Cully Jazz festival 2016 – Switzerland gets down to bizniz (day 1)

Kaleidoscope String Quartet – Le Temple, Cully, 8/4/16
@J-C Arav

@J-C Arav

Two violins, one viola and a cello make up the unconventional Kaleidoscope String Quartet who kicked off the first night of Swiss musical contributions at the prestigious Cully Jazz festival. Performing material from their second LP, ‘Curiosity’, their strictly acoustic set up was a perfect fit to the meditative church setting of Le Temple.

I was lucky to bump into violinist Tobias Preisig just before the band came on, he tipped me off with a few insights into the quartet: « I used to play with them in the early days. What they do is technically very hard, you have to be really connected as musicians. Their forte is how they swerve tradition, always looking for new ways to play their instruments ».

@JC-Arav

@JC-Arav

These words proved a useful interpretation tool. A string quartet inevitably conjures up very rigid ideas of genre, hence what makes this group interesting is how a variety of styles, rhythms and tones are woven into the classical string infrastructure. There’s a feeling of the experimental and the improvised even though they’re clearly a tightly rehearsed unit. Seamlessly the ball is passed from one member to the other as the violin is bent and shaped in all directions. Closing my eyes I could have sworn someone had sneaked in some Japanese pipes during track 3. Quasi pop refrains and folkloric riffs creep up when least expected to add colour and vibrancy.

@J-C Arav

@J-C Arav

Admittedly, there were moments when some the barren plucking overstayed its welcome, (at a critical point in the musical tension I overheard someone muttering «sounds a bit like a swarm of mosquitoes » ), the bass tones of the cello proving a welcome contrast to the higher pitches of the violins. Possibly too many sparsely clad moments where the rowdy festival crowd outside the venue added more rhythmic movement to the music than the quartet itself.

 

@J-C Arav

@J-C Arav

The higlights for me were the warm, swirling melodies that sprang suddenly out of the languid tones. Nothing gives the feeling of lift off and transportation quite like a set of strings, so to hear them setting off into fourth gear with dynamic, frenetic synchronisation was a delight – one track culminating with a joyful vocal shout! Amazing that a string didn’t break in the process.

Some questions and answers with KSQ bandleader and composer, Simon Heggendorn:
Is it important for KSQ to be seen as more than just a classical outfit?
@J-C Arav

@J-C Arav

Simon Heggendorn: In many ways, yes. From our point of view, a ‘classical’ string quartet mostly interpretes music, whereas we create the music ourselves – rather like a band – and are completely free in the style of interpretation. This gives us the possibility to have a unique ensemble sound defined by the music we write for it.

Did the fact you were playing in a church impact your choice of what material to play?

Simon Heggendorn: Not primarily, maybe the fact we played in a church had an influence on ‘how’ we played (tempi, improvisations, dynamics). We like to play completely acoustic, so Le Temple was a perfect set-up for us.

What’s your relationship to Cully Jazz?

Simon Heggendorn: We played at Cully Jazz in 2012 for the first time. Spots are limited so it’s always very special to be chosen. Since it’s a big festival, you get more press attention than with standard gigs. It’s important to get known on the scene and be exposed to a wider audience, maybe even internationally. Not to mention the unique atmosphere in the village during the festival and the effort of everybody working here – just amazing!

Band members:

Simon Heggendorn – violin & composition
Ronny Spiegel – violin
David Schnee – viola & composition
Solme Hong – cello

 

Advertisements

De l’Afrique à la Suisse en chantant

Pour une vieille peau comme moi, à l’esprit farci de préjugés, un projet pédagogique d’échanges artistiques et de médiation francophone en Afrique qui s’intitule « Une chanson pour l’Education » fait frémir. Je crains d’emblée de retrouver ce bon vieil esprit paternaliste que beaucoup de Français ont si bien su développer à l’égard de leurs ex-colonies. Qu’elle ne fut donc pas ma surprise, lorsque, en ce dimanche 20 mars, je découvre au Festival Voix de Fête de Genève un nombre impressionnant d’artistes burkinabés aussi créatifs que stimulants et engagés : Patrick Kabré dans la cour, Maï Lingani, Dicko Fils et Alif Naaba sur la petit scène du théâtre. Depuis que Victor Démé a ouvert la voie, il semble que la scène burkinabé soit en passe d’imploser.

Du Konkistenga à la Cité de Calvin
Patrick Kabré dans la cour du Théâtre Pitoëff

Patrick Kabré dans la cour du Théâtre Pitoëff ©Laureen Pasche

« C’est un phénomène assez récente, explique dans les loges le chanteur Alif Naaba, également appelé le prince du Konkistenga en raison de ses nobles origines. Elle existe depuis une dizaine d’années et manifeste d’une génération qui veut oser et expérimenter des choses nouvelles. La base de notre musique est traditionnelle, mais elle utilise des codes universels pour ne pas rester enfermée dans une sorte de ghetto artistique ». Quant aux écoliers romands, ils sont venus déclamer des citations de leur crû avec un bel aplomb. Un petit air de révolution et une énergie impressionnante flotte à tous les étages du théâtre Pitoëff. Impressionnant et réjouissant.

Quand coopération rime avec inspiration
Yannick Cochand

Yannick Cochand ©Laureen Pasche

Et cela ne fait que commencer : à 20 :00  le plateau de “Une chanson pour l’Education” investit pour de bon la scène du théâtre Pitoëff. “Une chanson pour l’Education” c’est un projet de coopération initié par l’association Enfants du Monde et réalisé en partenariat avec la Compagnie Zappar  dont Yannick Cochand est le directeur artistique. Il s’agit d’une part de sensibiliser de manière ludique des jeunes francophones au fait que des millions d’enfants dans la monde n’ont toujours pas accès à l’école. Les parrains, tous des artistes confirmés, ont eu pour mission d’accompagner les enfants dans la création de textes et des chansons sur le thème du droit à l’éducation. Mais il s’agit aussi de faire des opérations de sensibilisation artistiques dans les régions concernées par les problèmes d’éducation (cette année le Sénégal et le Burkina Faso) et en Suisse romande via une série de concerts (Gland, Neuchâtel et Monthey) qui se terminait au Festival Voix de Fête à Genève.

La crème de la chanson romande
Patrick Kabré et Zedrus

Patrick Kabré et Zedrus ©Laureen Pasche

A Genève, une heure durant les parrains et marraines défilent sur scène ensemble ou séparément. Alif Naaba réapparaît pour un dialogue avec la chanteuse congolaise Gasandji et un autre duo avec Sébastien Peiry sur le thème du climat. La jeune Valaisanne Sylvie Bourban chante, quant à elle, les réfugiés – en bambara – avec Dicko Fils. Zedrus et Patrick Kabré interprètent un titre écrit après le tremblement de terre en Häiti, Pascal Rinaldi chante sa « Race Humaine », Fraissinet nous fait rire avec ses phobies d’avion …. « Un bouillon de culture incroyable » résume Yannick Cochand qui court dans tous les sens sur scène, le sourire vissé aux lèvres.

Le ventre blanc 
Dicko Fils et Sylvie Bourban

Dicko Fils et Sylvie Bourban ©Laureen Pasche

Du côté suisse, Sylvie Bourban impressionne par sa voix aux accents jazz, sa présence lumineuse et évidemment sa capacité à chanter dans autant de langues différentes. « C’est un peu mon fonds de commerce, s’exclame en riant la chanteuse le lendemain au bout du fil. Depuis mes études à Berklee, j’ai chanté dans beaucoup de langues différentes : du patois valaisan à l’anglais en passant par l’arabe ou l’espagnol. Avec Alif Naala, j’ai chanté en bambara, avec Maï Lingani en français en onomatopée. J’aime les langues pour leur mise en bouche, pour leur sonorités. Cela dit je me considère comme une chanteuse à texte et je comprends chaque mot que je chante. »

Une autre dimension 

« Avant de partir en Afrique, j’avais peur d’être condescendante, mais en fait on a tout de suite basculé dans l’émotion. Dans les villages on était accueilli par des dizaines d’enfants qui couraient à notre rencontre. J’avais en permanence des enfants dans mes bras ou qui me tenaient la main, même quand je chantais ! Les Burkinabés me disaient tout le temps que j’avais le «  ventre blanc » et que les enfants le sentaient. Je ne comprenais pas. « Avoir le ventre blanc » est une expression de là-bas qui indique la bonté d’une personne. Cette expérience m’a vraiment ouvert une porte sur une autre dimension.»

Pour mieux vous imprégner des sensations de cette expérience unique en son genre, consultez le blog de Sylvie Bourban, où elle posté ses impressions.

Bad Bonn @ Cafe Oto

BBSB_Cover_final_23-2-16_simuliertThe day after the successful launch event at Rough Trade East, the celebration of the publication of the“The Bad Bonn Song Book”  continues. Bad Bonn crew moved North to Dalston for a celebratory Kilbi night at the legendary avant-garde/jazz/folk venue Cafe Oto. Another sizeable and appreciative crowd was served a diverse programme of Swiss artists that showed off Bad Bonn´s sense of adventure to good effect.

First off was Strotter Inst., aka Christoph Hess. Operating in a border area between noise and conventional music with a pair of “treated” old record players and a series of similarly adapted vinyl records, Strotter Inst produced a minimalist and yet richly textured drone that somehow pulsated with rhythm and held the audience´s attention with remarkable ease.

Next came percussionist Julian Sartorius who, judging by the conversations afterwards, was perhaps the biggest success of the evening. Playful and yet precise, subtle and yet powerful, his uninterrupted half-hour performance was a master class of innovative and controlled solo percussion. In sharp musical contrast, the synth duo Papiro reconnected the audience with early Krautrock history with their slowly shape-shifting take on dreamy Ash Ra-Temple-type sounds.

 

The evening was rounded off sweatily by Camilla Sparksss, Barbara Lehnhoff’s fiery electro outfit, consisting of just herself and a dancer. Combining punky vocals with minimalist electro rhythms and melodies, her short, sharp bursts of high-octane songs were completely different from everything else that had been heard before then, and all the better for it.

Contributing greatly to the success of the night were the DJs Andy Votel and Doug Shipton whose selection of records was perfectly in tune with the spirit of Bad Bonn. In short – the two Bad Bonn nights in London turned out to be an unqualified success.

%d bloggers like this: