Anna Aaron, un disque, un clip, un style

Cover_Neuro_RGB_300dpi_2500x2500Si les déhanchés déshabillés de son dernier clip “Linda” lui ont valu d’être remarquée par les Inrocks, Anna Aaron n’est pas encore complètement portée aux nues en France – en tous cas, comparé à l’emballement médiatique qu’elle suscite dans les cantons suisses, elle y reste encore discrète. Mais, programmée en bonne place dans le cadre du festival itinérant les Femmes s’en Mêlent (à Paris et en province) pour y présenter son deuxième album “Neuro”, elle a l’occasion de se faire un prénom. Ou plutôt deux: Anna et Aaron, le féminin et le masculin, le clair et l’obscur. Une ambivalence assumée, déjà, sur son premier album Dogs In Spirit, deux ans plus tôt: elle s’y montrait tendre et furieuse, au gré de ballades folk au piano façon Fiona Apple et de plages rock déchirantes.

Un son à la hauteur de sa beauté froide et de ses tumultes intérieurs

Après un intermède avec le quartet d’Erik Truffaz, qu’elle a suivi en tournée, la Bâloise avait donc décidé d’approfondir ses ambiguïtés : c’est à Londres, auprès de David Korsten, qu’elle va se forger un son à la hauteur de sa beauté froide et de ses tumultes intérieurs. Fidèle à ses habitudes, le producteur de l’Anglaise Bat for Lashes va envelopper sa voix puissante d’un vernis électro faussement vintage, entre reverbs puissantes et rythmiques eighties avec Jason Cooper, le batteur de Cure, derrière les fûts! Parfois un peu caricaturale (avec des réminiscences trop évidentes de … Bat for Lashes, justement), cette approche sonore permet à Anna Aaron de gagner en épaisseur artistique. D’opérer des contre-pieds mélodiques inattendus au milieu des morceaux. D’oser le mélange entre la pop la plus accessible et les riffs les plus tordus. Avec “Neuro”, la fille de missionnaires religieux se rapproche des grandes prêtresses de la pop moderne. A elle de prouver sur scène qu’elle peut nous hypnotyser autant qu’Anna Calvi ou Pj Harvey.

Anna Aaron est en tournée jusqu’à la fin du mois en Suisse et en France. Détails de la tournée ici!

Sex & Videos & Rock’n’roll

La pop suisse s’est trouvée un nouvel étendard visuel: tous à poil!

Une obsession de la jambe à l’air qui transcende les “genres” de la folk au slam. Oubliée la grande déclaration de Clémenceau, “le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier“. Ce qui compte maintenant, c’est de faire tomber la feuille de vigne.

Anna Aaron “Linda”
On aurait pu croire la Bâloise aussi sage que ses chansons

Dans son précédent clip “Stellarling”, Anna Aaron se montrait en Piéta dans les bois, tenant délicatement son hipster christique sur ses genoux, avec la douceur d’un cours de catéchisme. Mais sur “Linda”, elle oppose sa beauté froide et ses rondeurs serrées dans un pull moulant, au corps nu, terriblement sec, de la danseuse et performer Oriana Cereghetti.

Introduction plastique, anti-érotique, à la morphologie humaine qui s’offre aux regards devant un mur noir et quelques néons. L’esprit torturé par Godwin pourrait y trouver des réminiscences contemporaines des “Dieux du stade” (ceux du documentaire allemand avec Leni Riefensthal, pas le calendrier des rugbymen français), pourtant si éloignées des jolies élégies de son dernier album “Neuro”, à paraître en Suisse le 28 février (et en France le 11 mars).

Kadebostany “Jolan”
Erotisme crypto-fasciste et vaguement sado-maso…

C’est  le parti-pris visuel des derniers clips de Kadebostany. Alors même que la fanfare électro semblait plutôt lorgner du côté des anciennes démocraties populaires de l’Est, le grand leader Kadebostan, en costume d’apparat, s’y montre toujours entouré de deux amazones aux jambes gracieuses et aux poses ouvertement lascives sous l’uniforme. Sans hésiter à enlever le haut parfois, mais toujours de manière fugace.

Comme chez Anna Aaron, ces visions subliminales s’appliquent sur fond noir et néons clinquants, pour mieux mettre en valeur cette esthétique d’une froideur infinie. Un choix d’autant plus étonnant que les paroles de “Jolan” semblent dire le contraire de ce qui est montré ” Ho, je me sens si haut quand tu es prêt de moi [...] et je suis sûr que nous pourrons traverser l’univers” chante Kadebostan avec un romantisme insoupçonnable derrière se poses martiales.

Puts Marie “Pornstar”
Chez les Puts Marie, on se fait plus explicite…

Les rockers de Bienne, parmi lesquels Nick Porsche, réanimés après une longue période de sommeil, ont frappé un grand coup avec “Pornstar”, tiré de leur EP, au titre tout aussi transparent, “Masoch”. Emmenés par leur chanteur-acteur de théâtre, Max Usata, ils ont recréé en studio une sorte de boîte échangiste délirante, presque sortie d’un film de Fellini, où les corps plus ou moins gracieux se mêlent sans complexe dans un même élan hétéro et gay-friendly. Un choix qui a le mérite de faire sens: leur nouvel album, mi-rappé, mi-chanté, les voit explorer l’auto-destruction et la provoc authentique.

 

À Paris, Kadebostany fait (presque) taire les sceptiques

Kadebostany_PopCollection_FINALDans les travées encore clairsemées du Nouveau Casino, ça murmure. Ignorant une première partie désespérante (Edward Barrow, grand échalas androgyne pleurant ses chansons d’amour à la harpe dans une indifférence polie), le public s’inquiète.

A Paris, le « président Kadebostan » ne débarquait pas encore en pays conquis

Son look de général d’opérette aurait d’ailleurs pu très vite le voir affublé de quelques railleries jadis réservées au Général Tapioca. «  J’ai quand même des réserves sur cet album » glisse un beau gosse à l’oreille de sa compagne de concert – « je ne suis pas sûr d’accrocher à leur virage électro hip hop » renchérit un autre, qui avait découvert le groupe quand il s’appelait encore, The National Fanfare of Kadebostany. Et pourtant. Et pourtant, il n’a pas mis longtemps pour se mettre les danseurs au rythme de ses galons brillants.

Un dispositif scénique légèrement mégalo

Au centre de la scène, il annonce la couleur dès les premières secondes, devant une audience immédiatement densifiée : bombardement de batterie électronique martiale alourdie de tonnes de réverb, un trombone et un saxo sur le côté gauche en support d’artillerie, la voix diaphane de sa « ministre Amina » pour adoucir les mœurs, sur sa droite. Dispositif scénique légèrement mégalo, surtout que le « président » se retrouve sous les deux « drapeaux écrans » faisant défiler les couleurs du Kadebostany, mais relativement efficace pour faire bondir la foule tout au long des morceaux de « Pop Collection » : electro pop emphatique sous influences légèrement balkaniques.

Le passage à la scène de ce disque inégal permet d’en gommer certains clichés de production

Kadebostany revient ainsi à l’essence de sa musique, profondément dansante, déclinée sous forme dub,hip hop ou presque jungle et laisse de côté ses inclinations kitscho-dégoulinantes. On regrette quand même la disparition des sources plus traditionnelles de son premier album, “Songs from Kadebostany”, en s’obligeant même à rejouer une deuxième fois ses deux « tubes », « Walking with a Ghost » et « Jolan ».

Kadebostany s’est produit le 12 novembre 2013 à Paris, au Nouveau Casino
Prochains concerts : à Lyon le 22 novembre, à Strasbourg le 28 novembre
Dernier album paru: “Pop Collection” (Mental Groove)

Trois questions à Tobias Preisig

Tobias Preisig band @Corinne Kramer

Tobias Preisig band @Corinne Kramer

En 2012, le CD “In transit” de Tobias Preisig figure parmi les meilleures ventes de disques jazz au Japon. Le violoniste suisse est sur le point de repartir avec son band pour une tournée de six concerts sur l’île nippone. Interview exprès.

Alors que ta carrière décolle à l’étranger, pourquoi être resté à Zürich et ne pas avoir déménagé, à Berlin ou Paris  ?
Tobias Preisig  Etonnamment, c’est plus pratique pour moi de rester par ici. Mon groupe est éparpillé un peu partout en Suisse, entre Bâle, Bern et Lausanne, et je peux les retrouver en un clin d’oeil. Pareil pour voyager à l’étranger : Zürich a une position tellement centrale en Europe que l’on peut se rendre partout sans problème. Enfin, c’est bête à dire, j’ai la chance d’avoir mon bureau et mon espace de répétition dans un club d’ici, l’Exil, et cela me permet de me concentrer sur mon travail. En plus, je peux profiter des conseils d’un ancien d’ici, Nik Bärtsch, et évoluer dans un environnement où les musiciens prennent des risques, et c’est la seule chose que je recherche.

Comme le pianiste Stefan Rusconi, par exemple, avec qui tu partages une approche originale de vos instruments respectifs?
Tobias Preisig Et oui, non seulement je m’essaie au jazz au violon, ce qui est très rare (à part Stéphane Grappelli, j’aurais du mal à citer d’autres violonistes de jazz!), mais en plus j’essaie d’exploiter mon instrument au-delà des canons du genre, sinon je m’ennuie. Il y a tellement de gens qui savent jouer du violon parfaitement, cela ne sert à rien de d’être un nouveau disciple appliqué. A vrai dire, j’ai eu de la chance de pouvoir rencontrer un professeur au conservatoire et à l’école de jazz suffisamment ouvert pour me dire :  « ce n’est pas grave si tu joues la tête en bas, du moment que tu joues bien… » Ca m’est resté… et effectivement ca me fait un grand point commun avec Stefan Rusconi. Lui, c’est comme c’est comme un frère pour moi, nous formons une petite communauté à nous deux. On a énormément joué ensemble pour d’autres musiciens et maintenant, nous avons un drôle de duo, à l’orgue et au violon, qui nous ouvre un espace pour explorer de nouveaux sons.

Justement, comment peut se dérouler le processus créatif qui amène à dénicher ces nouveaux sons ?
Tobias Preisig Comme pour tout le monde : avec beaucoup de travail, et un peu de chance. Prenons l’exemple de « Transforming », l’un des morceaux les plus connus de « In Transit ». Au départ, j’ai eu huit mesures en tête, dans la rue, et je me suis empressé de les noter sur le carnet où je note toutes mes idées. Plus tard, en répétant, je me replonge dans mon carnet et je me rend compte que ces mesures pourraient bien s’accorder avec d’autres, que j’avais notées plusieurs pages plus tôt. En les réarrangeant, j’avais la base de mon morceau… mais ce n’est pas tout ! Un peu plus tard, je me suis mis en tête d’apprendre à jouer du theremin, alors je me rend sur youtube pour trouver un tutoriel… et je tombe sur la vidéo d’un type qui joue le thème principal de « Transforming »  – sans le savoir, j’avais repris un morceau de Gabriel Fauré ! C’était moins une : la pochette de l’album partait le lendemain à l’impression, j’ai appelé le label en catastrophe pour qu’ils  « créditent » Fauré sur le livret …

il paraît que « In Transit » est rentré dans les tops albums au Japon…
Tobias Preisig Oui, c’est incroyable, n’est-ce-pas ? Il y a deux ans, le bureau export nous a permis de faire une petite tournée à Tokyo et Kyoto; une excellente expérience. Non seulement les ingénieurs du son ont été formidables, mais notre mélange de rock, de jazz et de musique expérimentale a paru complètement avant-gardiste aux oreilles du public japonais… et ils en redemandaient ! En exagérant à peine, les filles étaient en pleurs à la fin des concerts. Du coup, nous avons prévu d’y retourner cet automne pour flatter nos nouveaux fans hystériques (il rit ).

En concert au Japon: Shikori Fukuoka, sa 12 octobre 2013. Hiroshima, Speak Low, di 13. Osaka, Mister Kelly’s, lu 14. Kyoto, Live Spot Rag, me 16. Tokyo, Spiral Lay, je 17. Kyoto, Left Alone, ve 18.

Live report, Rusconi à Paris le 11/12

Rusconi_2Grooves délirants, improvisations sans bornes et incursions pop effrénées : le Sunside a eu du mal à se remettre du passage du power trio Rusconi.

Curieux paradoxe : pour célébrer la sortie de son troisième album « Revolution » (Beejazz), qui déjoue encore plus les règles du jazz traditionnel, Rusconi se présente au Sunside, gardien d’une certain forme d’orthodoxie jazz. Voir ces trois sales gosses Suisses-Allemands prendre des libertés pop et expérimentales dans ce temple parisien policé était d’autant plus réjouissant que le public s’était déplacé en nombre, alerté par nombreuses les critiques élogieuses publiées, entres autres, dans Libération ou les Inrocks. De quoi faire saliver le malicieux Stefan Rusconi (« c’est mieux que de jouer dans une salle vide », tentera-t-il, jamais à court de blague malgré son français hésitant). Le pianiste ne laissera guère de répit à la salle. D’emblée, il attaque avec un morceau très groove qui le verra pourtant quitter vite son clavier pour farfouiller directement dans les cordes, en Thurston Moore du piano à queue, sous les yeux possédées du bassiste Fabian Gisler.

Voilà le leitmotiv de ces deux sets de 70 minutes : détourner l’instrument de sa fonction première pour libérer leur inventivité sans complexe, se muant peu à peu en power trio, plus proche du « rock instrumental » que du jazz. Sur « Change, Part 1 », Rusconi lancera des ambiances sur une guitare électrique (avec archet et bottleneck), le batteur Claudio Strüby à la basse et le bassiste… au boucle hypnotiques de piano. Une apologie de l’irrévérence qui prendra tout sens sur « Alice in the Sky » (« un mélange de Lucy in The Sky et d’Alice au pays des merveilles, avec des cuillères dans le piano », résumera Strüby, hilare), monument de jazz spatial déconstruit, sur les solos, habités et habitants, où sur l’intermède « vinyle » : un drôle d’exercice de style, où un membre du groupe fait écouter un morceau de son choix (en l’occurrence, « Wrong », de Depeche Mode »), avant que le trio improvise sur le thème. Et pour achever de défriser le public du Sunside, Rusconi concluera la soirée par un clin d’œil à son album précédent en reprenant magistralement le « Hoarfrost » de Sonic Youth. Pas étonnant que pour son prochain concert parisien, le groupe devrait se présenter dans une salle habituellement réservée à la pop, le Café de la Danse, en mars.

Plus d’infos par ici: rusconi-music.com

Le disque du mois de novembre: “l’Envolée” de Stephan Eicher

Il y a un cliché qui revient souvent à propos de Stephan Eicher, depuis le tout de début de sa carrière, dans les années 80: pour un artiste solo, le Bernois a toujours su parfaitement s’entourer. Et même s’il a consacré ces cinq dernières années à rééditer ses tout premiers morceaux, époque Grauzone ou Spielt Noise Boys, où à intervenir sur des projets ponctuels (l’hommage à Alain Bashung, notamment), son retour discographique ne déroge pas du tout à cette sacro sainte règle.

A 52 ans, mais un enthousiasme de jeune homme, Stephan Eicher a pioché aussi bien dans les jeunes pousses folk françaises à la réalisation (Mark Daumail de Cocoon,), qu’aux vieux briscards anglo-saxons (Volker Zander et Martin Wenk de Calexico, William Tyler, de Lambchop), aux vieux amis lettrés (l’écrivain Philippe Djian, un fidèle) qu’aux plumes inédites (Miossec ou Fred Avril). Un vrai travail d’équipe qui sert simplement à sublimer l’art du chant juste, de la guitare tendre, du clavier bien ajusté, du vieux cow boy du rock suisse.

Quand Miossec, toujours aussi accablé par l’existence, lui écrit le neurasthénique “Disparaitre”, c’est bien Eicher qui, la voix faussement fragile, lui donne toute sa puissance émotive et en souligne le sens potentiellement subversif. Quand ses compères tentent une inattendue excursion mariachi sur le bien nommé “l’Excursion”, c’est bien ses écorchures qui fait souffler un vent épique que n’aurait pas renié Tom Waits. Lui encore qui fait le lien entre la diversité des styles explorés ici, point commun entre du rockabilly jazzy (“dans ton dos”), des ballades au piano en suisse-allemand (“Du”), les ambiances hypnotiques, quasi new wave (“Donne moi une seconde”) ou les grandes envolées de corde, justement. Un très beau disque écrit à plusieurs, et à apprécier seul.

Stefan Eicher, “L’Envolée” (Barclay)

Stefan Eicher sera en concert à Nimes le 6 décembre, à Bruxelles le 13 décembre et à Paris le 17 décembre. Sa tournée complète est consultable sur son site internet.

L’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp à Paris

Passage remarqué du ready-made musical franco-suisse aux confins du jazz, de la transe africaine et de la musique contemporaine dans une petite salle parisienne, l’Espace B. Retour sur cette sourde déflagration du 22 octobre dernier.

Tapis élimés au sol, murs de craie décorés de manière aléatoire, bière pas chère pour faune autant enthousiaste que désargenté : l’Espace B à Paris pourrait aussi bien évoquer l’arrière-boutique d’un bar de Brooklyn qu’une cave autogérée à Lausanne. Cela tombe plutôt bien, l’Orchestre Tout-Puissant Marcel Duchamp (OTPMD) raffole de ces salles atypiques, joyeusement underground et indie : normal, tout a commencé pour le groupe franco-suisse du Genevois Vincent Bertholet (à la double basse ou à la contrebasse) dans les méandres artistiques dans un des squats de la « Cave 12 », l’association de soutien aux musiques expérimentales sur les bords du lac Léman. Pour sa tournée française fin octobre, qui passait également dans quelques villes exotiques (Bayonne, Tulle ou Clermont), l’OTMPD se devait donc de faire honneur à cet Espace B qui lui ressemblait tant, délicieux foutoir sans frontières. Et même serrés  sur la scène symbolique de cette petite salle, les six musiciens ont laissé s’épanouir leurs morceaux-gigognes – tirant parfois leurs jams « jazzcore » pendant plus de dix minutes. Aux allures hypnotiques du marimba de l’excellente Aida Dop répondait la batterie furieuse de Wilf Plum (dont on aurait bien vu les mythiques Dog Faced Hermans déflorer cette salle) ; parfois, le trombone de Seth Bennet marquait le temps, plus souvent il se déchainait comme un samedi soir dans un petit club de Lagos ; Liz Moscarola dansait parfois la gigue derrière son violon, comme un écho à son diplôme d’éducation somatique (une discipline d’éveil du corps) et et s’attachait avec Vincent Bertholet à lier les diverses transes du groupes en cris-soubresauts. Une bulle d’air que le public a respiré profondément.

Prochain concert en Suisse romande au City Club de Pully le 19 décembre!

 

Boy, bientôt en France

A nouveau sur les routes d’Europe, alors que leur premier album « Mutual Friends » va paraître en France, Valeska Steiner et Sonja Glass, alias Boy, nous parlent d’espoirs comblés, de chambres d’hôtels vides… et de leur obsession pour les pâtes au pistou.

Vous attendiez-vous à avoir autant de succès ?

Sonja Glass : Au contraire, ce qui se passe avec Boy dépasse de loin toutes nos espérances. Nous avons écrit cet album pendant deux ans, dans une toute petite chambre et nous nous retrouvons maintenant dans les plus grands festivals d’Europe. A vrai dire, nous voulions simplement que notre musique soit un peu entendue et nous  étions largement prêtes à produire nous-mêmes quelques centaines de copies. Maintenant, jouer en France et en Angleterre, c’est inespéré… et ce n’est pas fini : nous allons faire une tournée en première partie de Katie Melhua et nous llons voyager en Norvège, Suède, Pologne et au Danemark. En tous cas, c’est assez rassurant de voir que notre persévérance a porté ses fruits !

Votre premier album, “Mutual Friends” qui paraît début octobre en France, parlait principalement de vos amis à Zürich. Ce sera encore le cas pour le prochain ?

Valeska Steiner : (Rires) Peut-être, mais j’en profiterai pour montrer  à quel point ils nous manquent! Déjà, nous sommes basées à Hambourg, et nous ne sommes jamais en Suisse, sauf pour les concerts ! Pour l’instant, il y a une chanson qui sera très certainement sur le prochain album, et que nous jouons déjà en concert, « Room 362 ». L’histoire de deux personnages, un businessman en voyage d’affaire et une femme à la beauté fânée, qui se languissent. C’est ce que je ressens, parfois, en tournée, et cette chanson est comme une réponse au dernier morceau de Mutual Friend, « July », qui au contraire décrit un moment de bien-être absolu – elle commence d’ailleurs par « enlevez vos chaussures », ce qui fait bien rire notre batteur !

Et à part la musique, quelle serait votre plus grande obsession ?

Sonja Glass : Eh bien, à part la musique… ce serait ma basse! Malheureusement, quand nous devons jouer sans notre groupe, je suis obligée parfois de prendre une vraie guitare (rires)…

Valeska Steiner : Quand nous avons composé l’album, notre seule obsession, et notre vrai moment de détente après nos 12h de travail quotidien, c’était un immense plat de pâtes au pistou. Banal, hein ?

Boy, “Mutual Friends” (label Grönland Records). Sortie française le 1er octobre.

Prochains concerts:

Strasbourg, La Laiterie, le 24 septembre

Metz, Les Trinitaires, le 25 septembre

Paris, La Maroquinerie, le 27 septembre

Amsterdam, Paradiso, le 28 septembre

Bruxelles, Le Botanique, le 29 septembre

Monoski, de New York à Paris

Après les Etats-Unis et la Suisse, les Romands Floriane Gasset et Lionel Gaillard s’apprêtent à exporter leur duo orageux et minimal de l’autre côté des Alpes. Portrait, « sans pression particulière ».

« Il y a dix ans, nous n’aurions sans doute pas pu faire cette tournée en France », explique Lionel, dit aussi « Husky », « mais grâce aux réseaux qui se sont développés en Suisse, cela a été finalement très facile. » A l’approche de leur première tournée en France, les deux membres de Monoski gardent la tête froide. Après tout, ils ont déjà eu leur première expérience à l’étranger, aux Etats-Unis.

Ces deux passionnés de musique, actifs dans les milieux alternatifs suisses depuis une quinzaine d’années sont partis à New York deux ans. Pour travailler, d’ abord. Mais la ville du rock et de Sonic Youth, leur référence absolue, leur a inoculé le virus : il fallait qu’il monte un groupe. Leur groupe, à eux. Floriane derrière les fûts, énergique ou faussement apathique, Lionel derrière sa guitare pour des riffs rageurs, à la frontière du blues-rock et du noise. « Nous n’intellectualisons pas » assènent-ils en cœur, toujours à la recherche du « bon groove ». Pour les textes, les deux ont gardé en tête leurs quatre mois de road trip dans le sud des Etats Unis et aux Mexique ; ils en ont gardé des images, celles des chevaux morts sur le bord de la route (« Dead Horses ») ou des visions de prisons vides (« Empty Jail », qui ouvre l’album sur son beat lourd). Des visions qu’ils retranscrivent à deux sur leur premier album “No More Revelations”, comme une évidence. « Au départ nous avions un batteur, mais nous nous sommes vite rendus compte que nous étions plus efficaces à deux » avoue Lionel, «  du coup, nous avons cherché à transformer nos limites en force ».

Quitte à s’attirer la comparaison rituelle avec les White Stripes ou les Black Keys, glorieux ainés adeptes de la formule « guitare-batterie ». Mais de cela aussi, ils n’ont cure : « Ils ne sont pas du tout une source d’inspiration ! » assure Floriane. « A vrai dire, nous avons acheté leurs disques après avoir composé l’album, plus par curiosité : pour voir comment eux géraient les contraintes du duo ! ». C’est sûr, en terme d’envie et de fureur, les spectateurs de Paris ou de Lyon ne verront pas la différence.

A écouter ici !

Monoski sera en concert le 5 septembre à Thionville, le 6 septembre à Strasbourg, le 7 septembre à Paris (Batofar), le 8 septembre à Rennes, le 27 septembre à Lyon

Oy, from Berlin with love…

C’était il y a quelques mois, à Berlin. Joy Frempong, alias Oy, investissait une ex piscine reconvertie en centre d’art (le fameux Stattbad) pour une mini concert privé organisé par et pour la chaîne française Mezzo. L’occasion où jamais de connaître les raisons qui ont poussé l’ancienne vocaliste du groupe Stade avait quitté Zürich pour déménager dans la capitale allemande.

Joy Frempong :

1) parce qu’elle pouvait le faire: « Cela peut paraître idiot, mais en tant que musicienne, je peux travailler n’importe où. Je suis née au Ghana, j’ai grandi en Suisse : il était logique que j’essaie de m’installer ailleurs… a fortiori dans une grande ville où l’art n’est pas considéré comme une niche et concerne presque tout le monde. Ce qui reste étrange, tout de même, c’est que je continue à faire l’essentiel de mes concerts en France et en Suisse, pas à Berlin. Cela a un bon côté, cependant : je peux me consacrer entièrement à l’écriture, à l’écart du circuit, dans mon propre studio ».

2) pour trouver un environnement propice à son travail solo : «  mon travail en solo prend finalement beaucoup d’espace, avec son mélange de jazz, d’électro intime, de voix samplées, d’expérimentations sonore… et l’espace, je ne peux le trouver qu’à Berlin avec ses grandes friches ou ses appartements peu chers. C’est réellement un environnement que je peux relier à ma musique, aux sensations qu’elle procure et qu’elle me procure. ».

 3) pour faciliter les collaborations : «Il y a tellement d’artistes à Berlin que je n’ai aucun mal à échanger ou à collaborer. A Zürich,  j’avais beaucoup travaillé avec d’autres musiciens, comme Stade ou Filewile, mais ici, c’est encore mieux ! J’ai notamment pu participer au projet jazzy hip hop de Sig, « Free Cinematic Sessions », en enregistrant mes voix dans mon studio… »

 L’émission Jazzed Out In Berlin avec Oy a été diffusée sur Mezzo en juin 2012. Oy sera en concert au Festival de la Cité samedi 14 (arches du Pont Bessières),au Festival de la Bâtie à Genève le 11 septembre et à la Cigale (en première partie de Sandra Nkaké) le 13 octobre dans le cadre du Festival île de France

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