Le disque de septembre de Swissvibes: Anna Aaron

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Anna Aaaron est de ces artistes qui avancent à grands pas. Après sa tournée avec Erik Truffaz (voir vidéo ici), elle balance un nouvel album qui fait l’unanimité dans la presse suisse. Le Courrier qualifie le morceau-titre «King of the Dogs» de tube aussi haletant qu’entêtant. Le Temps parle à son propos d’un “élan rock et mystique”. 24 Heures “d’un album qui souffle sur des braises léguées par Patti Smith et PJ Harvey”.

Comme souvent dans les bons disques, c’est l’émotion qui parle. Dans celui-ci, Anna Aaron, 26 ans, Bâloise un peu nomade y exprime un tourment créatif: “La souffrance réside dans l’incapacité de comprendre les choses. Ce sont ces douleurs, ces tensions, ces peurs face au monde que j’ai voulu symboliquement évoquer.” Belle maturité qui va de pair avec une impressionnante maturité musicale. Anna Aaron peut murmurer un chant bourdonnant, («Elijah’s Chant»), évoquer des monstres marins avec une distance rock enjouée («Sea Monsters») ou faire revivre le son des vinyles. Mais le domaine où elle excelle est celui d’un rock violent et fragile. La hargne des guitares et du piano y font contraste avec une voix haute qui semble toujours lutter entre hauteurs évanescentes et attirance pour le tumulte.

Et la demoiselle rencontre toujours plus de succès. Son agenda de ses prochains jours est plutôt chargé:

28-09-2011 Le Bourg Lausanne (CH)
05-10-2011 Palace St.Gallen (+ Scott Matthew) (CH)
08-10-2011 Nouveau Monde Fribourg (CH)
13-10-2011 Théâtre du Pommier Neuchâtel (CH)
19-10-2011 Bee-Flat im PROGR Bern (CH)
22-10-2011 Les Rockomotives Vendome (FR)
02-11-2011 Kaserne Basel (CH)
03-11-2011 Kaserne Basel (CH)
18-11-2011 Kiff Aarau (CH)
23-11-2011 La Fleche d’Or Paris (FR)
25-11-2011 Usine à Gaz Nyon (CH)

Anna Aaron 1ère partie Erik Truffaz
29-09-2011 Klub Fleda Brno (CZ)
30-09-2011 Klub Fabrik Ostrava (CZ)
01-10-2011 Music Majestic Club Bratislava (SK)
02-10-2011 Enjoy Jazz Festival Heidelberg (CH)
03-10-2011 Palac Akropolis Prague (CZ)
04-11-2011 Le Trianon Paris (FR)

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Ingrid Lukas: coeur à choeur

Quand on entend pour la première fois la voix d’Ingrid Lukas, on peine à la situer dans la panorama suisse: onirique, évanescente, elle prend parfois les contours d’une langue incompréhensible (du romanche? Une langue inventée?). On pense à Björk avec un ancrage acoustique, jazz ou traditionnel et parfois même classique. L’explication est simple. Ingrid Lukas est née en Estonie et réside en Suisse depuis l’âge de 10 ans. De sa terre d’origine, elle a gardé le goût du chant. En Suisse, elle a peaufiné ses talents de pianiste classique et de composition au conservatoire de Zurich. Elle rencontre le musicien Nik Bärtsch alors qu’elle vient de finir ses études. Celui que l’on a étiqueté Monsieur «zen-funk» (!) lui offre son premier enregistrement sur son label.

Aujourd’hui, Ingrid Lukas vient de terminer son deuxième CD avec son propre chœur et des cordes. Le désormais incontournable Valgeir Sigurösson (arrangeur du dernier disque d’Olivia Pedroli, mais surtout de Björk, Coco Rosie…) y a dirigé les opérations. Ingrid Lukas nous résume ses choix en trois questions.
En quoi votre nouvel album est différent du précédent?
Ingrid Lukas. J’ai fait «We Need to Repeat» alors que j’étais très jeune. Un premier album est un point de départ pour un artiste. On y va et on regarde ce qui se passe. Ce n’est pas un acte très réfléchi. La seule chose qui me préoccupait alors était de ne pas trop «charger» le disque. En allemand on dit: «wenig ist genug». Pour le deuxième CD, j’avais plus d’idées. L’été dernier, j’ai été mandatée par la ville de Zurich pour un projet original qui devait avoir lieu pendant l’été. J’ai alors décidé de monter mon propre chœur et de travailler avec des cordes. Mon nouvel album s’inscrit dans la continuité de ce projet.
Pourquoi avoir voulu travailler avec un chœur?
Ingrid Lukas. Je m’inspire beaucoup de la musique de mon pays. L’Estonie n’est indépendante que depuis 1991. La culture détient une place très importante dans notre société. Nous sommes un peuple de chanteurs. D’ailleurs, ma mère chante dans mon chœur. Quand j’ai commencé à écrire de la musique pour chœur et à l’intégrer dans ma musique, j’ai trouvé ça très passionnant. Parfois je réarrange des morceaux traditionnels, mais le plus souvent j’écris ma propre musique que je chante en anglais et en estonien.
Votre musique évoque un univers aux confins de la réalité et de l’imaginaire. Comment l’avez-vous élaboré?
Ingrid Lukas. Je compose mes propres chansons depuis que je suis adolescente. A un âge où on se pose beaucoup de questions. Composer m’a permis de formuler des choses que je ressentais plus ou moins inconsciemment. Mon inspiration me vient toujours du cœur. Je raconte des histoires de tous les jours qui font état de ce que je vois et je sens. Et ces histoires me conduisent souvent vers un monde imaginaire.

La prochain album d’Ingrid Lukas paraîtra chez Universal. Vernissage du CD à Zurich, Club Exil, le 28 octobre. A Mannheim, Enjoy Jazz Festival (D), le 31 octobre. A Graz (A), le 2 novembre. Tournée estonienne du 24-28 novembre. Infos http://www.ingridlukas.com

Moins de miel, plus de rage…

Honey For Petzi est l’un des secrets les mieux gardés de la musique suisse. La formule est galvaudée, mais s’applique particulièrement bien à ce groupe romand qui a fêté il y a peu la sortie de son sixième album. Un succès d’estime unanime, mais un développement de carrière international encore confidentiel.Leur passage aux Eurockéennes de Belfort le 3 juillet pourrait changer la donne. Pour les lecteurs non suisses de ce blog, précisons que Petzi est un petit ours, héros d’une bande dessinée danoise que tous les enfants suisses ont eu au moins une fois entre leurs mains.

Christian Pahud (batterie), Philippe Oberson (basse) et Sami Benhadj (guitare) se connaissent depuis le secondaire. Tous trois ont passé par les bancs de l’ECAL, l’école d’art de Lausanne. Pendant des années, ils se sont amusés à façonner un rock expérimental, essentiellement instrumental, inspiré de la scène « math-rock » américaine. Après une absence de plusieurs années, ils reviennent aujourd’hui avec «General Thoughts and Tastes», un disque de chansons pop qui malaxe rythmiques décalées, grésillements, sonorités étranges et chœurs hauts perchés.
Quant à l’énergie de ce combo sur scène, il reste 100% rock. Jugez plutôt sur ces 40 secondes de concert volées à l’Amalgame en mai dernier!

 

Explications du phénomène avec Philippe Oberson.

Comment avez-vous conçu «General Thoughts and Tastes»?
Philippe Oberson Ce disque est la synthèse de tout ce que nous avons fait. Jusque-là, nous nous avions surtout travaillé de façon instrumentale ou avec des images lors d’installations vidéo. En décidant d’introduire la voix comme un élément à part entière, nous avons dû apprendre à manipuler les morceaux dans tous les sens. Pour chaque morceau, nous avons fait beaucoup de versions intermédiaires. L’idée était que la voix soit complètement intégrée à la musique et non pas juste «posée» dessus.

Comment faites-vous sur scène?
Philippe Oberson Nous avons désormais intégré au groupe Michel Blanc qui chante et joue de plusieurs instruments. Sur scène, on passe d’un instrument à l’autre. Les gens qui nous connaissent bien ne sont pas encore habitués aux nouveaux morceaux. Mais un nouveau public se profile.

Comment avez-vous conçu vos textes?
Philippe Oberson Nous ne voulions pas faire du songwriting ou quelque chose de trop narratif. Parfois ce sont des films d’anticipation ou de science-fiction qui m’ont inspiré. Parfois j’évoque juste des suites d’images qui défilent. J’ai choisi de ne pas faire de textes en français pour éviter que le projet ne parte dans une autre direction.

CD: Honey For Petzi, «General Thoughts and Tastes» (Two Gentlemen/Dist européenne Differ-Ant)
En concert aux Eurockéennes de Belfort le 3 juillet à 19 h.

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