Julian Sartorius en mode random

On l‘a vu un peu partout ces derniers mois, en solo ou auprès de Merz ou Colin Vallon, dans les club de jazz, les galeries d’art contemporain ou à l’affiche de festivals indie, le jeune batteur bernois Julian Sartorius ouvre ce soir le 32ème CullyJazz Festival avant Avishai Cohen et Rusconi sous un chapiteau sold out.

ImageFriand d’atmosphères intimistes, la batterie à même le sol pour être au plus proche du public, on l’a vu plusieurs fois émouvoir et faire se lever les foules. A Cully, le dispositif sera tout différent : 900 personnes en rang d’oignon, lui bien loin, sur un large piédestal et sous un gros logo jaune. Il est curieux de voir ce que cela va donner. Le jazz ? Une formation aux conservatoires de Berne puis Lucerne. « J’aime Coltrane, Monk, ce qui a du spirit. » Avant de rajouter gaiement dans l’immense sourire qui le caractérise « Mais j’aime autant Schubert que Madlib ! », et citer encore Awesome tapes from Africa ou le label Sublime Frequencies.

Beat diary

Julian Sartorius est un chercheur, et c’est grâce à un travail titanesque, son « Beat Diary », qu’il a véritablement développé son jeu : pendant une année, il s’est donné pour contrainte de produire et prendre en photo un beat par jour afin de le publier sur un blog, devenu un livre album. « La contrainte est toujours un procédé créatif intéressant, où tu peux aller au fond des choses. Regarde par exemple la gravité, et comme les gens ont été inventifs pour tenter d’y échapper, de l’escalade au base-jump… J’aime les règles, comme dans un jeu. Si elles sont bonnes, il y a beaucoup de fun. Attention, je ne dis pas que la musique juste est un jeu, mais qu’il faut jouer avec les limites. »

“Les nuances sont infinies…”

Ce qui étonne et éblouit dans son solo, c’est la gamme d’harmonies qu’il parvient à faire sortir de son instrument, l’inventivité de sa proposition, et un groove toujours en mouvement. « J’essaie de garder les jambes dans la pulsation et de faire aller mes mains ailleurs. Quand tu arrives à faire bouger les choses tout en restant dans le tempo, cela donne quelque chose de très fort. Et puis les nuances que tu peux apporter selon comment tu touches les choses sont infinies. »

“J’adore quand je ne sais pas ce qui va arriver”

S’il écrit la musique, des plans plutôt que des partitions, il aime se laisser surprendre et s’inspirer de tout ce qui l’entoure : nature, animaux, machine à laver, frottement des vêtements, tout ce qui peut produire un rythme, qu’il soit régulier ou non. « J’ai toujours des images dans la tête, c’est très narratif, et souvent j’entends des synthétiseurs ». Il a lu John Cage qui lui a « ouvert l’esprit », et a peu à peu développé un élan vers le random, l’imprévisible : « J’adore quand je ne sais pas ce qui va arriver, quand il se passe des choses qu’on ne peut pas penser. Cela me rend vraiment heureux ! »

A l’automne, il sort un album du solo, parce qu’on lui l’a souvent demandé, et un autre album fait de duo entre lui et un train, un frigo, ou une caisse à la Migros. Et puis encore un single 7’’ avec des beats dessus. Dans l’intervalle, il réfléchit à comment optimiser les sous qu’il vient de recevoir pour sa nomination au premier Prix de Musique Suisse. Les idées ne manquent pas.

Le site de Julian Sartorius

Dernier disque en date: Merz, “No Compass Will Find Home” (Julian Sartorius drum and vocal renditions), Everest records

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