Erik Truffaz Quartet with Anna Aaron @Cully Jazz Festival

Erik Truffaz et Anna Aaron au Cully Jazz  ©Laurent Pasche

Erik Truffaz et Anna Aaron au Cully Jazz ©Laurent Pasche

Trumpeter Erik Truffaz has been a beacon of light in the Swiss and international jazz world since the early nineties and last autumn saw his 10th album release on Blue Note records. ‘El Tiempo de la Revolition’ links up nicely with tonight’s ‘Revolution Groove’ theme at Cully Jazz where the band finally return to play at this important festival after a gap of over 15 years – possibly a sign of how busy they’ve been in the interim.

It’s a delightfully mixed audience at the Chapiteau tonight, surley a testament of Truffaz’s dexterous ability to bridge the jazz gap from the traditional lyrical beauty of a Chet Baker to the nu-jazz experimentalist vibes reminiscent of Miles Davis. Hence, whether young or old, Truffaz’s elegant, atmospheric and resourceful style holds something magical for everyone.

Oiling the wheels of the machine are his heavyweight band members, each one bringing personality and colour to the cinematic flavour of the evening.

The wildly energetic and well-equipped Benoit Corboz on keyboards produced a wide variety of sounds ranging from piano, rhodes, church organ to wailing guitars and waterfalls. Along with Marc Erbetta on drums and voice box, they were the driving force behind the busy textures and soundscapes that contrasted from time to time with the more languid, introspective pieces. Marcello Giuliani on bass provided a rhythmically hip underpinning that helped to bring all elements and styles cohesively together. And as for Truffaz and his trumpet, whether bellicose or serene, his delivery was haunting, penetrating and deceptively understated throughout. Like liquid wax, he cleverly moved into places you would not expect and seductively melted you away.

Together, this quartet deliver a quietly confident, deeply poetic and engaging sound. They are not in any hurry, spaces in the music are allowed to breathe, less is quite often more, thereby allowing the atmosphere to build in a hypnotically meditative way, (typically evident in the track “African mist”).

The young and promising Swiss singer, Anna Aaron joined them on stage for two numbers, “Blue Movie” and “Blow Away”. Her soothing, agile, slightly pop-ish voice added a lighter touch, reminding us that Truffaz has often collaborated with unexpected genres of music to great effect.

“Mr K”, homage to their diligent manager, brought out their funkier side and whipped the audience into a joyful, energetic frenzy. It was hard for the band to leave the stage at the end of the gig, the audience had clearly not had enough of their favourite jazz export and wanted to bask a while longer in their irresistible ambiant beauty.

 

La scène suisse est dans la place!

Savez-vous qui a déclenché le déluge de pluie hier soir au Cully Jazz? Tobias Preisig et son violon qui parle aux esprits. Alors que le musicien zurichois se lançait dans un de ces crescendos dont il a le secret, la pluie s’est mis à battre à tout rompre sur la tente qui recouvre la scène du Jardin. Une minute de folie. A croire que les dieux de la pluie avaient décidé d’être de la fête. Tobias Preisig et son band recommencent ce soir (toujours au Jardin), mais à en juger par le ciel, les dieux de la pluie ont décidé d’aller voir ailleurs. Il était temps.

Egalement dans le off du Cully Jazz Pierre Omer et ses Stewarts Garages Conspiracy cow-boys ont installé leurs quartiers dans l’antre du THBBC. Des looks et des riffs de tueur, un chanteur ambianceur hors pair et le batteur d’Imperial Tiger Orchestra perdu dans des expérimentations sonores improbables sur une planche tendue de cordes. Eux ne craignent ni le vent, ni la pluie et peuvent même envisager de balancer leur rock-country-blues par beau temps si vous leur payer un verre…

Dans le festival IN, c’est aux Bernois de PommelHORSE que revient l’insigne honneur d’ouvrir la soirée sous le chapiteau avant Mr Steve Coleman en personne. PommelHorse, c’est du jazz sans être du jazz. Autrement dit quatre jeunes musiciens formés aux canons du jazz, mais qui écoutent aussi du rock, du heavy metal, de la drum’n’bass ou de la fusion. Une musique chargée d’atmosphères qui, partant d’instruments acoustiques, jouent avec pas mal de feeling des effets de distorsion,  des décalages sonores et rythmiques.

Quant au musicien, compositeur et arrangeur romand Christophe Calpini (Stade, Mobile in Motion) il viendra défendre les couleurs de son projet avec le chanteur anglais Wayne Paul. La rencontre entre cette voix soul qui sait vous tirer des larmes et le maestro des amples a déjà accouché d’un disque “Between The Lines”. Au Next Step samedi soir, les deux amis vous feront découvrir leur live. Encore un must.

Elina Duni, trait d’union rêvé entre l’Albanie et la Suisse

2277_Duni_PF2Pour la soirée d’ouverture du Cully Jazz Festival, on ne pouvait rêver mieux que de voir Elina Duni et son formidable quartet. En ce vendredi  5 avril,  Elina est vêtue d’une longue robe en voile rouge. Elle semble impressionnée par la nombreux public qui s’étale à perte de vue à ses pieds. Normal, son répertoire, son approche est plutôt intimiste : Elina Duni revisite à sa manière une sélection de chansons albanaises qui lui sont chères. C’est parfois dans une nouvelle terre qu’une culture parvient le mieux à s’enraciner et à grandir. Elina Duni est Albanaise. Elle vit en Suisse depuis l’âge de 10 ans. Sur scène, l’on sent que les chansons qu’elle interprète l’habitent, ainsi ce chant de résistance chanté régulièrement par son grand-père anti-fasciste, ainsi ce poème de Ismaël Kadaré, ou ce chant de mariage qui finit sur des cadences endiablées. Mais Elina Duni n’est pas « simplement » nostalgique ; elle parvient à créer un nouvelle idiome à partir de ce matériau musical. Son magnifique dernier opus « Matanaé Malit » (ECM, 2012) en faisait déjà la démonstration. Ce parti pris est encore plus manifeste sur scène, où elle se produit entouré de ces trois complices suisses d’exception : Colin Vallon (au piano), Patrice Moret (à la contrebasse) et Norbert Pfammatter (à la batterie). Ensemble, ces quatre-là construisent une musique nouvelle : Colin Vallon fait parfois glisser un balle sur les cordes à l’intérieur de son piano pour obtenir le son précis dont il a besoin. Patrice Moret penché sur ces cordes travaille son isntrument au corps. Et Norbert Pfammatter manie ses baguettes avec autant de subtilité que d’efficacité, se glissant dans les interstices pour contstruire et reconstruire les rythmes dans des combinaisaons qui semblent infinies. Il ne s’agit pas pourtant ici d’improvisation : les mélodies sont bien là, la voix est précise, juste, magnifique.  Il ne s’agit pas non plus de jazz vocal avec un d’illustres accompagnateurs. Il s’agit de quelque chose de neuf, dont l’ouverture d’esprit laisse présager de beaux développements futurs.

Si vous n’avez pas pu voir le concert, sachez qu’il sera rediffusé sur la RTS1 jeudi 11 avril à 22 h 45 (émission “La Puce à l’Oreille”)

A découvrir également ci-dessous la dernière vidéo de Elina Duni:

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