Peter Kernel au Point Ephémère, Paris, le 1er avril 2012

Les déflagrations punk de Road to Fiasco, le groupe français qui ouvrait cette soirée au Point Ephémère, ne semblait pas avoir dérangé ce couple : pendant le changement de set, deux jeunes gothiques n’ont pas arrêté de s’enlacer langoureusement, par terre, indifférent au monde extérieur. A leur manière, ils avaient tout compris à ce qui allait suivre : Peter Kernel revenait dans cette salle parisienne quatre ans après leur dernier passage à Paris. Sur scène, le Suisse italien  Aris Bassetti à la guitare et la canadienne anglophone Barbara Lehnhoff subliment les tensions nerveuses d’un couple – le leur. De leur propre aveu, les dix heures de route qu’ils venaient de subir les avaient lessivés, mais il n’en paraît rien. En présentant principalement les morceaux de leur deuxième album White Death & Black Heart, les deux rejouent les grands marivaudages du noise punk : elle est Kim Gordon, elle est Kim Deal, il est Thurston Moore, il est Frank Black. Elle est primal, il se réfugie derrière sa guitare. Contrairement aux usages, ils se font face, ignorant presque un public fasciné par cette drôle de parade nuptiale. Rythmée par les coups de boutoir d’un batteur français originaire de Lausanne, leur danse s’accompagne de peu de mots, chaque dissonance  d’Aris répondant à un cri de Barbara, chaque mélodie lui renvoyant un sourire. Finalement, Barbara semble se faire plus pressante, sur le morceau “Hello My Friend”: « Viens voir par ici », envoie-t-elle, frondeuse. Le dénouement approche dans un final où les sons se troublent : Aris vient la rejoindre et l’enlace littéralement, tandis que leurs instruments se mêlent dans un déluge de larsens. Résultat, une jeune fille s’évanouit dans l’assistance, sans que l’on sache si c’était la moitié du couple qui s’embrassait au début. Peter Kernel conclut alors logiquement par « Panico ! This is Love » et par « We’re not going to be the same again », comme si le public n’avait pas (encore) compris le message. Las, pour se remettre de cette parenthèse fusionnelle, les spectateurs auront ensuite droit de se relaxer grâce aux envolées pures de This Will Destroy You, alter ego texan de Mogwai venu conclure ce plateau.

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Comments

  1. hummm ça fait envie de voir sur scène tout ça. Par contre petite précision, c’est pas parce qu’un musicien est Suisse qu’il vient forcément de Lausanne. Celui-là vient de Bulle, canton de Fribourg.

Trackbacks

  1. […] frénétique. Une incandescence de l’instant, qui brillait surtout sur scène (voir la chronique d’un de leur passage au Point Ephémère), quand le couple réinventait la danse des sens, […]

  2. […] frénétique. Une incandescence de l’instant, qui brillait surtout sur scène (voir la chronique d’un de leur passage au Point Ephémère), quand le couple réinventait la danse des sens, […]

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