Au Canada, avec le batteur des Mama Rosin

Victoriaville (Québec), le 27 juin,

Xavier Bray

J’aurais aimé prendre le temps de raconter ces quinze jours au Québec. Faire d’abord un tour rapide sur l’histoire de ce pays pour ne pas toujours tourner autour du cliché : Conquête des Amériques=Génocide des Amérindiens. Car même si Christophe Colomb a vraiment éradiqué les tribus des Bahamas de la surface de la terre, un peu plus haut, au nord il s’est passé des jolies choses. A l’époque où le Canada n’était qu’une “forêt confuse”.

Ouais ça aurait été bien de raconter comment, par le biais des “truchements”, certains européens ont donné tout son sens au mot “acculturation”. Comment au XVIIème siècle, ces mal-aimés des vieux continents ont traversé le grand océan pour devenir purement et simplement des “indiens blancs”. Raconté par les missionnaires assermentés aux états souverains cette histoire est sordide, mais raconté par ces “coureurs des bois” eux-mêmes, on se permet de rêver que l’homme a du bon en lui. Quand même. Et puis j’aurais, bien sur, pris le temps de raconter notre arrivée à Montréal, où à chaque coin de rue, tu as l’impression de revoir un vieux pote. Ici on ne dit pas “bonjour”. On dit : “bonjour, comment ça va c’matin?”. Et ça change beaucoup de choses.
Ha pis j’aurais raconté notre rencontre avec Lisa Le Blanc, ce petit bout de femme qui ne fait absolument pas semblant de chanter des chansons. Invités ici et là par les bons artistes de notre bon label Bonsound, nous nous sommes sentis simplement bienvenus.

Vous auriez bien rigolé si je vous avais raconté le matin ou j’ai confondu ma crème pour le visage (bah oui quoi… Faut s’hydrater!) avec mon dentifrice, et que…hum…ma tête…”Non madame, c’est pas le soleil, c’est mon dentifrice.” J’aurais sûrement aussi raconté notre périple au nord. Quand on a suivi le fleuve Saint Laurent qui, à 1000 km de l’océan, fait déjà 20 km de large. Les deux day off à Tadoussac qui ont été réduits à un, car on a trouvé un concert pour se payer la bouffe d’un soir. Et puis cerise sur le gâteau, ils nous ont offert un tour en ferry pour aller voir les baleines. Au large du “plus vieux village du Canada” j’aurais raconté qu’il se trouve un mélange étonnant d’eau douce et d’eau de mer qui offre aux grands cétacés de quoi se nourrir en quantité. De mon côté je vous aurais avoué que je me suis chopé une fièvre de cheval dans les 39°, donc les baleines je m’en foutais un peu (mais qu’est-ce que tout le monde a avec les baleines!?!). J’ai donc laissé les touristes japonais et leurs jumelles…(oui moi aussi j’ai trouvé louche que des japonais viennent admirer des baleines…A mon avis c’était plutôt du repérage…enfin je dis ça je ne dis rien). Je me suis donc réfugié dans la cabine pour griffonner quelques poèmes dédier à une déesse lointaine. C’est quand la biologiste a crié “A 9h!!” et que les japonais se sont rués à bâbord que j’ai daigné sortir le bout de mon nez dans le vent glacial. Et puis là, effectivement, voir un troupeau de 60 bélougas nager à coté du bateau m’a impressionné. C’est drôle ces animaux…Ça ressemble à un gros pénis circoncis tout blanc. Bon, oui pardon pour la ressemblance mais allez voir des photos ça saute aux yeux.

J’aurais expliqué comment j’ai été troublé par les indépendantistes Québécois dans ce “Grand” nord. Pas du tout gênés de chanter à tue-tête que l’ennemi juré c’est l’Anglais. J’ai tenté de leur expliquer qu’en France aussi, on avait des rigolos en Corse avec armes et cagoules (en fait non, c’est pas rigolo du tout). Ils n’ont pas aimé la relation je crois. Enfin, de toute façon, je ne me permettrais pas de donner mon avis sur la question. Car un peu chauvin, j’aurais avoué qu’il y de belles choses chez les francophones ici, et que chez les anglophones c’est pas la même.

J’aurais pu parler de la langue du coup. Et notamment d’un mot : “Tantôt”. Je l’adore. Il arrive à exprimer le passé ou le présent. Par exemple : “On ira se boire une bière tantôt” ou alors “c’était bien de se boire une bière tantôt”. Et puis j’aurais pas pu m’empêcher de parler de la peur qu’il y a ici que la langue anglaise devienne trop présente. Pourtant j’explique qu’en France on va faire du shopping alors qu’ici on fait du magasinage.

Aurais-je osé raconter nos concerts devant des Québécois souriants et étonnés de voir des Suisses faire du Cajun.
Où plutôt vous dire comment je me sens lorsque pris d’une de mes sempiternelles insomnies-mélancolie, j’ère à 4 heures du matin dans le hall de l’hôtel à la recherche d’alcool et de tabac.

Ouais, j’aurais vraiment aimé vous raconter tout cela. Mais je ne vais pas passer mon temps devant mon ordi quand même!!
Enfin. Pour certains ça va bientôt être les vacances, alors je vais me mettre en vacance de récits aussi. Et si je suis encore vivant on se verra à la rentrée.
Mais sachez que j’aurais vraiment aimé…

Après le Canada, les Mama Rosin sont visibles sur les scènes suivantes

04.07.2013 – Jazzparade, Fribourg SWITZERLAND
19.07.2013 – Colours of Ostrava, Ostrava CZECH REPUBLIC
20.07.2013 – Gartenfestival, Bern SWITZERLAND
23.07.2013 – Paléo, Nyon SWITZERLAND
24.07.2013 – Les allées chantent, Grenoble FRANCE
25.07.2013 – Les allées chantent, Grenoble FRANCE
26.07.2013 – Les allées chantent, Grenoble FRANCE
27.07.2013 – Blue Balls, Luzern SWITZERLAND
01.08.2013 – Yverdon-Les-Bains SWITZERLAND
02.08.2013 – Esperanzah Festival, Namur BELGIUM
10.08.2013 – Guiness Festival, Sion SWITZERLAND
11.08.2013 – Heitere Open Air, Zofingen SWITZERLAND
16.08.2013 – Sounds of the Forest, Erbach GERMANY
17.08.2013 – Zone Piétonne, La Neuveville SWITZERLAND
18.08.2013 – Theaterspektakel, Zürich SWITZERLAND
20.08.2013 – Mardi Sablés, Excenevex FRANCE
22.08.2013 – Nest Collective / SBC roof top, London UNITED KINGDOM
23.08.2013 – Purbeck Folk Festival, Purbeck UNITED KINGDOM
25.08.2013 – Towersey Festival, Towersey UNITED KINGDOM
26.08.2013 – Greenbelt Festival, London UNITED KINGDOM
16.10.2013 – MaMA Festival, Paris FRANCE

“By Bye Bayou” de Mama Rosin consacré

MJCR020_HumanExpression_Front300Tes les Federer du rock indépendant, les Genevois de Mama Rosin viennent de décrocher le prix du meilleur album de “alternative country” aux IMA, Independent Music Award. Cette distinction internationale n’est pas un prix avec une somme rondelette à la clef. Elle est conçue et pensée comme une vraie possibilité de développer sa visibilité sur la scène internationale. Elle devrait donc permettre à nos deux héros helvétiques, assistés de leur compère et batteur français, de décrocher plus de gigs, d’obtenir une meilleure distribution, bref d’aggraver leur hyperactivisme déjà bien développé.

 

affiche soirée 13 juinJustement jeudi soir, les Mama Rosin organisent à Genève (au cinéma Spoutnik) une soirée en l’honneur d’Alan Lomax, avec une performance de Eric Isaacson, le boss du label Mississipi Records (qui a réédité plusieurs enregistrements du père de l’ethnomusicologie) et célèbrent la sortie, sur leur label MoiJConnais Records, d’un disque culte du groupe de rock psychédélique californien, Human Expression. Ah oui, j’oubliais… les Mamas vont aussi passer des disques et en vendre. Une question reste en suspens: quand est-ce qu’ils dorment?

Mama Rosin à la rencontre de Moriarty

imagehautsiteMoriarty et Mama Rosin sortent tout juste de l’enregistrement de 5 titres communs, à paraître le 20 avril dans le cadre du «Disquaire Day 2013». Ils se sont donnés rendez-vous pour célébrer la chose à la Flèche d’Or dix jours avant cette date. Moriarty ouvre le bal. A Paris, les franco-américains de Moriarty jouent à domicile et leur réputation n’est plus à faire, ce qui n’est pas le cas du trio helvétique, inconnu de la plupart des spectateurs.

Natifs de Genève, la musique des Mama Rosin baigne dans le blues suintant de la Louisiane et se permet de multiples écarts géographiques vers la Nouvelle-Orléans ou les Caraïbes. Lorsque les neufs musiciens sont réunis sur la petite scène de la Flèche d’or, ils  attaquent les titres communs et la sauce prend instantanément, comme si les deux entités avaient toujours joué ensemble. Banjo et violon croisent le fer avec harmonica et contrebasse, les accordéons sont de sortie, et le bottleneck est de rigueur. Ces morceaux inédits donnent l’impression d’avoir toujours existés, comme un bon vin resté à la cave et qu’on ressort pour une grande occasion. «Ginger Joe» et sa grosse rythmique fait immanquablement taper du pied. «Every Night» est plus dans le style des Moriarty, mais le banjo de Robin Girod de Mama Rosin fait merveille aux côtés de l’harmonica de Thomas Puéchavy. Après ce voyage outre-Atlantique, on revient en Europe avec «Sept jours en mer». Sans doute un des meilleurs moments du concert. Dans un style peu abordé jusque là, les deux groupes nous proposent un chant de marin aux allures de légende traditionnelle celtique. Les «sombres héros de l’amer» de Noir Désir ne sont pas loin, et comme souvent dans ce genre d’histoire de sirènes et de navires perdus, c’est simple, efficace et terriblement poignant. Rosemary de Moriarty qui chante en français, c’est superbe et suffisamment rare pour être signalé! On est sous le charme délicieusement vintage de cette formation éphémère.

Moriarty & Mama RosinMoriarty quitte temporairement la scène pour laisser les trois rockeurs suisses prouver au public français qu’ils en ont sous la pédale. Sans crainte, ils nous balancent leur blues rock de la Louisiane helvétique. Leur univers est bariolé. Il mélange allègrement le Mississippi et le Québec, comme si Jimmy Page et Robert Plant s’étaient initiés aux mythes vaudou et à la danse Two-Step du Texas. On comprend mieux pourquoi Jon Spencer du fameux groupe  new-yorkais Jon Spencer Blues Explosion a décidé de prêter main forte à l’enregistrement de leur dernier album «Bye Bye Bayou», sorti en février dernier. «Sittin on top of the world», extrait de cet album, est représentatif du mélange des genres cher aux Mama Rosin: un riff bluesy au bottleneck soutenu par un accordéon dansant et une grosse rythmique hypnotique et rock n’roll. Il n’en faut pas plus pour faire dodeliner de la tête les 500 personnes de la Flèche d’Or, et on aperçoit même les Moriarty taper des mains en coulisses. L’effet est instantané et délicieusement addictif.

Quelques morceaux plus tard, Moriarty rejoint à nouveau les Mama Rosin sur scène pour clôturer un concert enlevé et rythmé. Pas d’artifices superflus, juste de l’énergie brute et le plaisir de livrer un concert unique, qui se termine dans un mélange de transe vaudou et de blues country et une petite traversée parmi la foule. Merci Moriarty et Mama Rosin !

 Le concert de Mama Rosin et Moriarty a eu lieu mercredi 10 avril, salle de la Flèche d’or à Paris

L’enregistrement 5 titres “Moriarty Meets Mama Rosin” paraît en vinyle en édition limitée le 20 avril sur le label Air Rytmo de Moriarty.

From Louisiana to New York via …..Geneva.

Mama Rosin New York 10These three are decidedly untenable. No sooner had Mama Rosin got back from New York where they’d recorded their new studio album under the aegis of Jon Spencer, that they announced the release of three screen-printed limited editon singles. The first recording by the Souchet brothers (same line-up but without drummer Xavier Bray) is also awaited before Christmas. Guitarist and banjo player, Robin Girod, is very chatty on skype – it’s kind of normal since his head is still a bit in the USA.
How did you meet Jon Spencer?
Robin Girod : Jon Spencer plays with Matt Verta-Ray in an incredible rockabilly band called Heavey Trash. It’s real rockabilly, fine and subtle, never vulgar. His Swiss tour manager, David Schindler, gave him a bunch of Swiss CDs to listen to including ours. Once back home, Jon Spencer called him to say that he’d really liked our stuff. He suggested that we do the start of a small German tour with him as part of Blues Explosion. We had a great time together. On the last day, Jon asked us to do some recording with him at his studio in New York. We weren’t expecting any of this since up until then our relationship had been very professional.
Mama Rosin New York_3Are you scared about working with someone of this stature?
Robin Girod : We were scared beforehand, but we were also very excited about recording and playing together. Once we saw the place we were even more excited. Jon Spencer has a studio from back in the day, everything is analogue just like we like it and he shares it with Matt Vera-Ray and Iggy Pop’s drummer. We were stunned to be hanging out with people of this calibre. They were very modest, much more so than the Europeans. Jon behaved like a surgeon or possibly more like an old savant. He let us climb on board a truly fantastic ship. There was a piano and a vibraphone. He told us to try out whatever we liked. We worked nine hours non-stop everyday with a short pause and then it was over. Even if we felt like staying longer in order to work on a difficult part, he’d force us to sleep on it and come back the next day with a rested head.
The result?
Robin Girod: We’d gone with the idea of making a really different album. Whereas in fact, we made something which is an extension of our “Voodoo Rhythm” LP, but with two years of experience added on, a few rock tracks and also some rather sad ballads.
Why do you keep on bringing out limited edition vinyl tracks at the same time?
Mama Rosin New York 8Robin Girod: It’s a bit of a joke we’ve got going on with MP3 and downloading. Of course we download stuff too, but we like to put out these little hidden gems that would otherwise get lost. They bear witness to a tour or to a specific moment in our group’s existence.

(Translation Beatrice Venturini)

The new Mama Rosin, “Bye Bye Bayou” is out since november and will be released in France early 2013. You can listen and buy their music on bandcamp.

Mama Rosin will tour France and Europe at the same period.

Les judicieux mélanges de Label Suisse

RoninDu 13 au 15 décembre,  Label Suisse a frappé un grand coup en investissant les clubs Lausannois. Plus que jamais le festival gratuit bisannuel a mélangé les genres. A signaler en particulier une soirée jazz qui a démarré au D’Club avec l’incroyable Nik Bärtsch et son groupe Ronin. Jouant sur les répétitions, les modulations, les combinaisons infinies de phrases musicales, ce groupe tient sur l’incroyable précision de ses musiciens. Mention spéciale au leader de l’ensemble ainsi qu’au batteur Kaspar Rast et à la personne aux lumières, dont les changements d’éclairage semblaient être calculés au centième de seconde.

Guillaume PerretA peine le temps de souffler et de s’extraire du temple de la dance music qu’il faut se précipiter de l’autre côté de la rue, à la Mecque du rock (Le Romandie) pour voir Guillaume Perret se déchaîner sur son sax et ses pédales d’effets. Que dire ? Par moment on a l’impression que son souffle part de ses tripes, le transperce et se transmet comme une onde à l’entier du public, sous le choc. La classe. « En plus du mélange des styles, cette édition a mélangé les publics, souligne Marc Ridet coordinateur et âme pensante de ce Festival dans lequel on croise aussi des programmateurs de haut vol (Jazz à Montréal, les Eurockéennes, les Nuits du Botanique). A l’église Saint-François le samedi la prestation de Francesco Salis et de la chanteuse de gospel La Velle Duggan puis celle d’Olivia Pedroli furent remarquées. « Le festival a prouvé que la musique suisse fédérait le public suisse. Avant les Romands avaient tendance à se tourner culturellement vers la France. Maintenant, ils sont plus sensibles à ce qui se fait en Suisse allemande. Paradoxalement, les Suisses allemands chantent d’ailleurs désormais pour la plupart en anglais ! »

Pas étonnant dès lors, que deux des groupes les plus remarqués furent deux groupes hybrides, tous deux originaires de Genève. The National Fanfare Kadebostany et son mélange de cuivres, de techno et les Mama Rosin qui conjuguent bayou et énergie punk !

>Ecoute et extraits des concerts sur le site de la RTS.
>Ecoute de la compilation numérique Label Suisse ici!
>Et encore le festival vu par les Français avec le reportage audio de Solnix écoutable sur le site Internet de Télérama.

Le disque du mois d’octobre de Swissvibes: Mama Rosin “Bye Bye Bayou”

 Ça y est: le nouveau disque de Mama Rosin sort aujourd’hui. Pour fêter la chose, les deux Genevois – Cyril Yeterian et Robin Girod – et leur batteur grenoblois Xavier Bray ont eu les honneurs d’une session live sur radio Paradiso jeudi dernier. Evidemment, il s’y sont mis en danger. Peu de répétitions, et une attitude bien rock’n’roll pour saluer la sortie de ce « Bye Bye Bayou ». « Pourquoi des adieux au bayou? » les questionne le journaliste Yann Zitouni. « Un clin d’œil à Alan Vega dont nous sommes fan et qui a fait un morceau du même nom»  répond Robin. Et aussi une volonté de sortir d’une niche dans laquelle ces trois-là auraient eu tôt fait de sentir à l’étroit. A l’écoute de ce nouvel opus enregistré à New York et produit par un autre punk, Jon Spencer, on mesure l’évolution du groupe. Qu’on se rassure, la démarche s’ancre toujours dans le Sud des Etats-Unis, entre Louisiane et cajun. Armés de leurs guitares électriques, banjo et mélodéon amplifiés et d’une batterie bien méchante, les Mama Rosin s’amusent pourtant à désosser le genre. Ils aiment la distorsion et un son « sale » et c’est plutôt excitant. Mais ils n’en perdent pas la tête pour autant et n’oublient pas les mélodies entêtantes. « Paraît qu’y pas la Temps » est déjà bien présent sur les ondes radio. Ils prennent d’ailleurs parfois leur temps, comme sur ce « Mama Don’t », aussi lent qu’inquiétant, où l’on croirait presque entendre les loups hurler. Sans cesser de s’ancrer dans différentes courants, de se référer à telle ou telle personnalité culte, les Mama Rosin s’émancipent et développent leur propre univers.

Au Studio 15, le trio attaque avec « Marilou », une chanson dédiée à la fille de Cyril et donc…. à la nièce de Robin. Car les Mama Rosin c’est aussi ça, une histoire de famille et de potes. Une sorte de communauté où, avec les moyens du bord, chacun met la main à la pâte, de la pochette de disques à leur label (Moi J’Connais Records) en passant par la réalisation de clips vidéos. Et puis il y a cette énergie si particulière qui fait que même quand ça ne tombe pas juste, tout le monde s’en fout car le moment est savoureux et qu’on n’est pas là pour se la jouer. Les Mamas, comme beaucoup les surnomment en Suisse romande, sont sur le point de s’envoler pour une tournée anglaise d’une trentaine de dates. Un tour de force quand l’on sait à quel point ce marché est peu perméable. Ils s’attaqueront ensuite à la France en 2013. En attendant, vous pouvez toujours savourer sur le net les nombreuses vidéos dont ils vont vous abreuver ces prochains jours. Et écouter leur interview sur Couleur 3.

 Mama Rosin, « Bye Bye Bayou » Moi J’connais Records.

Swiss Bands at the Olympic Games 2012 in London

The Olympic Games will kick off in London on July 27, and alongside the prowess to be displayed by the World’s leading sportsmen and women, the occasion of The Games will also provide the opportunity to enjoy music from all the nations represented in this greatest of all sporting events.
Many of the participating countries have already arranged with some of London’s leading venues to take advantage of these facilities to set up ‘Houses’ to offer hospitality to visitors and to showcase established and up and coming artists to international audiences. The Swiss Federal Department of Foreign Affairs (FDFA) along with Zürich has made arrangements to set up the House of Switzerland at the prestigious Glaziers Hall situated by the Thames at London Bridge.
Acts will perform on almost every day of the Games as part of the “Swiss Artists in Residence“ programme. Artists performing what is described as, ‘a wide range of creative and ambitious Swiss music’ will include: Hillbilly Moon Explosion, The Dandies, Mama Rosin, Pegasus, National Fanfare of Kadebostany and Philipp Fankauser, accompanied by the Walking Acts Micha Sportelli, Nadja Stoller and Nino G and the Human Beat Box.
The highlight of the Jazz/Pop/Rock concert series ‘Zürich Sounds’ is expected to be the performance by the up and coming Boy on 31 July. Other acts to watch out for will be, Legendary Lightness, Evelinn Trouble, Yves Theiler Trio, Ingrid Lukas, My Heart Belongs to Cecilia Winter, Nik Bärtsch’s Ronin and Rusconi.

Further House of Switzerland UK 2012 details can be accessed at:
www.facebook.com/houseofswitzerland
www.twitter.com/HoSLondon2012

des cadeaux, encore des cadeaux…

Ce n’est plus Noël, mais l’excellent label genevois, Mental Groove a décidé de jouer les prolongations. Il nous offre une compilation gratuite en téléchargement ici. On y retrouve des titres (dont des inédits) de Mama Rosin, Imperial Tiger Orchestra et La Fanfare Kadebostany dont nous vous avons longuement parlé sur ce blog.

Chapter

Mais aussi des autres artistes plutôt inspirés, comme Chapter, ce duo genevois qui conçoit ses albums comme des livres. Tome après tome, il égrène, un folk blues inspiré aux voix un peu décalées.

The Young Gods

Et comme Mental Groove aime la musique électronique, il y a aussi de bons titres de house dont celui de Laolu qui lorgne du côté du Nigéria. De l’electro tout droit sortie du cerveau défectueux de Sinner DC. Et du rock teinté d’électro avec Nectar Divine, un nouveau projet signé Christophe Calpini (Stade, Mobile in Motion) et une long remix des parrains Young Gods.
La playlist propose même un ovni de The Proteins, dont le titre “Could this be the End?” fait très fin de monde…

Bref beaucoup de bonnes choses, agrémentées d’excellentes notes de pochettes (également téléchargeables) signées du journaliste Thierry Sartoretti.

Dépéchez-vous! Ces pépites musicales sont offertes jusqu’au 31 janvier 2012 seulement sur le site de Mental Groove.

De la Louisiane à New York en passant par … Genève

Ces trois-là sont décidément intenables. A peine les Mama Rosin sont-ils rentrés de New York où ils enregistraient un nouvel album studio sous l’égide de Jon Spencer, qu’ils annoncent la sortie de trois 45 tours sérigraphiés, en édition limitée. Le premier enregistrement des frères Souchet (les mêmes sans le batteur Xavier Bray) est également prévu avant Noël. Des vinyles déjà collector avant même leur parution et un power cajun trio à l’énergie communicative. Sur Skype, Robin Girod, le guitariste et joueur de banjo des Mama est volubile. Normal puis qu’il a encore un peu la tête aux Etats-Unis.

Comment avez-vous rencontré Jon Spencer?

Robin Girod Jon Spencer joue avec Matt Verta-Ray dans un groupe de rockabilly incroyable du nom de Heavy Trash. Du vrai rockabilly, fin subtil, jamais vulgaire. Le tourneur suisse, David Schindler, lui a donné des disques d’artistes suisses dont le notre. Une fois rentré chez lui, Jon Spencer l’a rappelé en lui disant avoir apprécié notre CD. Il nous a proposé de faire la première partie d’une petite tournée en clubs du Blues Explosion en Allemagne. On s’est éclaté. Le dernier jour, Jon Spencer nous a proposé de venir enregistrer dans son studio à New York. On ne s’y attendait pas parce que les rapports avaient été jusque-là assez professionnels.

Aviez vous peur de d’aller travailler avec quelqu’un de cette carrure ?

Robin Girod On a eu la trouille avant, mais on se réjouissait tellement d’aller enregistrer, de jouer ensemble. Dès que nous avons découvert l’endroit, nous étions surexcités. Jon Spencer a un studio comme au bon vieux temps. Que de l’analogique, tout ce qu’on aime…. Il le partage avec Matt Verta-Ray et le batteur d’Iggy Pop. Nous étions sidérés de côtoyer des gens de ce calibre. Ils étaient très modestes, beaucoup plus modestes que les Européens. Jon s’est comporté comme un chirurgien ou plutôt comme un vieux savant. Il nous a laissés nous embarquer sur un bateau fantastique. Il y avait un piano, un vibraphone. Il nous disait d’essayer ce qu’on voulait. On bossait neuf heures d’affilée avec une petite pause. Et après c’était fini. Même si on avait envie de rester encore pour avancer sur un passage difficile, il nous obligeait à passer la nuit dessus et à revenir le lendemain reprendre à tête reposée.

Résultat ?

Robin Girod Nous étions partis en pensant faire un album vraiment différent. En fait, on a fait quelque chose qui est dans le prolongement de notre album «Voodoo Rhythm», mais avec deux ans d’expérience en plus. Quelques morceaux rock, mais aussi des ballades super tristes.

Pourquoi continuez-vous à sortir parallèlement des vinyles en série limitée?

Robin Girod C’est un peu une blague contre les mp3 et le téléchargement. On télécharge aussi bien sûr. Mais on aime sortir ces petits morceaux cachés, qui seraient sinon perdus, les témoins d’une tournée ou d’un moment particulier de l’existence de notre groupe.

http://mamarosin.bandcamp.com/
Commandes à mamarosin@hotmail.com

Prochaines apparitions de Mama Rosin ou des Frères Souchet

26/11: Frères Souchet, Bar du Théâtre, Lausanne
28/11: Frères Souchet, Live at Radio Paradiso
02/12: Frères Souchet, Festival Face G, Théâtre de l’Usine, Genève
08/12: Frères Souchet Vernissage, Tour de Nyon
17h Féminitude, 21h La Parenthèse + Monney B !

09/12: Mama Rosin + Hell’s Kitchen, PTR, Genève
15/12:
Frères Souchet vs Mama Rosin, Rümpeltum, St-Gall
16/12: Mama Rosin + Cheap Killers, Veka-Club, Glaris
17/12: Mama Rosin, TBA, Stans

Comment la musique suisse s’exporte-t-elle?

Pas forcément facile quand on est Suisse de percer sur le marché francophone (pour les romands) ou germanophone (pour les suisse allemands). Swiss Music Export, organisme créé en 2003, a pour mission d’aider à la diffusion des groupes les plus prometteurs sur ces deux importants marchés européens. De retour du Printemps de Bourges, Marc Ridet, responsable de l’antenne francophone, nous explique les grandes lignes de son action:

Marc Ridet, responsable du bureau francophone SME

Chaque année, un groupe suisse est présent aux Découvertes du Printemps de Bourges. Comment arrive-t-il sur ce tremplin?
Marc Ridet: Nous faisons office de sélectionneur pour le Printemps de Bourges en leur proposant trois ou quatre artistes suisses. Nos critères de sélection sont essentiellement:
- que le groupe ait une structure autour de lui: management ou éventuellement label. Cela ne sert à rien d’amener un artiste vers un tremplin s’il n’a pas les moyens de suivre après.

Jean Zuber, responsable du bureau germanophone SME

- que le groupe fasse partie du programme de Swiss Music Export.
Une fois l’artiste choisi, on va communiquer à tous les professionnels

accrédités. Au printemps de Bourges, il y a environ 700 maisons de disques, tourneurs etc. Puis on va essayer de cibler la stratégie avec l’artiste. De voir de quoi il a besoin. Par exemple un agent ou un distributeur français.

Cette année c’est My Heart Belongs to Cecilia Winter qui a été présent au Printemps de Bourges. Concrètement comment s’est-il passé?
Marc Ridet: Dans le cas de My Heart Belongs to Cecilia Winter, cela a commencé à Paléo en 2010. Un journaliste de Longueur d’Ondes qui programme également des concerts à la salle de spectacles des Trois Baudets à Paris a aimé leur concert. Il les a invités au Trois Baudets où nous avons convié un des programmateurs du Printemps de Bourges. Le groupe va également jouer au MaMA qui est un salon de professionnels qui se tient dans le XVIIIè arrondissement de Paris au mois d’octobre.

Quelles sont vos autres actions en France?
Marc Ridet: Nous accompagnons les artistes tout au long de l’année et nous sommes présents dans pluieurs des grands festivals français de rock ou de chansons française: Les Transmusicales, Les Eurockéennes, Les Francofolies et le Festival Alors Chante. Parfois ce sont les programmateurs qui font directement leur choix comme c’est le cas aux Transmusicales de Rennes où se sont produits l’an dernier Filewile, Mama Rosin et Oy. Parfois il y a une sélection en amont. C’est le cas pour les Eurockéennes où plusieurs clubs suisses (dont la Rote Fabrik, le Fri-Son, les Docks…) participent au processus de sélection. Cette année c’est Honey For Petzi qui a été choisi. Nous avons aussi un partenariat avec les Trois Baudets qui propose huit à dix concerts de groupes suisses par année.

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