RepreZent Awards consacre le meilleur du hiphop romand

Pour sa 6ème édition, les RepreZent Awards ont mis les petits plats dans les grands pour offrir une expérience inédite à son public.

La scène musicale suisse recèle de talents – cachés ou dévoilés. Là où d’autres entités s’attèlent à dévoiler les perles rock ou pop de nos contrées, le site web RepreZent.ch a pris le pari de lever le rideau sur les artistes s’illustrant avec brio sur les planches du hiphop suisse romand. Tout au long de l’année, les meilleures créations des rappeurs, performers et beatmakers sont mises en avant par le biais de chroniques et d’interviews.

Une fois par année, RepreZent organise les RepreZent Awards pour récompenser les acteurs les plus talentueux du hiphop romand. Pour cette 6ème édition, la cérémonie a élu domicile dans les locaux de Couleur3 pour offrir une expérience unique et inédite en son genre. Retransmise dans une émission spéciale de Downtown Boogie, vous pourrez faire connaissance des intervenants en écoutant des extraits de leurs projets, des interviews, mais aussi et surtout en les voyant à l’œuvre dans le cadre d’un cypher (exercice de style propre au hiphop dans lequel les rappeurs s’affrontent tour à tour au micro) qui a, pour la première fois de l’histoire de la radio, été filmé en 360 degrés. Ainsi, en cliquant dans les différents recoins de la vidéo, vous pourrez découvrir le moment sous de nouveaux angles. Voyez plutôt :

Composé cette année de Geos (mc, journaliste et animateur sur couleur3), de dj Ronfa, de Redstar (mc) et de Mr Seavers (dj, journaliste et rédacteur en chef du site repreZent.ch), le jury avait pour lourde tâche de juger de la qualité des projets sélectionnés.

Jonas, dont on vous présentait le travail il y a peu, est reparti avec le prix de meilleur album pour « Oxymore ». Les acolytes de Jonas, Noé Cauderay, Fred de Haro et Jérémie Bacher, ont été récompensés pour le clip « Petit Carré ».

Le prix venant saluer ceux qui oeuvrent dans l’ombre, à savoir les beatmakers, s’en ira du côté de Berne cette année, puisque c’est le duo de compositeur The Soundbrothers qui l’a remporté, saluant ainsi une année très prolifique pour eux qui ont non seulement produit pour des artistes romands tels que Karolyn mais seront certainement très rapidement certifiés diamant pour leur collaboration avec Maître Gims. La révélation 2015 revient à Slim K, jeune mc tout autant talentueux que prometteur qui a su convaincre le jury tant par sa polyvalence que l’état d’esprit et l’atmosphère qu’il crée dans chacun de ses morceaux.

L’artiste de l’année, seul prix remis après un vote du public, est Makala qui a su occuper tous les terrains en publiant de nombreux clips de qualité, des mixtapes mais aussi et surtout en prenant sa place sur les scènes romandes


Encore une fois, les RepreZent Awards ont su mettre en avant avec brio le travail de qualité produit par la scène hiphop suisse romand, permettant ainsi à ses artistes une exposition qualitative méritée.

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Rootwords – “Inappropriate Behaviour” (EP) part. II

Chaque mois, Swissvibes vous présente un nouveau titre extrait de “Inappropriate Behaviour”, le nouvel EP de Rootwords.


Rootwords-She-thumbIncontournable de la scène musicale suisse, Rootwords puise la source de ses créations dans la culture hiphop. Loin de se contenter de recréer l’actuel ou le passé, le rappeur genevois d’origine américaine et zambienne allie des influences éclectiques à son style de prédilection. Le résultat ? Des univers hétéroclites, entre tendances et old school, guidés par le verbe consciencieusement aiguisé de Rootwords, qui mènent l’auditeur dans un voyage musical aux multiples facettes.

Après avoir présenté son premier album, “The Rush” (en 2014), et les EPs de ses débuts sur les scènes suisses, françaises, italiennes, allemandes ou encore chinoises de renom, Rootwords aborde 2016 avec un nouvel EP au concept peu commun. Composé de six titres qui sortiront au compte-gouttes tout les 25 du mois, “Inappropriate Behaviour” oscille entre titres solo et collaborations avec des artistes des quatre coins du monde, encrant ainsi Rootwords un peu plus dans la lignée des artistes citoyens du monde. Chaque mois, nous découvrirons un nouveau chapitre de cet EP avec l’impression de Rootwords sur ce dernier.

Après « Move », un condensé d’influences trap, de basses lourdes et de revendications en featuring avec la kényane Muthoni The Drummer Queen, Rootwords ralentit le tempo et se dévoile sur « She ». Le deuxième extrait de l’EP s’inscrit dans une lignée plus traditionnelle de l’univers de prédilection de Rootwords. Production soignée et beat répétitif aux accents mélancoliques; un effluve envoûtant émane du morceau et inscrit une dimension mystique dans l’atmosphère. Comme si la transe était essentielle pour que le flow s’accorde. À l’image des vérités du coeur qui se gravent dans le texte, le clip de « She » s’illustre dans un espace graphique, subtile et brute à la fois. Parfois, « less is more » lorsqu’il s’agit de conter une histoire du passé :

« Il est difficile d’avancer et de tirer un trait sur les relations qui ont eu un profond impact dans notre vie. Celles qui vous font voir, penser, faire les choses autrement, à jamais. Ce sont parfois des relations courtes, mais dans mon cas, cela a duré plus de dix ans. Ce morceau est à propos d’elle et je l’ai écrit quand j’étais profondément amoureux.

Certains d’entre vous m’ont connu uniquement lorsque j’étais avec elle, alors que d’autres ne nous ont peut-être jamais vus ensemble. Je crois qu’on peut dire que j’ai appris à mes dépens qu’elle était irremplaçable, et avec du recul, qu’elle ne m’avait jamais fait de mal. Néanmoins, en pensant à mes proches, j’ai dû me résoudre au fait que je ne serai jamais en mesure de lui laisser la place qu’elle exigeait dans ma vie. » – Rootwords

Rootwords – “She” est disponible en téléchargement gratuit sur Soundcloud.

LEON un quartet extrémiste et polymorphe, chapitre 1

A l’origine, LEON est composé des deux bassistes: le Genevois Raphaël Ortis et le Lausannois Louis Schild. Depuis 2011, ils font vivre ce projet avec ses multiples formes et facettes en duo, trio ou quartet, dans l’improvisation, la noise et le rock aux compositions abrasives. Ils sont aujourd’hui entourés de David Meier (à la batterie) et d’Antoine Läng (voix). Antoine Läng a pris la plume pour raconter de l’intérieur le premier concert de la tournée à swissvibes.

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Je goûte le calme d’une matinée qui se prolonge seul, la tête et les membres qui vibrent de ces cinq jours avec LEON, une résidence au Romandie suivie de deux concerts – le premier sur place à Lausanne puis le second, ce soir, au Bad Bonn de Dudingen – qui initient une série en Suisse pour la sortie de notre premier album. Une respiration bienvenue dans cet enchaînement qui imprime déjà sa marque sur le corps – j’ai dormi quelques heures et la fatigue siffle encore un peu dans les oreilles, la tension musculaire dans le cou fait écho aux rythmes dont les secousses parcourent encore mes articulations et ma voix.

IMG_2881(1)Le temps aussi d’une séance d’écoute et de manipulation de l’album-objet, le dépliage de la pochette, la découverte des photos et illustrations de Lisa Bonard et de Michel Bonvin et le caractère aléatoire de l’agencement du tout qui à la manière d’une composition ouverte s’inscrivent dans le même élan que celui de la musique.
Les quelques jours passés ensemble ont justement été consacrés à travailler sur l’équilibre des sons, un point sensible quand le projet repose sur l’articulation de deux basses selon différents modes. LEON cultive cette particularité du double instrumental sous diverses formations – en duo, en trio avec invité puis avec Kasper T Toeplitz – qu’il l’explore dans l’improvisation noise, l’électroacoustique ou le rock, et Louis et Raphael attachent un soin particulier à jouer sur l’ambiguïté des timbres, les complémentarités rythmiques et les rétrécissements/élargissements du spectre, dont les matières servent à produire des ombres, des reflets, des fantômes ou des jumeaux au même titre qu’elles laissent s’exprimer deux personnalités.
Dans le cadre de ce LEON à quatre, ce jeu crée de nouvelles ramifications dans l’appui rythmique de David et dans l’ouverture vers le texte apportés par la présence d’une voix et demande que d’autres équilibres se créent. L’objectif de la résidence au Romandie est de préparer les concerts à venir en visant l’épure, la création de nouveaux espaces dans les morceaux existants et de travailler sur la complémentarité des gestes et leur partage. Deux pièces récemment écrites jouent sur l’articulation des rythmes et des textes. Elles impliquent une distribution des voix entre tous qui ouvre de nouvelles perspectives en matière de jeu et de substitution des rôles qui caractérise le projet.Au soir du premier concert de la série, une certaine fébrilité mêlée d’excitation est palpable. On se plonge alors dans le concert de Massicot et leurs maillages rythmiques faussement bancals, hypnotiques, dont chaque répétition fait monter l’intensité et pare la soirée d’une couleur obsessionnelle de transe. On en oublie la neige de la journée, les embouteillages et les glissades sur la route, l’angoisse avant de commencer. La salle est pleine quand on prend place sur l’avant-scène, de plein pied pour partager au mieux ce travail de quelques jours et une nouvelle étape dans ce parcours de plus de deux ans ensemble, les yeux dans les yeux avec le public, les amis venus fêter ce moment avec nous.

Le concert se déroule bien si j’en crois mes sensations, je me sens porté par la musique et la présence des gens. Pour l’aspect technique l’enchaînement des parties écrites et des improvisations, l’intégration des nouveaux espaces dans les pièces a l’air de bien fonctionner, et surtout les canaux sont ouverts et l’énergie circule. Après une heure dix de concert on sort de scène, croise des regards, on se prend dans les bras. Le sourire et les encouragements font vraiment du bien. Je rentre vite à Genève – histoire de pouvoir chanter le lendemain – porté par l’adrénaline et l’envie de remettre ça.” Antoine Läng

Prochains concerts de LEON

Winterthur, Albani Club, le 18 février
Lucerne, Süd Pol, le 20 février
Bâle, le Flatterschaft, le 22 février 

et en juin au festival Toxoplasmose à St Imier ainsi qu’au 2.21 à Lausanne.

www.l-e-o-n.ch

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