La dentelle d’Olivia Pedroli

op_media32Deuxième création présentée dans le cadre du Cully Jazz, la chanteuse neuchâteloise Olivia Pedroli présente au Temple les chansons de son album A Thin Line, en avant-première.

En 2010, elle était passée de « Lole » – un projet de chanson pop, un peu folk – à « Olivia Pedroli » en sortant The Den, album intimiste aux textures classieuses ; un changement de cap aussi déroutant que réussi. « J’ai commencé jeune, puis j’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes qui m’ont permis de révéler ce monde intérieur ». En l’occurrence, le producteur complice de Björk, CocoRosie ou encore Feist, l’Islandais Valgeir Sigurðsson.

“Ces dualités qui règnent en nous… “

C’est naturellement qu’elle est retournée à Reykjavik pour ce nouvel album à paraître en septembre, avec l’envie d’approfondir les choses, de « creuser un sillon, trouver une cohérence ». « Ce sont les dualités qui règnent en nous qui m’ont intéressées, d’où le titre A Thin Line : ces moment très particuliers ou se rencontrent les doutes et les certitudes. Comment aller à la rencontre de nos propres paradoxes, lorsque tout est clair mais rien n’est sûr. Et nous vivons dans une époque où il est nécessaire de jongler en permanence. » Elle évoque un album réfléchit en plusieurs temps, conçut pour un support vinyle qui conditionne en beauté l’écoute de la musique, avec « une grande recherche sur la forme ».

Hiver nomade et printemps acoustique

Son parcours classique de violoniste lui a permis d’apprendre à composer la musique, chose qu’elle tend à faire de plus en plus. “Il y a trois univers assez distincts que j’aime faire se rejoindre: une écriture folk, les arrangements classiques avec des cordes ou des cuivres, et une architecture sonore faite de textures électroniques.” Elle a dernièrement composé pour le film “Hiver Nomade”, pour lequel elle a été nominée au Quartz du Cinéma Suisse, et travaille actuellement sur le thème du loup avec le Musée d’histoire naturelle de Neuchâtel. Des collaborations transversales qui permettent un autre regard, et de souvent découvrir “la beauté insoupçonnée des choses simples”.

L’exercice de ce soir au CullyJazz Festival – réarranger ses morceaux pour une petite église – est une belle « zone de frottement ». En tentant le tout acoustique, il lui a fallut trouver des alternatives aux textures électroniques, s’approprier les résonances, « jouer avec les contraintes, ce qui amène paradoxalement une forme de liberté, car il faut aller dans le fond plutôt que plus haut ou plus loin. » Travail harmonique, improvisation des textures, beaucoup d’écriture. Pour l’occasion, elle s’est entourée de musiciens qu’elle connaît bien aux violon, violoncelle, percussions et contrebasse. Un projet qu’elle espère ensuite faire tourner dans des lieux insolites, en marge de sa formation électrique en trio (Rhodes, électronique, piano), à l’automne. On pourra revoir cet ambitieux projet acoustique dans la sublime Abbatiale du Bellleay le 5 juillet prochain.

Le site d’Olivia Pedroli

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