La Gale fait trembler le Romandie avec “Salem City Rockers”

©Mehdi Benkler

©Mehdi Benkler

Vendredi 18 septembre. 22h30…

L’enclave rocailleuse du Romandie lausannois déborde. La foule est réunie pour prendre le pouls du très attendu nouvel album de La Gale : “Salem City Rockers”.

Une scène brumeuse accueille la rappeuse. Métaphore du soir. La Gale se positionne dans la mouvance du rap qui n’a que faire des illusions dorées.

@Mehdi Benkler

@Mehdi Benkler

Son verbe est brut, miroir des réalités qui parcourent son chemin

N’attendez pas de prose fleur bleue, La Gale attire la conscience civile là où certains tentent de la bercer de chimères.

Rap coup de gueule, rap social, rap engagé. La force d’impact de son verbe, quant à lui, trouve sans doute sa source dans la mixité de La Gale : héritage maternel d’une sensibilité sociale orientale, héritage paternel d’une détermination occidentale sans faille. La brume scénique du soir se dévoile comme élément focalisateur. Écouter plus que regarder. Les rythmes, les harmonies, les mots sont l’importance du soir. Le reste n’est que fioritures.

“Salem City Rockers” ne déroge pas aux lois de l’univers de La Gale

la_gale_cover_by_AMMO_300x300_300Son flow et son verbe ont toujours ce caractère brut si particulier. Les récits ouvrent une porte sur un album plus personnel, tout en restant toujours aussi engagé. Un franc-parler punk qui, allié à l’énervement rap, donne à chacun de ses titres une puissance indéniable.

Produit les beatmakers français I.N.C.H et Al’Tarba, l’univers harmonique de “Salem City Rockers” pose ses racines dans la tradition hiphop et fait la part belle aux samples. Sans rester dans les frontières du déjà-vu, l’album s’autorise des voyages bénéfiques en terres éclectiques. Oud et ambiances orientales enveloppent l’excellent “Petrodollars (avec la participation de la chanteuse Paloma Pradal)“.

Effluves bluesy et rock alliées à la profondeur hiphop donnent toute sa puissance à “Qui m’aime me suive” (téléchargeable pour la modique somme de 1.- sur le bandcamp de La Gale). Dérives aux tendances electro sur “5000 km” (feat. DJ Nix’on).

Attitude punk – héritage du passé. Flow hip-hop – encre du présent
©Mehdi Benkler

©Mehdi Benkler

“Salem City Rockers” reflète une alliance subtile aux couleurs variées, une alliance qui puise une grande partie de sa force dans le rock, une alliance tenue en équilibre par la précision du travail des samples.

Scéniquement, La Gale s’esquisse d’un trait à mi-chemin d’univers qu’on a pas l’habitude de marier. Attitude punk – héritage du passé. Flow hip-hop – encre du présent. Sur scène, l’envergure de “Salem City Rockers” se dévoile corps et âme. La Gale ne fait pas que poser ses tripes sur papier, elle les révèle à chaque mouvement.

Salem City Rockers” est paru le 18 septembre sur Vitesse Records et paraîtra le 2 octobre dans le reste du monde.

Prochains concerts:

Paris (F), Festival MaMA, Le backstage By the Mill, le 16 octobre

Niort (F), Festival En Vie Urbaine, le 17 octobre

Milan (I), Expo Pavillon suisse, le 24 octobre

Tour (F), Le Temps Machine, le 6 novembre

Grenoble (F), salle Eve, le 12 novembre

Salon-de-Provence (F), Le portail Coucou, le 14 novembre

Cenon (F), Le Rocher-de Palmer, le 3 décembre

Castres (F), Le Bolegason, le 5 décembre

Lausanne (CH), les Docks, le 11 décembre

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Das Treffen von zwei Kolossen

Andreas Schaerers Band Hildegard lernt fliegen wird beim Luzerne Festival symphonisch

Probe 1: Andreas Schaerer (links) und Lucerne Festival Academy Orchestra ©Stefan Deuber

Probe 1: Andreas Schaerer (links) und Lucerne Festival Academy Orchestra ©Stefan Deuber

Es gibt gleich einige gute Gründe, warum der Berner Andreas Schaerer derzeit der vielleicht interessanteste Gesangskünstler der Musikszene ist. Was damit beginnt, das der aktuelle Preisträger des Echo Jazz in der Sparte „Gesang international“ (und damit direkter Nachfolger von Gregory Porter) weit mehr ist als nur ein Sänger und auch nur bedingt in die Schublade Jazz passt; Schaerer ist vielmehr ein Stimm-Jongleur, der sein Organ nicht nur in den verschiedensten Lagen und Stilen (vom klassischen Lied- bis zum Crooner- oder Scat-Gesang) erklingen, sondern damit auch alle denkbaren Geräusche erzeugen und allerlei Instrumente bis hin zum Schlagzeug imitieren und polyphon übereinander türmen kann. Er ist darüber hinaus ein glänzender Komponist und Improvisator, der diese Fähigkeiten für die verschiedensten Projekte variabel einsetzen und rhythmisch wie melodisch virtuos gestalten kann. Und er verfügt schließlich in reichem Maße über Bühnen-Charisma und die in der „ernsten Musik“ eher seltenen Gabe des Humors, was vor allem bei seiner Paradeband Hildegard lernt fliegen zur Geltung kommt.

Interessantester Vokalist der Gegenwart
Probe 2: Andreas Schaerer mit Lucerne Festival Academy Orchestra ©Stefan Deuber

Probe 2: Andreas Schaerer mit Lucerne Festival Academy Orchestra ©Stefan Deuber

So ist es folgerichtig, dass Hildegard lernt fliegen vor zwei Jahren den BMW Welt Jazz Award gewann, als dessen jährlich wechselndes Motto „Sense of Humour“ lautete; und dass Schaerer mit der Band nun beim Lucerne Festival ins Spiel kam – lautet doch dessen Motto heuer „Humor“. Dramaturg Mark Sattler, beim Festival seit 16 Jahren für „zeitgenössische Projekte“ zuständig, fragte Schaerer, ob er nicht einen Hildegard-Auftritt mit einer 20-minutigen Komposition für das Lucerne Festival Academy Orchestra kombinieren wolle. Schaerer ergriff mehr als nur den gereichten Finger und schrieb gleich den kompletten 70-Minuten-Auftritt als „The Big Wig“ betiteltes Orchesterstück für 66 Musiker. Am vergangenen Samstag erblickte das kurz, aber intensiv geprobte, von Schaerer komponierte, arrangierte und orchestrierte, dann vom Hildegard-Saxofonisten (und ehemaligen Geiger) Matthias Wenger feingeschliffene Werk im Luzerner KKL das Licht der Welt – und riss die Zuschauer von den Stühlen.

Mehr Kraft, weniger Gags
Probe 3: Hildegards Blechbläser ©Stefan Deuber

Probe 3: Hildegards Blechbläser ©Stefan Deuber

Paradoxerweise – hält man sich das Festivalmotto vor Augen – hat man wohl noch keinen „seriöseren“, weniger „lustigen“ Hildegard-Auftritt erleben können. Was die logische und bewusste Konsequenz daraus war, dass Schaerer seine Chance beim Schopf packte und alle Möglichkeiten des sinfonischen Rahmens ausschöpfte. Denn damit traten er selbst wie seine Hildegard-Mitstreiter sozusagen ins zweite Glied, um sich in den orchestralen Gesamtklang einzufügen. Die drei adaptierten Hildegard-Hits „Zeusler“, „Seven Oaks“ und „Don Clemenza“ gewannen so einen neuen Fluss und enorme, mitunter filmische Kraft und verloren die in der kleinen Besetzung latente Zickigkeit. Und die eigens geschriebenen Stücke wie „Two Colosses“ ergaben inspirierte Sinfonik mit einem Esprit und einer stets zugänglich bleibenden Experimentierlust, der den meisten neuen Werken dieses Genres fehlt. Das junge, mit überragenden Talenten aus aller Welt gespickte und vom Dirigenten Mariano Chiaccharini lässig, aber präzise instruierte Orchester hatte sichtlich seinen Spaß und ließ sich sogar vom kurz das Dirigentenpult enternden Schaerer auf Jazz-Abwege führen: Wann hat man je ein Sinfonieorchester gelungen kollektiv improvisieren sehen.

Eine sinnvolle Symbiose

Ohnehin ist die Kombination aus klassischem Orchester und Jazzband ja schon oft genug missglückt, zuletzt durfte man sich bei Geir Lysnes Monteverdi-Morricone-Hybridkompositionen vom Auftritt Michael Wollnys mit den 12 Cellisten in Berlin enttäuscht fühlen. Hier war es eine runde Sache, eine sinnvolle und befruchtende Symbiose, die allen Beteiligten nicht nur unvergesslich bleiben, sondern ihnen auch bei der weiteren musikalischen Entwicklung helfen wird.

Louis Schild, « Qu’il Vive »

Portrait de Louis Schild revisité par le photographe Michel Bonvin!

Portrait de Louis Schild revisité par le photographe Michel Bonvin

Sur la scène du Théâtre 2.21 à Lausanne, samedi 17 janvier, un grand barbu armé d’une basse et d’une trompette qui ressemble à un jouet dirige un drôle d’orchestre. Pierre Audétat (Stade, Piano Seven) s’agite entre un piano à queue et des samplers, Flo Stoffner, assis se balance hypnotiquement sur sa guitare. Quant à Lionel Friedli, il frotte, frappe et fait voltiger les baguettes de sa batterie comme si sa mission était de déclencher un feu d’artifices de rythmes.

Qu’il Vive

 « Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de ne pas avoir de fruits. » écrivait René Char dans le poème “Qu’il Vive“ en 1968. C’est à ce court texte que Louis Schild rend hommage pendant un peu plus d’une heure. « “Qu’il Vive“ parle d’un pays. C’est un vœu de l’esprit, une utopie, un pays qu’on a en nous. Cette idée m’a accompagné tout au long du processus de création. » Qui s’achève en décembre 2014, le jour où Louis Schild remet à ses comparses les copies de son travail de composition.

En ce samedi soir de janvier, je ne cherche d’ailleurs pas vraiment à comprendre où se situe le blues, le rock ou le jazz dans ces long morceaux, dans ce processus d’improvisation collective. Je préfère apprécier l’incroyable énergie qui se dégage l’ensemble et se transmet au public encore plus jeune que le leader de la formation.

Quelques jours plus tard, dans un café du centre ville, les questions affluent. « Je n’ai pas seulement emprunté au jazz, mais aussi aux musiques folkloriques d’Afrique de l’Est, aux musiques populaires italiennes des années 60 et à celles du Proche-Orient » explique le jeune autodidacte de 23 ans, éperdument curieux. « Je me suis beaucoup intéressé aux musiques de l’Empire Ottoman, aux rhapsodies. On dit d’ailleurs que dans les rhapsodies, les thèmes sont cousus ensemble. Cette idée m’a beaucoup parlé».

LEON

LEON Louis Schild (à gauche) et Raphaël Ortis (à droite)

LEON
Louis Schild (à gauche) et Raphaël Ortis (à droite)

Quand il n’est pas en train de donner son interprétation musicale de poésie résistante, Louis Schild est la moitié du binôme LEON. Né en 2011 d’une rencontre avec Raphaël Ortis (bassiste et explorateur de sons ) à la Reithalle de Berne, LEON a choisi comme mode opérationnel l’improvisation pure. Le travail du groupe repose sur quelques idées discutées en amont et une complicité à toute épreuve. Aujourd’hui. Parce qu’il se sent irrésistiblement attiré par le rock, LEON aime inviter d’autres musiciens et tend à se fixer en quartet avec encore Antoine Läng (voix et électronique) et David Meier (batterie).

Parfois encore LEON collabore avec Kasper T. Toeplitz, le compositeur franco-polonais, également un homme de basse, mais aussi d’ordinateurs, bien connu dans les milieux de la noise music. Un enregistrement de leurs recherches sonores va d’ailleurs bientôt paraître sur le label et distributeur de disques fous Metamkine.

Travailleur du son et de l’espace, Louis Schild est aussi l’ardent défenseur d’une autre façon de vivre. Une forme de résistance ou plutôt d’« insurrection de consciences » pour reprendre les termes de de l’intellectuel Jean Ziegler. Louis Schild a choisi la vie en communauté, à la maison comme dans ses nombreuses activités. Avec Alain Wolff, il s’occupe de l’Espace Echallens13 à Lausanne.

Il se prépare à lancer Les éditions collectives La Maraude dont l’une des premières parutions devrait être un livre de dessins de Julian Sartorius. La carte blanche que lui a donné pendant 4 soirs le théâtre 2 :21 à Lausanne a été l’occasion de faire le point sur son travail. Enrichissant et stimulant.

 

 

 

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