band members:

Simon Heggendorn – violin & composition
Ronny Spiegel – violin
David Schnee – viola & composition
Solme Hong – cello

 

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