Yellofier, le nouveau joujou de Yello

screen_29On connaissait Boris Blank co-fondateur de Yello. On le retrouve au côté du producteur suédois Hakan Lidbo pour Yellofier, une application pour smartphone destinée à la création musicale.

Le principe est simple. L’application permet d’enregistrer des sons et de les utiliser immédiatement comme boucles sonores. Chaque son est représenté par un carré de couleur auquel on peut superposer un effet audio (saturation, écho…) de manière intuitive. Ajouter à cela la possibilité d’agencer les diverses motifs rythmiques créés à l’aide d’un séquenceur audio simple d’utilisation mais riche en fonction d’édition, et on obtient une application facile d’accès mais aux innombrables possibilités. Et c’est la grande force de Yellofier. Pas besoin de connaissances musicales particulières ou d’instrument: un claquement de doigt, une respiration ou un tintement de verre suffisent à créer un morceau. Les fonctions de partage permettent d’accéder aux titres des autres utilisateurs, certains signés Henrick Schwarz, The Orb ou encore Carl Craig.

Yellofier rend la création musicale accessible aux novices tout en proposant des fonctions avancées qui convaincront les utilisateurs plus expérimentés, et cela grâce à une interface visuelle bien pensée, colorée et ludique. A vos tablettes!

Yellofier est disponible sur Iphone et Ipad. 2,69 euros.

 

Advertisements

Le double électro de Peter Kernel

tumblr_inline_mk0abbdWD31qz4rgpSecond single solo après «I’ll teach you to hunt», Barbara Lehnoff alias Camilla Sparksss enfonce le clou avec «Precious People». Elle creuse son sillon si particulier dans un style électronique quasi-mécanique aux sonorités 80’s assez éloigné de ce que l’on connaissait d’elle au travers du groupe rock Peter Kernel. A l’image de son clip percutant, «Precious People» est une claque sonore inquiétante et hypnotique qui sort des sentiers battus avec ses basses énormes et des arpèges électroniques technoïdes aux frontières de la Cold Wave. Un titre masterisé par Simon Davey (Chemical Brothers, Depeche Mode, Mirwais…) qui n’est sans doute pas pour rien dans cette électro puissante et implacable baignant dans une sensualité toujours sous-jacente.

A l’image des intrigants trois «s» de «Sparksss», la troublante Barbara Lehnoff est définitivement une artiste déstabilisante et hors-norme qui bouleverse les lieux communs. Entre provocation et douceur sauvage, la suisse-canadienne se fraye son chemin au travers de la musique électronique underground… une piste à suivre et à ne lâcher sous aucun prétexte.

Mama Rosin à la rencontre de Moriarty

imagehautsiteMoriarty et Mama Rosin sortent tout juste de l’enregistrement de 5 titres communs, à paraître le 20 avril dans le cadre du «Disquaire Day 2013». Ils se sont donnés rendez-vous pour célébrer la chose à la Flèche d’Or dix jours avant cette date. Moriarty ouvre le bal. A Paris, les franco-américains de Moriarty jouent à domicile et leur réputation n’est plus à faire, ce qui n’est pas le cas du trio helvétique, inconnu de la plupart des spectateurs.

Natifs de Genève, la musique des Mama Rosin baigne dans le blues suintant de la Louisiane et se permet de multiples écarts géographiques vers la Nouvelle-Orléans ou les Caraïbes. Lorsque les neufs musiciens sont réunis sur la petite scène de la Flèche d’or, ils  attaquent les titres communs et la sauce prend instantanément, comme si les deux entités avaient toujours joué ensemble. Banjo et violon croisent le fer avec harmonica et contrebasse, les accordéons sont de sortie, et le bottleneck est de rigueur. Ces morceaux inédits donnent l’impression d’avoir toujours existés, comme un bon vin resté à la cave et qu’on ressort pour une grande occasion. «Ginger Joe» et sa grosse rythmique fait immanquablement taper du pied. «Every Night» est plus dans le style des Moriarty, mais le banjo de Robin Girod de Mama Rosin fait merveille aux côtés de l’harmonica de Thomas Puéchavy. Après ce voyage outre-Atlantique, on revient en Europe avec «Sept jours en mer». Sans doute un des meilleurs moments du concert. Dans un style peu abordé jusque là, les deux groupes nous proposent un chant de marin aux allures de légende traditionnelle celtique. Les «sombres héros de l’amer» de Noir Désir ne sont pas loin, et comme souvent dans ce genre d’histoire de sirènes et de navires perdus, c’est simple, efficace et terriblement poignant. Rosemary de Moriarty qui chante en français, c’est superbe et suffisamment rare pour être signalé! On est sous le charme délicieusement vintage de cette formation éphémère.

Moriarty & Mama RosinMoriarty quitte temporairement la scène pour laisser les trois rockeurs suisses prouver au public français qu’ils en ont sous la pédale. Sans crainte, ils nous balancent leur blues rock de la Louisiane helvétique. Leur univers est bariolé. Il mélange allègrement le Mississippi et le Québec, comme si Jimmy Page et Robert Plant s’étaient initiés aux mythes vaudou et à la danse Two-Step du Texas. On comprend mieux pourquoi Jon Spencer du fameux groupe  new-yorkais Jon Spencer Blues Explosion a décidé de prêter main forte à l’enregistrement de leur dernier album «Bye Bye Bayou», sorti en février dernier. «Sittin on top of the world», extrait de cet album, est représentatif du mélange des genres cher aux Mama Rosin: un riff bluesy au bottleneck soutenu par un accordéon dansant et une grosse rythmique hypnotique et rock n’roll. Il n’en faut pas plus pour faire dodeliner de la tête les 500 personnes de la Flèche d’Or, et on aperçoit même les Moriarty taper des mains en coulisses. L’effet est instantané et délicieusement addictif.

Quelques morceaux plus tard, Moriarty rejoint à nouveau les Mama Rosin sur scène pour clôturer un concert enlevé et rythmé. Pas d’artifices superflus, juste de l’énergie brute et le plaisir de livrer un concert unique, qui se termine dans un mélange de transe vaudou et de blues country et une petite traversée parmi la foule. Merci Moriarty et Mama Rosin !

 Le concert de Mama Rosin et Moriarty a eu lieu mercredi 10 avril, salle de la Flèche d’or à Paris

L’enregistrement 5 titres “Moriarty Meets Mama Rosin” paraît en vinyle en édition limitée le 20 avril sur le label Air Rytmo de Moriarty.

%d bloggers like this: