Roman Nowka, Jazz Master à sa manière

1907597_10152074424737712_93029093_nLa soirée « guitare » du CullyJazz Festival nous a révélé un magnifique musicien : avant Marc Ribot et Medeski Martin & Wood avec le guitariste de Wilco Nels Cline, jouait le jeune Biennois Roman Nowka, en solo.

On le savait alors bassiste dans le fameux Lucien Dubuis Trio, guère plus. Curiosité et impatience de voir une nouvelle figure sur cette belle grande scène, devant un parterre noir de monde. Tout sourire, accent fleuri en prime, Roman Nowka nous dira ensuite : « La musique, ça me plaît quand il y a de l’espace et que c’est fragile. » Nous étions donc tous au bon endroit.

 

“Il faut être présent, jouer ce qu’on aime, et ne pas avoir peur”

Nonchalant et jovial, il a entonné de petites ritournelles sympathiques, assez techniques et décalées, avant de nous happer dans un univers d’une belle intensité. Prendre le temps de bien rajuster son micro, de trouver ses mots pour dire peu mais bien, de modifier un réglage sans se presser. Un peu drolatique car « normalement on doit toujours montrer qu’on est fort ; mais moi ce qui m’intéresse c’est le concert : simple, joyeux, honnête. » Peu à peu le public s’est tu, avant de littéralement flotter avec lui, très attentif. « C’était prévu, je savais – enfin ! je ne savais pas si ça allait marcher –  mais c’est l’effet que je recherchais. »

En avril sortaient simultanément deux albums : un solo nommé Jazzmaster – « c’est juste parce que c’est le nom de la guitare Fender que j’utilise, elle était tellement cher ! c’est un peu nul comme nom » – mais aussi un très beau disque de reprise de Duke Ellington en trio, Do Da Ellington, avec Thobbias Schramm à la batterie et Samuel Kühn à la basse. Avant, il y a encore eu Me Myself and I en solo « parce que j’aime bien être seul avec ma guitare n’importe où, c’est comme ça que j’ai commencé. »

“J’écoutais à fond Michaël Jackson, David Hasselhof”

Boire un café avec Roman Nowka, c’est aussi parler pêle-mêle de souvenirs de la Californie où il a grandi, de son père guitariste classique, de sa mère vendeuse de sandwiches à Venice Beach, des thérapies d’Arthur Janov, de sa formation en haute école de musique et de son amour de la pop – « J’écoutais à fond Michaël Jackson, David Hasselhof, . Le jazz pas tellement en fait, à part Monk ou quelques trucs. »

Comme avec la poule et l’œuf, on ne sait jamais trop si c’est la candeur qui fait le grand musicien, ou l’inverse. Roman Nowka est de ces gens-là, qui donnent au monde une musique presque céleste. Il travaille aujourd’hui à un autre album solo, à sortir en 2015 probablement. Un bel artiste à surveiller, car « on s’améliore toujours ».

www.romannowka.com

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