Berlin Music Week: the good and bad news in music business

BMW14_bisPour s’y retrouver à La Berlin Music Week, mieux vaut avoir l’esprit est les oreilles bien ouverts. Pour cette cinquième édition, cette foire musicale en forme de prélude au Berlin Festival, se divise en deux volets. Le premier volet « Music » propose une pléthore de nouveaux artistes dans les clubs situé sur les deux rives de la Spree (entre la Warschauerstrasse et l’Ostbahnof).

L’autre volet de la Berlin Music Week s’intitule « Word » et propose conférences, débats et tables rondes auxquels participent des gens influents de l’industrie musicale. Tout ce beau monde est là pour se gratter les méninges, explorer de nouvelles voies, donner des conseils, trouver des solutions à un marché qui ne cesse de se casser la gueule.

Ci-dessous en quelques points très résumés, ce que j’ai entendu d’intéressant pendant ces deux jours de conférence et brainstorming !

 Le marché du disque continue sa longue et inexorable chute

Si l’on trouve encore des disquaires en France en Allemagne, les ventes digitales tendent à remplacer complètement le disque. En Norvège les revenus de vente de musique proviennent à 65% des plateforme de streaming. Il n’est donc plus même question ici de téléchargement… Or, le système d’abonnement à Spotify, Deezer et consorts ne génère qu’un revenu insignifiant pour les artistes qui ne sont pas déjà très connus. Dans une conférence intitulée « Surviving Streaming », le professeur Arnt Maaso a présenté le résultat d’une recherche  intitulée “Clouds and Concerts” qu’il mène dans le département de musicologie de l’université d’Oslo. Ayant accès aux données de la plateforme WiMP (plateforme de streaming qui propose à ses auditeurs un son en qualité HiFi), il a étudié le comportement des utilisateurs de la plateforme WiMP et cherché des améliorations au système proposé. Il ressort de son étude que les jours les plus fréquentés sont les vendredi et samedi (mais pas le dimanche). 66% des auditeurs écoutent leur musique avec des écouteurs à partir de leur Iphone ou tablette et découvrent de nouveaux morceaux en suivant les playlists d’autres utilisateurs.

BMW14_4La redistribution de l’argent perçu par les plate-formes de streaming se fait au prorata, un système peu équitable

Autrement dit, la plus grande partie  de l’argent atterrit dans les mains de quelques stars internationales. Vive la globalisation ! Entre autres effets pervers d’un tel système, signalons le plus important: si une star sort un album au même moment qu’un artiste découverte, l’artiste découverte va être complètement éclipsé et ne touchera quasiment rien, même s’il a des fans loyaux et s’il a déjà un certain poids au niveau local ou régional.

D’autres modèles de rémunération pourraient être envisagés

Arnt Maaso et son équipe proposent un modèle de redistribution centré sur l’utilisateur. Imaginons : vous êtes abonnés à Spotify pour un montant de 10.- par mois, mais vous n’écoutez que quelques disques de groupes peu connus par mois. Votre contribution va être intégralement et uniquement reversée aux groupes que vous avez écoutés. Elle ne va pas être mise dans le grand pot des contributions de tous les utilisateurs et redistribuée au prorata des titres les plus écoutés pendant ce mois. Ce système permettrait aux artistes qui se font connaître localement d’être mieux rémunérés et de pouvoir compter sur le soutien de leurs fans.

Les deux autres solutions de fidélisation des fans sont le crowdfunding et l’abonnement payant

Nul besoin ici de rappeler la validité du crowdfunding qui ne cesse de faire ses preuves. Mentionnons toutefois – ce que beaucoup de musiciens ont encore de la peine à comprendre – qu’on ne peut faire du crowdfunding à partir de rien ! Le plus important est donc de fidéliser son public, de communiquer avec lui et de construire petit à petit sa communauté de fans. Ce n’est qu’une fois que la communauté est suffisamment conséquente que l’on peut songer à la solliciter via du crowdfunding ou des abonnements payants. Pour vous en assurer, regardez le débat intitulé « Revenues, Discoverability, Distribution, Transparency » (filmé en direct à la Berlin Music Week) et animé par Andrea Leonelli, activateur depuis 2009 du site digitalmusictrends.com. Y participent Janine Wuelker (fintunes.com), Benjamin Lebrave (akwaabamusic.com), Phiona Okumu (afripopmag.com) et Michael Krause (deezer.com). Chaudement recommandé !

Quant à l’abonnement aux artistes, il s’agit tout simplement d’un abonnement proposé par un label, un artiste ou un collectif d’artistes à ses fans les plus assidus. En échange d’un paiement mensuel, ceux-ci ont accès à un site Internet exclusif avec des contenus vidéos ou audio qui ne sont pas diffusés au reste du public, la possibilité de chatter en direct, etc. Une conférence menée par Andrew Apanov, CEO de Dotted Music, site musical qui propos depuis peu des tutoriaux de marketing pour les artistes de musique électronique sous le nom de We spin.

Il est encore possible de gagner de l’argent en faisant de la musique, mais plus que jamais l’artiste doit se profiler en auto-entrepreneur et bosser, bosser, bosser…

La Berlin Music Week a eu lieu du 3 au 7 septembre 2014. Site Internet ici!

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